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La Smart #2 revient aux sources : moins de 3 mètres et 100 % électrique

François Zhang-Ming

Si vous avez connu la Smart Fortwo originale de 1998, vous vous souvenez peut-être de cette petite voiture capable de se garer perpendiculairement au trottoir, là où toutes les autres restaient bloquées à chercher une place. Après avoir surpris — et parfois déçu — ses fidèles en proposant des SUV musclés et bien loin de l’esprit puce des villes, Smart revient aujourd’hui à sa raison d’être avec la Smart #2. Encore présentée sous forme de concept, cette citadine affiche moins de 3 mètres de longueur et une motorisation 100 % électrique. Les grandes lignes sont déjà posées, et la version définitive est attendue pour le Mondial de l’Auto de Paris en octobre 2026.

Un gabarit de poche pensé pour les centres-villes embouteillés

La Smart #2 renoue avec ce qui a fait la réputation de la marque depuis près de trois décennies : un encombrement minimal pour une maniabilité maximale. La recette technique retenue est celle d’une propulsion arrière, avec le moteur électrique positionné sur l’essieu arrière, exactement comme sur les premières générations de la Fortwo. Ce choix n’est pas anodin : il permet d’obtenir un rayon de braquage de seulement 6,95 mètres, une valeur remarquablement basse qui autorise les demi-tours dans des ruelles sans manœuvres à rallonge. Pour vous donner un point de comparaison, la plupart des citadines conventionnelles tournent plutôt autour de 9 à 10 mètres.

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Visuellement, Smart affirme que 95 % des éléments stylistiques du concept seront conservés sur la version de série. Certains détails futuristes, comme l’écran LED intégré à la face arrière, disparaîtront logiquement avant la mise en production, mais la signature lumineuse tridimensionnelle restera bien présente et donnera à la silhouette une identité visuelle forte. L’habitacle, lui, est encore soigneusement camouflé sur cette version de présentation. La marque, détenue à parts égales par Mercedes-Benz et le groupe chinois Geely, prend manifestement soin de ménager ses effets avant la grande révélation automnale.

La nouvelle plateforme ECA et ses atouts pour la recharge quotidienne

L’intégration d’une motorisation électrique dans un format aussi compact représente un vrai exercice d’ingénierie. Smart s’appuie ici sur une toute nouvelle architecture baptisée plateforme ECA, conçue spécifiquement pour ce type de véhicule urbain. Parmi les fonctionnalités notables qu’elle embarque, la recharge bidirectionnelle V2L mérite d’être soulignée : elle permet à la voiture d’alimenter des appareils externes en courant électrique, qu’il s’agisse de recharger un vélo électrique, de faire fonctionner du matériel lors d’une sortie ou de dépanner en cas de coupure de courant à domicile.

  • Capacité de la batterie : 35,7 kWh
  • Autonomie estimée : environ 300 km en cycle WLTP
  • Temps de recharge rapide : 20 minutes de 10 à 80 % sur borne haute puissance
  • Recharge bidirectionnelle V2L incluse
  • Architecture moteur : propulsion arrière
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Sur le plan de la consommation, soyons directs : la silhouette très cubique et peu profilée de la Smart #2 ne sera pas une alliée sur autoroute. Ce n’est pas une voiture pensée pour les longs trajets, et personne ne lui demandera de l’être. En revanche, les 20 minutes pour passer de 10 à 80 % sur une borne rapide constituent un argument solide pour une utilisation urbaine intensive, où les arrêts courts et les recharges opportunistes font partie du quotidien. Une batterie de 35,7 kWh bien gérée suffit largement pour couvrir plusieurs jours de trajets en ville avant de devoir rechercher une borne.

Positionnement tarifaire et concurrence sur ce segment très spécifique

Le prix reste à confirmer, mais les estimations actuelles situent la Smart #2 entre 20 000 et 30 000 euros. Ce positionnement la place légèrement au-dessus des citadines électriques d’entrée de gamme, dans une zone tarifaire que l’on qualifierait de premium accessible. La Citroën ë-C3 ou la Renault R5 visent un public différent avec des gabarits plus généreux ; la Fiat 500e s’en rapproche davantage mais reste plus longue. En réalité, personne ne propose aujourd’hui une micro-citadine électrique de moins de 3 mètres avec ce niveau de finition et ces caractéristiques techniques. La Smart #2 occuperait donc un segment quasiment sans concurrence directe sur le marché européen.

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Ce vide commercial est à double tranchant : il offre à Smart une opportunité rare de s’imposer sans bataille frontale, mais cela suppose aussi que la demande pour ce format très spécifique soit au rendez-vous. Les conducteurs qui vivent en centre-ville dense, qui jonglent avec les zones à faibles émissions et les places de stationnement introuvables, sont précisément la cible de cette voiture. Et ils sont nombreux, en France comme dans le reste de l’Europe, à chercher exactement ce que la Smart #2 promet. Le rendez-vous est fixé à Paris en octobre 2026, et d’ici là, la marque a tout intérêt à conserver la dynamique créée par cette présentation.

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