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Cette Tesla Model 3 dépasse les 400 000 km : qu’est-ce qui est tombé en panne en premier ?

Albert Lecoq

Cinq ans, 400 000 kilomètres, et une seule pièce défaillante. Ce chiffre suffit à relancer le débat sur la durabilité réelle des voitures électriques, un sujet qui revient régulièrement dans les conversations entre automobilistes. Cette Tesla Model 3 Long Range de 2021, ancienne taxi reconvertie en véritable cobaye roulant, offre un retour d’expérience concret et rare sur ce que peut endurer une voiture électrique dans des conditions d’utilisation intensives.

C’est Richard Symons, propriétaire du plus grand showroom de Tesla d’occasion au Royaume-Uni, qui est à l’origine de cette expérience. Son objectif était simple : acheter un véhicule kilométré, le passer au crible et documenter ses performances sur la durée. Ce genre de témoignage terrain vaut souvent bien plus que n’importe quelle étude en laboratoire.

Une batterie d’origine qui conserve 84 % de sa capacité après 400 000 km

C’est probablement le chiffre qui va le plus surprendre : la batterie d’origine de cette Model 3 Long Range n’a jamais été remplacée et affiche encore 84 % de sa capacité initiale. Concrètement, cela signifie que par une belle journée d’été, le véhicule peut encore parcourir environ 457 kilomètres avec une charge complète. Pour la grande majorité des usages quotidiens, ce chiffre reste tout à fait suffisant.

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Cette donnée prend encore plus de sens quand on sait que cette voiture parcourait en moyenne 240 kilomètres par jour dans le cadre d’une activité de taxi, soit un rythme d’utilisation bien au-delà de ce que connaît un particulier lambda. La dégradation de 16 % sur 400 000 km d’un usage aussi intensif est un argument solide face aux craintes récurrentes sur la longévité des accumulateurs. À titre de comparaison, les batteries produites après 2022 affichent un taux de défaillance de seulement 0,3 % selon les données disponibles, ce qui relativise considérablement les idées reçues.

Les moteurs électriques d’origine toujours en place, les performances intactes

Les deux moteurs électriques d’origine n’ont jamais été touchés. La voiture abat toujours le 0 à 100 km/h en 3,9 secondes, sans fléchissement notable des performances. Aucun bruit parasite, aucun grincement, aucun claquement : selon Symons, la voiture donne toujours l’impression d’être neuve à la conduite. C’est un point que les sceptiques auraient du mal à ignorer.

Côté recharge, les résultats sont également au rendez-vous. Après 11 minutes sur une borne Supercharger, le niveau de charge a augmenté de 30 %, soit un gain de 137 kilomètres d’autonomie réelle. La capacité de charge rapide ne semble donc pas avoir souffert de manière significative, ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui redoutent une dégradation progressive des performances de charge avec le temps.

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Des coûts d’entretien réduits à l’essentiel malgré l’intensité de l’usage

Sur 400 000 kilomètres d’utilisation intensive, voici ce qui a réellement nécessité une intervention ou un remplacement :

  • Un haut-parleur de pare-chocs avant remplacé suite à une défaillance prématurée (seule vraie panne constatée)
  • Six jeux de pneumatiques usés normalement compte tenu du kilométrage
  • Plusieurs jeux de balais d’essuie-glaces
  • Différents silent-blocs et coussinets de suspension
  • Un jeu d’amortisseurs arrière renforcés, monté par choix de confort et non par nécessité

Ce qui n’a pas été remplacé est tout aussi parlant : les disques de frein, les plaquettes, le liquide de frein et le liquide de refroidissement sont encore d’origine. Ce n’est pas un hasard. Le freinage régénératif des voitures électriques sollicite beaucoup moins les freins mécaniques qu’un véhicule thermique, ce qui prolonge considérablement leur durée de vie. Sur une voiture conventionnelle, les plaquettes auraient été changées plusieurs fois à ce kilométrage.

Consommation énergétique et coûts réels au kilomètre

Sur l’ensemble de la période de suivi, la Model 3 a affiché une consommation moyenne de 6,7 kWh aux 100 km, ce qui est particulièrement vertueux pour un véhicule à transmission intégrale. Une partie des recharges a été effectuée sur énergie solaire ou en heures creuses, ce qui a encore davantage compressé le coût au kilomètre.

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Pour mettre les choses en perspective, une voiture thermique équivalente en cylindrée et en performances aurait consommé plusieurs dizaines de milliers d’euros en carburant sur cette même distance, sans compter les vidanges, les filtres, les courroies, et les interventions mécaniques inhérentes à un groupe motopropulseur à combustion. La comparaison est brutale, mais elle est réelle.

Un cas isolé ou le reflet d’une tendance plus large ?

Cette Model 3 n’est pas un cas unique. De nombreux propriétaires de Tesla cumulent des kilométrages impressionnants avec des coûts de maintenance très bas. Symons lui-même connaît un propriétaire qui roule quotidiennement avec une Tesla Model S P85D de 2015 affichant plus de 257 000 kilomètres au compteur, et dont l’état général reste excellent. Ces témoignages se multiplient et forment désormais un corpus d’expériences suffisamment large pour ne plus être considérés comme des exceptions.

Ce que cette expérience démontre surtout, c’est que la question de la fiabilité à long terme des voitures électriques mérite d’être abordée avec moins d’aprioris. Les données réelles, issues d’utilisateurs qui poussent leurs véhicules dans leurs retranchements, tendent à confirmer que la durabilité d’une électrique bien entretenue peut rivaliser sérieusement avec celle d’un thermique, voire la dépasser sur certains critères. À vous de tirer vos propres conclusions.

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