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Cette Tesla ne se vend pas, le constructeur décide donc d’augmenter son prix

Michael Ptaszek

Le Tesla Cybertruck n’en finit pas de faire parler de lui, et rarement pour de bonnes raisons ces derniers mois. Alors que les ventes peinent à décoller, Tesla a décidé d’augmenter une nouvelle fois le prix de son pickup électrique hors norme. Une décision qui interroge autant les analystes que les potentiels acheteurs, et qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Des prix qui s’envolent loin des promesses initiales

La version d’entrée de gamme du Cybertruck affiche désormais un tarif de 74 990 dollars, soit une hausse de 5 000 dollars appliquée en une seule semaine. Mais le chiffre qui fait vraiment mal, c’est celui-ci : en février dernier, ce même modèle était proposé à 59 990 dollars. En six mois, la facture a donc grimpé de 15 000 dollars pour la version d’accès. La version Premium suit la même tendance, passant à 84 990 dollars. Seule la Cyberbeast, le haut de gamme, reste pour l’instant à 99 990 dollars.

Pour bien mesurer l’écart avec les attentes initiales, il faut remonter à 2019. À l’époque, Elon Musk présentait le Cybertruck devant un public conquis en évoquant un prix de départ autour de 40 000 dollars. En tenant compte de l’inflation, ce montant équivaut à environ 53 000 dollars en 2026. On est encore loin des 75 000 dollars actuels, soit près du double du tarif annoncé il y a sept ans. Les réservations anticipées avaient été passées sur la foi de ces chiffres, et nombreux sont ceux qui se sentent aujourd’hui floués.

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Des ventes qui racontent une autre histoire

Ce qui rend cette stratégie tarifaire particulièrement difficile à comprendre, c’est le contexte commercial dans lequel elle s’inscrit. Le Cybertruck ne s’arrache pas. Sur le premier semestre 2026, Tesla n’a vendu que 7 263 unités, un chiffre en recul de 32 % par rapport à la même période l’an passé. Pour rappel, Tesla avait tablé sur une production annuelle d’environ 250 000 véhicules. On est donc à moins de 6 % de la capacité prévue, ce qui est difficilement qualifiable d’autre chose que d’un échec commercial à ce stade.

Il faut ajouter à cela un détail révélateur : une part significative des ventes du quatrième trimestre 2025 avait été portée par SpaceX, qui aurait acquis près de 20 % des Cybertrucks vendus sur cette période. Autrement dit, sans cet acheteur institutionnel directement lié à Elon Musk, les chiffres auraient été encore plus sombres. À titre de comparaison, les réservations enregistrées en 2023 étaient estimées à plus de deux millions d’unités. L’enthousiasme de départ ne s’est clairement pas traduit en actes d’achat.

Les raisons d’un décrochage

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés commerciales du Cybertruck, et ils ne sont pas tous liés au prix :

  • Un design clivant qui séduit une niche mais rebute une large partie du marché, y compris des acheteurs de pickup traditionnellement fidèles à Ford, Ram ou Chevrolet.
  • Des problèmes de qualité et de fiabilité signalés dès les premiers mois de commercialisation, avec plusieurs rappels qui ont entaché l’image du véhicule.
  • La position politique très marquée d’Elon Musk, qui a visiblement éloigné une partie de la clientèle historique de Tesla, souvent sensible aux enjeux environnementaux et progressistes.
  • Un positionnement tarifaire qui le place en concurrence directe avec des pickups thermiques haut de gamme et d’autres véhicules électriques mieux établis.
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Bloomberg a récemment osé la comparaison avec le Ford Edsel, longtemps considéré comme le plus grand flop de l’histoire automobile américaine. L’article suggérait que le Cybertruck pourrait finir par lui ravir ce titre peu enviable. Elon Musk lui-même avait reconnu en amont que le projet pouvait « rater ». Il avait alors dit ne pas s’en préoccuper, tant il aimait le design. Avec des ventes à 94 % en dessous de la capacité de production prévue, ce discours est plus difficile à tenir.

Une stratégie tarifaire qui soulève des questions

Face à des volumes décevants, Tesla semble avoir opté pour une logique de marge plutôt que de volume. En augmentant les prix, la marque cherche probablement à maximiser le revenu par véhicule vendu pour compenser les pertes liées à une production largement sous-utilisée. C’est une approche défendable sur le papier, mais elle comporte un risque évident : repousser encore davantage les acheteurs hésitants.

Le marché des pickups électriques est désormais bien moins vierge qu’en 2019. Le Ford F-150 Lightning, le Rivian R1T ou encore le Ram 1500 REV proposent des alternatives sérieuses, avec des carrosseries conventionnelles qui rassurent les acheteurs habitués aux pickups. Dans ce paysage concurrentiel, augmenter le prix d’un modèle déjà considéré comme trop cher et trop niche, c’est prendre un pari risqué. Si vous envisagiez l’achat d’un pickup électrique, sachez que le rapport prestation-prix du Cybertruck ne joue clairement pas en sa faveur à ce stade, et que la concurrence n’a jamais été aussi étoffée.

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