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Crash-tests : les voitures électriques chinoises font taire tous les doutes

François Zhang-Ming

On a longtemps regardé les voitures chinoises avec méfiance en Europe, et ce n’était pas totalement infondé. Les vidéos de crash-tests des années 2000, avec des modèles comme la Chery Amulet ou la Geely CK s’effondrant comme des boîtes en carton, ont durablement marqué les esprits. Cette réputation a collé à la peau des constructeurs chinois bien au-delà de ce qu’ils méritaient réellement aujourd’hui. Les derniers résultats publiés par Euro NCAP viennent bousculer sérieusement ce préjugé tenace.

Cinq étoiles pour les chinoises, quatre pour la Cupra Raval

Dans sa dernière vague de tests portant sur quatre petites voitures électriques, Euro NCAP a accordé la note maximale de cinq étoiles à trois modèles d’origine chinoise : la Geely EX2, la Leapmotor B05 et l’Aion UT. La Cupra Raval, qui n’est autre que la version espagnole de la future Volkswagen ID. Polo, devra se contenter de quatre étoiles dans sa configuration de série. Une différence qui s’explique moins par la structure crashée du véhicule que par l’absence de certaines aides à la conduite en équipement standard.

Euro NCAP ne se limite pas à mesurer la résistance de la carrosserie à l’impact. La notation intègre également les systèmes d’évitement des accidents, comme l’alerte de trafic frontal ou le régulateur de vitesse adaptatif. Ces équipements sont fournis de série sur les trois modèles chinois, alors que la Raval en est dépourvue dans sa dotation de base. VW Group et Cupra précisent qu’un pack sécurité optionnel permet de hisser la note à cinq étoiles, ce qui relativise un peu la déception, mais soulève tout de même la question du choix éditorial de ne pas les intégrer d’office.

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Des scores d’évitement d’accident qui parlent d’eux-mêmes

Dans la catégorie évitement des accidents, les résultats sont serrés mais éloquents. La Leapmotor B05 obtient 77 %, l’Aion UT 74 %, et la Cupra Raval 72 % dans sa version de base. La Geely EX2 atteint le même niveau que la Raval avec le pack optionnel, soit environ 72 %. Ces chiffres ne témoignent pas d’un écart abyssal, mais ils confirment que les constructeurs chinois ne font pas du chiffre à l’aveugle : les systèmes embarqués sont calibrés sérieusement et tiennent la comparaison face aux standards européens.

Sur le plan tarifaire, le rapport qualité-sécurité-prix des modèles chinois devient difficile à ignorer. La Geely EX2 démarre sous les 20 000 €, ce qui en fait l’une des voitures électriques neuves les moins chères disponibles en Europe actuellement. À ce prix, certains acheteurs potentiels s’interrogeaient légitimement sur d’éventuels compromis en matière de sécurité ou de qualité de fabrication. Les données d’Euro NCAP apportent une réponse claire.

Le talon d’Achille : l’excès d’écran tactile au détriment des boutons physiques

Les modèles chinois ne sortent pas indemnes de tous les critères. Euro NCAP a particulièrement pointé du doigt l’interface homme-machine de la Leapmotor B05 et de l’Aion UT, jugées trop dépendantes des écrans tactiles pour accéder aux fonctions du véhicule en mouvement. Cette observation se traduit concrètement dans le score de conduite sûre, qui évalue entre autres la facilité d’utilisation des commandes pendant la conduite et les systèmes de surveillance du conducteur. Les deux modèles n’obtiennent que 66 % dans cette sous-catégorie.

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La Geely EX2 s’en tire mieux avec 79 % en conduite sûre, notamment parce que son interface conserve davantage de boutons physiques dédiés aux fonctions essentielles. Un détail qui fait une vraie différence au quotidien : actionner la climatisation ou régler le volume sans quitter la route des yeux n’a rien d’anecdotique. Ce point rejoint un débat plus large dans l’industrie automobile, où la suppression systématique des commandes physiques au profit des écrans est de plus en plus remise en question, aussi bien par les autorités de sécurité que par les conducteurs eux-mêmes.

  • Leapmotor B05 : 5 étoiles Euro NCAP — évitement accidents : 77 % — conduite sûre : 66 %
  • Aion UT : 5 étoiles Euro NCAP — évitement accidents : 74 % — conduite sûre : 66 %
  • Geely EX2 : 5 étoiles Euro NCAP — évitement accidents : ~72 % — conduite sûre : 79 % — prix de départ : moins de 20 000 €
  • Cupra Raval : 4 étoiles (5 avec pack optionnel) — évitement accidents : 72 % — régulateur adaptatif et alerte frontale absents de série

La Chine prend la sécurité au sérieux, et ça se voit

Ce bond qualitatif n’est pas le fruit du hasard. Le gouvernement chinois a considérablement renforcé ses exigences en matière de sécurité automobile ces dernières années, après une période de lancements à grande vitesse qui laissait peu de place aux vérifications approfondies. Les grandes agences fédérales scrutent désormais de près les designs potentiellement problématiques — les poignées de porte électroniques ont par exemple fait l’objet d’un rappel massif qui a fait beaucoup de bruit — et imposent des audits d’usine pour s’assurer que la cadence de production effrénée ne compromet pas la rigueur des process.

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Cette pression réglementaire interne, combinée à la volonté des marques chinoises de s’imposer durablement sur le marché européen, a visiblement porté ses fruits. Vendre en Europe oblige à se confronter à Euro NCAP, dont la méthodologie est l’une des plus exigeantes au monde. Les scores obtenus par la Leapmotor, Aion et Geely ne sont pas le résultat d’une chance particulière : ils reflètent un investissement réel dans l’ingénierie de sécurité. Reste à voir si ces résultats suffiront à convaincre les acheteurs européens encore réticents, mais le terrain se déplace clairement en faveur de ces constructeurs.

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