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Le malus auto a rapporté des sommes records à l’Etat

Albert Lecoq

Au premier semestre 2026, les malus automobile ont généré 523,4 millions d’euros de recettes pour l’État français. Un chiffre record, qui interpelle d’autant plus que les voitures électriques représentent désormais une part significative du marché. Comment expliquer cette hausse continue alors que les véhicules exemptés de malus sont de plus en plus nombreux dans les concessions ? Les réponses sont à la fois logiques et surprenantes.

Des recettes en forte hausse malgré la progression de l’électrique

La montée en puissance des voitures électriques ne fait aucun doute. Sur les six premiers mois de 2026, elles représentent 29,1 % des immatriculations, contre 17,5 % à la même période en 2025. Une progression impressionnante, en partie portée par la flambée des prix des carburants, qui pousse de nombreux acheteurs à reconsidérer leur prochain véhicule. Pourtant, cette dynamique n’a pas freiné la collecte des malus. Bien au contraire.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 405,1 millions d’euros collectés au premier semestre 2025, 336,6 millions en 2024, et 523,4 millions pour le premier semestre 2026. Si la tendance se maintient, le cap du milliard d’euros annuel pourrait être franchi dès cette année. La raison de cette progression est simple : les règles se sont durcies au 1er janvier 2026. Le seuil du malus CO2 a été abaissé de 113 à 108 g/km, et celui du malus au poids est passé de 1 600 à 1 500 kg. Résultat : 51,0 % des véhicules immatriculés au premier semestre étaient concernés par au moins une de ces deux taxes, contre 48,3 % un an plus tôt.

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Qui paie réellement ces taxes et pourquoi les hybrides sont dans le viseur

Si vous pensiez que les malus ne concernaient que les grosses cylindrées ou les sportives de luxe, ce bilan semestriel vous fera réviser votre jugement. Le malus CO2 frappe désormais l’ensemble des véhicules thermiques, mais aussi une partie croissante des hybrides. Quant au malus au poids, il pénalise particulièrement les grands gabarits non électriques, et en premier lieu les hybrides rechargeables, dont la batterie embarquée alourdit considérablement la masse à vide.

Voici les deux types de malus en vigueur en 2026 et leur logique de calcul :

  • Malus CO2 : applicable dès 108 g/km d’émissions, il est progressif et peut atteindre jusqu’à 80 000 € pour les véhicules les plus émetteurs. Il concerne tous les véhicules thermiques et hybrides au-delà du seuil.
  • Malus au poids : déclenché dès 1 500 kg, il touche en priorité les SUV, les berlines familiales volumineuses et les hybrides rechargeables dont la masse totale dépasse allègrement ce seuil. Les véhicules 100 % électriques en sont exemptés.

C’est justement cette combinaison des deux taxes qui rend la facture particulièrement salée pour certains modèles hybrides rechargeables, dont la conception même — une batterie volumineuse en plus d’un moteur thermique — les expose structurellement aux deux pénalités simultanément.

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Le classement des modèles qui rapportent le plus à l’État réserve des surprises

On pourrait s’attendre à ce que les supervoitures trustent le haut du classement, compte tenu des montants de malus parfois astronomiques qu’elles génèrent à l’unité. Un acheteur de Porsche 911 peut, selon la version, se voir infliger un malus CO2 colossal, auquel s’ajoute le malus au poids. Les 109 Porsche 911 immatriculées au premier semestre ont ainsi rapporté plus de 9 millions d’euros à l’État. Un chiffre conséquent, mais loin de la première marche du podium.

C’est le Mercedes GLC qui occupe la tête du classement, avec 17,3 millions d’euros générés pour seulement 1 733 immatriculations. Le SUV premium de Stuttgart, principalement commercialisé dans sa version hybride rechargeable GLC 300e, cumule malus CO2 et malus au poids. Le podium est complété par le Peugeot 5008 (14,3 millions d’euros) et le Mercedes GLA (12,8 millions d’euros pour 3 598 unités immatriculées).

Voici un aperçu des modèles les plus contributeurs au premier semestre 2026 :

ModèleImmatriculationsRecettes malus estimées
Mercedes GLC1 73317,3 M€
Peugeot 5008N/A14,3 M€
Mercedes GLA3 59812,8 M€
Dacia Sandero+32 00011,5 M€
Citroën C3N/A10,7 M€
Porsche 9111099 M€

La vraie surprise de ce classement, c’est la présence en 7e position de la Dacia Sandero, avec 11,5 millions d’euros collectés. Une citadine accessible, connue pour ses prix plancher, qui se retrouve à rapporter davantage à l’État que la mythique 911. L’explication est arithmétique : avec plus de 32 000 unités immatriculées, la Sandero génère un volume de malus modeste par voiture, mais massif à l’échelle du parc. La Citroën C3, dans une logique similaire, complète ce tableau avec 10,7 millions d’euros.

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Par marque, Mercedes domine largement la collecte des malus

Si l’on agrège les données par constructeur, Mercedes arrive en tête avec 66,5 millions d’euros de malus collectés sur le seul premier semestre 2026. BMW suit avec 56,7 millions, et Volkswagen complète le podium avec 45,4 millions d’euros. Ce classement reflète à la fois le volume de ventes de ces marques en France et la nature de leurs gammes, largement dominées par des SUV lourds et des motorisations thermiques ou hybrides exposées aux deux taxes cumulées.

Un dernier point mérite votre attention : si l’État encaisse ces recettes record, il ne débourse en revanche plus un centime pour soutenir l’achat de véhicules électriques. Depuis la réforme du dispositif, le bonus écologique n’est plus financé par le budget de l’État mais par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), portés par les fournisseurs d’énergie. Autrement dit, les malus alimentent les caisses publiques sans contrepartie directe pour les acheteurs de véhicules propres, une équation budgétaire particulièrement favorable à Bercy.

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