La décapotable sportive de BYD arrive bientôt face à Ferrari et Porsche
BYD ne cache plus ses ambitions dans le segment du luxe. Avec la Denza Z, le constructeur chinois s’apprête à […]
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Toyota a longtemps été la cible de critiques dans la presse spécialisée pour sa timidité sur le marché des voitures électriques. Après un premier épisode peu glorieux avec le bZ4X — rappelé en urgence pour risque de déjantage des roues — le constructeur japonais semble avoir retenu la leçon. Ses nouveaux SUV électriques commencent à séduire les acheteurs, notamment aux États-Unis. Pourtant, dans le même temps, Toyota vient d’enterrer l’un de ses projets les plus attendus : la berline électrique Lexus LF-ZC. Difficile de ne pas y voir une contradiction.
La version remaniée du bZ4X, désormais commercialisée sous le nom simplifié de Toyota bZ pour le marché américain avant son arrivée chez nous en Europe, a fait une entrée remarquée en 2026. Sur les trois premiers mois de l’année, le modèle s’est hissé à la troisième place des ventes de voitures électriques aux États-Unis, derrière les incontournables Tesla Model 3 et Model Y. Avec plus de 10 000 unités écoulées au premier trimestre, Toyota devance Ford, qui n’a vendu que 6 860 véhicules électriques sur la même période. En mai 2026, les ventes du bZ ont même doublé par rapport à mai 2025, avec 2 646 exemplaires vendus en un seul mois.
Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Toyota a revu sa copie en profondeur sur les points qui comptent vraiment pour les conducteurs. Le bZ 2026 profite d’une batterie de 74,7 kWh, soit un gain d’autonomie de 25 % par rapport au bZ4X, permettant d’atteindre jusqu’à 505 km d’autonomie selon les estimations EPA. Pour couronner le tout, le bZ débute à moins de 35 000 dollars, ce qui en fait l’un des SUV électriques les plus compétitifs du marché américain sur le plan tarifaire.
Toyota ne mise plus sur un seul modèle électrique, mais sur une offre diversifiée de trois SUV aux profils bien distincts. Le C-HR électrique cible un public en quête de dynamisme. Ce crossover compact, plus court de 17 cm et avec un empattement réduit de 10 cm par rapport au bZ, est exclusivement disponible en transmission intégrale grâce à deux moteurs développant 338 chevaux. Il abat le 0 à 100 km/h en 5,0 secondes. Son autonomie atteint 462 km avec la même batterie de 74,7 kWh. Dès son premier mois complet de commercialisation, Toyota en a écoulé plus de 1 500 exemplaires. Le prix de départ est fixé à 37 000 dollars pour la finition SE, et 39 000 dollars pour la XSE.
Le bZ Woodland occupe le segment opposé : plus grand, plus costaud, plus puissant. Ce SUV rallongé de 15 cm par rapport au bZ standard offre jusqu’à 74,3 pieds cubes de volume de chargement, banquette arrière rabattue. Son bloc double moteur intégral développe 375 chevaux, ce qui en fait à ce jour le véhicule électrique le plus puissant de Toyota. L’autonomie estimée est de 452 km. Il embarque également le système X-MODE, une gestion spécifique de la motricité pour les terrains dégradés.
Du côté de Lexus, la version premium de la mécanique bZ, le RZ 2026, suit la même trajectoire positive. Au premier trimestre 2026, le RZ a surpassé en volume l’ensemble des SUV électriques de Cadillac, une performance qui aurait semblé improbable il y a encore deux ans.
C’est dans ce contexte de relative bonne santé commerciale que la décision de Toyota prend une teinte paradoxale. La semaine dernière, le groupe a confirmé l’annulation du développement de la Lexus LF-ZC, une berline électrique de luxe présentée comme un projet phare. La voiture devait embarquer plusieurs technologies de pointe : batteries de nouvelle génération, fabrication par gigacasting, et une plateforme logicielle dédiée inédite. La production était initialement prévue pour débuter fin 2026.
Un porte-parole de Toyota a justifié cette décision par des “fluctuations de la demande et la charge de travail liée à la planification et à la fabrication des véhicules”. Une formulation prudente, qui ne dit pas tout. Car au-delà de la rhétorique corporative, l’annulation de la LF-ZC soulève une question directe : les batteries à l’état solide dont Toyota fait la promotion depuis des années sont-elles vraiment prêtes ? Rien n’indique une mise en production avant 2028, au mieux. Annuler un véhicule qui devait les inaugurer, c’est admettre implicitement ce décalage.
La décision intervient moins d’un mois après la présentation du Lexus TZ 2027, un SUV électrique trois rangées de sièges, qui sera commercialisé plus tard cette année en parallèle d’un Toyota Highlander 100 % électrique. Toyota réoriente donc ses ressources vers les grands SUV familiaux, un segment où la demande est clairement au rendez-vous, plutôt que vers une berline de prestige dont le potentiel commercial était, il faut bien l’admettre, plus incertain.
La stratégie dite “multi-voies” de Toyota — qui consiste à maintenir simultanément des véhicules thermiques, hybrides, hybrides rechargeables, à pile à combustible et électriques — a permis au groupe de rester rentable pendant la transition énergétique. Mais cette prudence a un coût : pendant que Toyota tergiversait, BYD s’est imposé comme le premier vendeur de véhicules électriques au Royaume-Uni, en Australie et dans plusieurs autres marchés clés.
En Chine, Toyota dépend déjà de BYD pour commercialiser certains modèles électriques. Paradoxalement, le groupe nippon contribue ainsi à financer son principal concurrent. Si cette logique se prolonge sur d’autres marchés internationaux, Toyota risque de se retrouver structurellement dépendant d’un partenaire qui, lui, n’a pas hésité à accélérer sa transition. La LF-ZC aurait pu incarner une rupture technologique crédible face aux ambitions de BYD sur le segment premium. Son abandon laisse ce terrain ouvert.
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