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Stellantis ne manque pas d’ambition. Le groupe automobile a dévoilé lors de son Investor Day, tenu au siège nord-américain d’Auburn Hills dans le Michigan, un plan stratégique baptisé FaSTLAne 2030. Au programme : des dizaines de nouveaux modèles, des technologies embarquées inédites, une nouvelle plateforme modulaire et surtout, des prix bien plus accessibles pour les marques américaines du groupe. Voici ce que cela change concrètement pour vous.
C’est sans doute l’annonce qui retiendra le plus l’attention des consommateurs nord-américains. Stellantis a confirmé que sept nouveaux véhicules des marques Jeep, Ram, Dodge, Chrysler ou Fiat seront commercialisés à moins de 40 000 dollars, et que deux d’entre eux passeront même sous la barre des 30 000 dollars. Dans un contexte où les prix des véhicules — électriques ou thermiques — ont fortement progressé ces dernières années, c’est un signal clair adressé aux acheteurs qui hésitaient à franchir le pas.
Ces lancements s’inscrivent dans un plan d’investissement massif de 69,5 milliards de dollars (60 milliards d’euros) sur cinq ans, avec pour objectif de relancer la croissance et la rentabilité d’un groupe qui traverse une période de turbulences. D’ici 2030, ce sont pas moins de 60 nouveaux véhicules qui seront lancés, et 50 modèles existants significativement actualisés. La répartition par type de motorisation est la suivante :
Stellantis mise également sur une voiture électrique d’entrée de gamme en Europe, la fameuse “E-Car”, dont la production débutera en 2028 dans l’usine de Pomigliano, en Italie. Son prix de départ est annoncé autour de 15 000 euros, une offre clairement pensée pour concurrencer BYD et d’autres acteurs asiatiques qui gagnent du terrain sur le Vieux Continent.
Au cœur du plan FaSTLAne 2030 se trouve la plateforme STLA One, une architecture modulaire et multi-énergie qui constitue la base technique des futurs modèles. Compatible avec plusieurs types de motorisation et différentes tailles de véhicules, elle a été pensée pour limiter les redondances coûteuses entre les systèmes de propulsion. D’après Ned Curic, directeur technique du groupe, cette approche permet d’éviter “les inefficacités d’une plateforme à l’autre”, ce qui se traduit par une réduction des coûts de développement.
Sur le plan technique, la plateforme STLA One intègre plusieurs avancées concrètes :
Le lancement de cette plateforme est prévu pour 2027. D’ici 2030, Stellantis vise à produire 50 % de ses véhicules sur trois plateformes globales, dont STLA One. Un chiffre qui montre l’ampleur de la bascule industrielle que le groupe cherche à opérer.

Au-delà de la mécanique, Stellantis mise fortement sur l’intégration logicielle pour différencier ses véhicules. Trois briques technologiques majeures seront déployées à partir de 2027, et toutes reposent sur un socle commun d’intelligence artificielle. STLA Brain constitue le système nerveux central du véhicule : il s’agit d’une architecture de calcul et de logiciels scalable, capable d’évoluer sans nécessiter de refonte matérielle lourde. Par-dessus, STLA SmartCockpit gère la navigation, le divertissement et les interactions avec le conducteur via des interfaces alimentées par l’IA. Enfin, STLA AutoDrive est le système de conduite autonome évolutif du groupe, dont le niveau de sophistication pourra être adapté selon les marchés et les réglementations locales.
Stellantis a fixé des objectifs chiffrés pour le déploiement de ces technologies : 35 % des véhicules vendus dans le monde en seront équipés d’ici 2030, et ce taux devrait dépasser 70 % en 2035. Ces outils sont aussi ce qui permettra au groupe de proposer des mises à jour régulières et des fonctionnalités personnalisées après l’achat, un modèle que Tesla a popularisé mais que les constructeurs traditionnels peinent encore à reproduire efficacement.
Pour atteindre ses objectifs, Stellantis ne compte pas agir seul. Le groupe a multiplié les alliances ces derniers mois. La collaboration avec le constructeur chinois Leapmotor a été élargie pour produire plusieurs voitures électriques en Europe. Un accord avec Dongfeng prévoit la fabrication de deux modèles Peugeot et deux Jeep en Chine, destinés à être exportés à l’international dès 2027. Du côté britannique, un partenariat avec Jaguar Land Rover est en cours d’évaluation pour co-développer des véhicules destinés au marché américain.
Ces alliances reflètent une logique claire : aller chercher des compétences et des capacités de production là où elles existent, plutôt que de tout développer en interne. Avec ces partenariats, Stellantis espère couvrir 50 % de parts de marché supplémentaires en Amérique du Nord grâce à 11 nouveaux modèles. Le PDG Antonio Filosa a résumé la philosophie du plan en ces termes : chaque marque du groupe doit jouer un rôle précis et complémentaire. Jeep et Ram restent au centre de la stratégie nord-américaine, Peugeot et Fiat portent la croissance en Europe, tandis que les marques régionales comme Chrysler, Dodge ou Alfa Romeo affinent leur positionnement sur leurs marchés respectifs. Maserati, de son côté, prépare deux nouveaux modèles de segment E dont les détails seront communiqués en décembre 2026.
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