Tesla Model Y : sa batterie LFP se dégrade moins vite qu’on ne le craignait
La dégradation de la batterie est l’une des principales angoisses des propriétaires de voitures électriques. Perdre quelques points de capacité […]
Sommaire
Romain Dumas et Ford sont montés au sommet de Pikes Peak avec un objectif clair : prendre leur revanche sur la saison 2025 et démontrer que la Super Mustang Mach-E méritait la première place au classement général. Mission accomplie. Le 21 juin 2026, lors de la 103e édition de la Pikes Peak International Hill Climb, la voiture électrique de Ford a franchi la ligne d’arrivée en tête, devant tous les véhicules à moteur thermique engagés dans la course. Voici ce qu’il faut retenir de cette édition.
La Pikes Peak International Hill Climb est l’une des compétitions automobiles les plus anciennes au monde. Courue pour la première fois en 1916, elle se déroule sur un tracé de 20 kilomètres qui grimpe depuis 2 862 mètres d’altitude jusqu’au sommet à 4 300 mètres, avec une pente moyenne de 7,2 %. La route reste dangereuse malgré les améliorations apportées au fil des décennies : sorties de route dans les bois, chutes dans le vide, interruptions fréquentes pour cause de neige, brouillard ou vents violents. Ce n’est pas une course de salon.
Ce qui rend Pikes Peak particulièrement intéressant du point de vue technique, c’est la question de l’altitude. À près de 4 300 mètres, la raréfaction de l’oxygène pénalise sévèrement les moteurs à combustion interne, qui peinent à brûler correctement leur carburant faute d’air suffisant. Les équipes thermiques doivent recourir à des moteurs surdimensionnés pour compenser cette perte de rendement. Les moteurs électriques, eux, n’ont aucun besoin d’oxygène pour fonctionner : leur couple et leur puissance restent constants quelle que soit l’altitude. C’est une différence fondamentale, et elle se voit chronométriquement sur la partie haute du parcours.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le record absolu de la course, établi en 2018 par Romain Dumas au volant de la Volkswagen ID.R, est détenu par un véhicule électrique. Son temps de 7 minutes 57 secondes et 148 millièmes reste à ce jour inégalé toutes catégories confondues.
En 2025, Ford avait engagé la Super Mustang Mach-E avec des ambitions sérieuses. Le constructeur américain avait déjà remporté la course avec son SuperVan électrique, puis avec son SuperTruck, mais l’objectif était désormais différent : imposer une vraie voiture de course, construite autour d’une plateforme inspirée de la Mustang Mach-E de série, quoique sans aucun lien visuel ou mécanique réel avec elle. Avec 1 400 chevaux sous le capot et Romain Dumas, recordman de la montagne, aux commandes, l’ambition était claire.
Sauf que la montagne en a décidé autrement. Des vents violents ont soufflé sur la partie haute du tracé en 2025, projetant des débris sur la piste. Les organisateurs ont pris la décision de fermer la moitié haute du parcours, privant ainsi les voitures électriques de leur principal terrain d’expression. Dans ces conditions tronquées, la Super Mustang Mach-E a certes remporté sa catégorie, mais elle a cédé le classement général au prototype ultraléger Nova Proto NP01 de Simone Faggioli, avec seulement 5 secondes d’écart. Après la course, Dumas avait confié que son Ford aurait probablement eu l’avantage sur le tracé complet, mais que « la montagne décide ».
Pour l’édition 2026, Ford et Dumas sont revenus avec la même arme, sur un tracé cette fois intégralement ouvert. Lors des qualifications — qui ne portent que sur la moitié basse du parcours — la Mustang accusait déjà 7 secondes de retard sur le NP01 de Faggioli. Une information trompeuse, puisque c’est précisément sur la partie haute que le moteur électrique fait la différence.
Le résultat final est sans ambiguïté :
Robin Shute, ancien ingénieur chez Tesla et Faraday Future, mérite une mention : sa Sendycar V1 est une formule construite sur mesure, d’un poids extrêmement réduit. Terminer à moins de 12 secondes de la Mustang dans ces conditions reste une performance solide. Pour Faggioli, en revanche, le tableau est moins flatteur après sa victoire de 2025.
Par rapport au précédent meilleur temps de Ford à Pikes Peak — le SuperVan de Dumas en 8 minutes 47 secondes 682 — la Super Mustang Mach-E gagne près de 30 secondes. La différence entre une camionnette électrique survitaminée et une vraie voiture de course conçue pour la performance se mesure en secondes, et elles sont nombreuses.
Il convient de replacer ces chiffres dans leur contexte de classement. La Pikes Peak International Hill Climb distingue plusieurs catégories :
Le temps de 8:18.202 réalisé par Dumas en 2026 reste donc 21 secondes au-dessus du record absolu de la VW ID.R, qui court en catégorie Unlimited. La hiérarchie des records est claire : l’ID.R tient son titre, et la Super Mustang Mach-E tient le sien dans sa catégorie. Deux victoires électriques, deux contextes réglementaires différents.
Du côté des autres voitures électriques engagées cette année, l’Hyundai Ioniq 5N préparée par Evasive Motorsports n’a pas pu prendre le départ de la course : la voiture a subi des dommages lors des sessions d’essais et n’était pas en état de concourir le jour J. Une déconvenue qui prive le classement d’une comparaison intéressante entre deux approches bien différentes de la performance électrique en compétition.
Ford revient à Pikes Peak depuis plusieurs années avec une progression méthodique : SuperVan, SuperTruck, puis une véritable voiture de course. La trajectoire est lisible, et le résultat 2026 valide l’approche. Dumas, de son côté, reste l’homme à battre sur cette montagne — qu’il soit au volant d’un prototype VW ou d’une Mustang électrique de 1 400 chevaux.
Réagissez à l'article