Toyota abandonne sa voiture électrique la plus prometteuse : que s’est-il vraiment passé ?
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Quand Audi décide de frapper fort, le constructeur d’Ingolstadt ne fait pas les choses à moitié. La Nuvolari vient d’être officialisée et elle s’impose d’emblée comme la voiture de série la plus puissante jamais produite par la marque aux quatre anneaux. Avec 987 chevaux sous le pied droit, ce monstre mécanique à l’allure de vaisseau spatial se hisse au niveau d’une certaine Bugatti Veyron originale — un exploit qui mérite qu’on s’y attarde. Et pour y parvenir, Audi a misé sur une architecture hybride rechargeable combinant un moteur thermique à régime élevé et pas moins de trois moteurs électriques à flux axial. Une solution technique aussi ambitieuse qu’ingénieuse.
Pour comprendre ce que représente la Nuvolari sur le plan mécanique, il faut revenir à la Bugatti Veyron de 2005, qui développait elle aussi 987 chevaux, mais grâce à un colossal moteur W16 de 8 litres. Audi obtient la même puissance avec une architecture radicalement différente : un moteur V8 de 4 litres implanté en position centrale arrière, couplé à trois moteurs électriques à flux axial refroidis à l’huile. Le V8, capable de monter jusqu’à 10 000 tr/min, délivre à lui seul 788 chevaux et 730 Nm de couple. Un régime moteur digne d’une supercar de circuit, dans une voiture homologuée pour la route.
Les trois moteurs électriques développent chacun 110 kW (147 ch). Deux d’entre eux sont positionnés sur l’essieu avant pour entraîner chaque roue indépendamment, permettant une distribution de couple variable qui n’est pas sans rappeler le système Quattro que la marque cultive depuis des décennies. Le troisième moteur électrique est intercalé entre le V8 et la boîte de vitesses à double embrayage à huit rapports, ajoutant un couple instantané là où le moteur thermique peut parfois manquer de réactivité à bas régime. L’ensemble de ces moteurs électriques génère jusqu’à 2 150 Nm de couple combiné sur l’essieu avant, un chiffre qui donne le vertige.
Si vous vous demandez pourquoi Audi a opté pour des moteurs à flux axial plutôt que pour des moteurs électriques conventionnels, la réponse tient en un mot : compacité. Par rapport à un moteur électrique classique à flux radial, un moteur à flux axial présente un rapport puissance/poids nettement supérieur pour un encombrement bien moindre. Cela autorise leur intégration dans des espaces restreints, comme entre un V8 central et une boîte de vitesses, ou dans des moyeux de roue, sans alourdir significativement la structure.
C’est précisément cette caractéristique qui permet à Audi de proposer une architecture à trois moteurs électriques sans transformer la Nuvolari en un char d’assaut. Ce type de motorisation, encore rare en grande série, tend à se démocratiser dans les hypercars hybrides où chaque kilogramme économisé compte. On retrouve une approche similaire, bien que sur une base légèrement différente, chez Lamborghini avec la Temerario. Audi et Lamborghini appartenant toutes deux au groupe Volkswagen, les synergies technologiques sont évidentes.

La Nuvolari est une voiture hybride rechargeable (PHEV), ce qui peut surprendre dans ce segment de l’ultra-luxe sportif. Elle embarque une batterie lithium-ion de 7,3 kWh bruts, rechargeable via une borne de recharge de niveau 2 ou grâce au freinage régénératif. Audi ne communique pas de chiffre officiel concernant l’autonomie en mode 100 % électrique, mais il est raisonnable d’estimer qu’elle dépasse les 15 à 20 kilomètres que peut accomplir la Lamborghini Temerario à batterie plus réduite dans des conditions similaires.
Voici ce que cette architecture hybride rechargeable apporte concrètement :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance combinée totale | 987 ch |
| Moteur thermique | V8 4.0L, 788 ch, 730 Nm, 10 000 tr/min |
| Moteurs électriques (x3) | 110 kW (147 ch) chacun, flux axial refroidis à l’huile |
| Couple maxi (essieu avant) | 2 150 Nm |
| Boîte de vitesses | Double embrayage 8 rapports |
| Capacité de la batterie | 7,3 kWh (brut), lithium-ion |
| Vitesse maximale | 349 km/h |
| Production limitée | 499 exemplaires |
| Prix de départ | À partir de 600 000 € |
Le nom choisi pour cette supercar n’est pas anodin. Tazio Nuvolari était un pilote de course italien considéré comme l’un des plus talentueux de sa génération. À la fin des années 1930, il remportait des victoires au volant de voitures Auto Union, la marque qui a précédé et donné naissance à l’Audi que l’on connaît aujourd’hui. En baptisant sa supercar de ce nom, Audi tisse un fil narratif entre son héritage compétitif et une vision contemporaine de la performance automobile.
Il serait tentant de comparer la Nuvolari à la défunte Audi R8 dont elle partage vaguement la silhouette générale, mais la marque est claire sur ce point : il ne s’agit pas d’un successeur. La Nuvolari est un objet à part, produit en série limitée à 499 exemplaires seulement, vendu à partir de 600 000 €. À ce tarif, elle cible directement les collectionneurs et les passionnés qui cherchent quelque chose de rare, doté d’une véritable identité technique. La combinaison d’un V8 hurlant à 10 000 tr/min et de trois moteurs électriques à flux axial ne ressemble à rien d’autre sur le marché actuel, et c’est probablement la meilleure carte de visite qu’Audi pouvait se donner pour marquer les esprits.
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