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Le ministre des Transports Philippe Tabarot a tranché : la France n’autorisera pas le système Tesla Full Self-Driving (FSD) Supervisé sur son territoire, du moins pas dans son état actuel. Une décision qui fait beaucoup parler, mais qui est souvent mal interprétée. Il ne s’agit pas d’un rejet définitif de la technologie, ni d’une hostilité envers Tesla en particulier. C’est avant tout une question de méthode et de cadre réglementaire. Voici ce que cela signifie concrètement pour les conducteurs français.
Philippe Tabarot s’est exprimé dans une déclaration vidéo publiée en juillet 2026, en réponse à une question précise : quand le FSD sera-t-il autorisé en France ? Sa réponse est directe : « Les compromis en matière de sécurité ne sont pas encore suffisants pour l’autoriser en l’état. » Il a également tenu à rappeler une réalité que beaucoup d’utilisateurs Tesla ont tendance à minimiser : le FSD « n’est pas un système de conduite autonome ». Ce point sémantique n’est pas anodin, il conditionne toute l’approche réglementaire française.
Le ministre a formulé deux griefs précis. Le premier concerne les excès de vitesse : selon les données recueillies par les autorités françaises, le système autorise le véhicule à dépasser les limitations en vigueur. Le second porte sur l’attention du conducteur en milieu urbain : FSD ne garantit pas un niveau de vigilance suffisant lors de manœuvres complexes comme les changements de voie, les intersections ou encore les ronds-points. Ces deux points ne sont ni vagues ni théoriques, ils s’appuient sur des observations techniques concrètes.
En avril 2026, les Pays-Bas sont devenus le premier pays de l’Union européenne à approuver le FSD Supervisé, via leur autorité nationale RDW. Depuis, plusieurs pays ont suivi, dont le Danemark en juin. Le RDW pousse désormais pour transformer cette autorisation nationale en homologation européenne unifiée, via la Commission européenne et la UNECE. C’est précisément là que la France dit non, non pas au principe, mais à la méthode.
Paris refuse de valider le FSD en se contentant de reprendre le travail d’un seul régulateur national, aussi sérieux soit-il. La France réclame un cadre harmonisé à l’échelle européenne, avec des protocoles de test communs, avant de signer quoi que ce soit. Tabarot a d’ailleurs confirmé que la France continue ses discussions techniques avec les Pays-Bas, d’autres États membres et Tesla, et qu’un représentant du ministère s’est rendu aux Pays-Bas pour analyser les données. Cet automne, un rassemblement de l’écosystème français de la conduite autonome est prévu pour fixer une orientation commune.
La France n’est pas seule dans cette posture. En juin 2026, la Suède a demandé à l’UE de refuser la validation du FSD tant que Tesla ne supprime pas la possibilité pour le système de dépasser les limitations de vitesse. Les régulateurs européens expriment les mêmes réserves depuis le printemps.
Le grief lié à la vitesse n’est pas une vue de l’esprit. Le FSD de Tesla permet depuis longtemps aux conducteurs de configurer un dépassement de la vitesse limite autorisée. Ce comportement, qui aurait dû être corrigé dans une mise à jour récente, est revenu au premier plan ce mois-ci : un journaliste spécialisé a signalé avoir reçu une amende pour excès de vitesse générée par le FSD après que Tesla a supprimé la correction qui plafonnait cet écart. Un timing particulièrement mauvais dans le contexte réglementaire européen.
Ce n’est pas le premier contentieux du genre. Il a également été établi que Tesla a présenté des données de sécurité trompeuses à des régulateurs européens, un point que les autorités françaises ont déjà eu à traiter. Ces antécédents pèsent sur la crédibilité du dossier soumis par le constructeur, même si Tabarot a explicitement affirmé que « la France soutient ces technologies » et que le blocage tient à la confiance et aux données, pas à une opposition de principe.
Si vous possédez un Model 3, un Model Y ou tout autre véhicule Tesla compatible FSD en France, la situation reste la même qu’avant : le système n’est pas activé sur le territoire. Voici ce que l’on sait sur les conditions qui permettraient de débloquer la situation :
Ces conditions sont précises, et certaines sont techniquement atteignables dans un délai raisonnable. Tesla a déjà apporté des modifications logicielles substantielles à son FSD selon les marchés. La question n’est pas de savoir si le constructeur peut s’adapter, mais à quelle vitesse, et si les régulateurs européens parviendront à s’accorder sur des critères communs avant qu’une nouvelle vague d’approbations nationales ne vienne compliquer davantage le paysage.
Ce que révèle cet épisode, c’est la difficulté structurelle de réguler des systèmes d’aide à la conduite avancés dans un espace européen où chaque État reste souverain en matière d’homologation. Les Pays-Bas ont bougé vite, peut-être trop selon Paris. La France préfère attendre une position collective plutôt que de créer un précédent fragmenté.
Ce n’est pas une posture confortable politiquement, notamment face aux utilisateurs Tesla qui attendent le FSD depuis des mois. Mais le raisonnement de Tabarot tient sur le fond : hériter d’un feu vert étranger sans l’examiner soi-même, c’est aussi hériter des risques qui vont avec. Et sur les routes françaises, denses, complexes et parfois imprévisibles, personne au ministère ne semble prêt à prendre ce pari à la légère.
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