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Voiture électrique : la demande s’envole en Europe depuis cette année

Albert Lecoq

Entre janvier et août 2026, l’Union européenne a immatriculé 1,64 million de voitures électriques, soit 45 % de plus que sur la même période de 2025 (environ 1,13 million d’unités à l’époque). C’est ce que calcule l’ONG Transport & Environment (T&E) dans un rapport publié le lundi 5 octobre. Le prix d’achat et l’autonomie freinent encore une partie des automobilistes, mais deux facteurs jouent désormais en faveur de la prise en main : des carburants plus chers et des modèles plus accessibles.

Un record de ventes tiré par la France et l’Allemagne

La part de marché de 22 % observée sur huit mois progresse de six points en un an. Le mois d’août a même atteint 28 % dans l’UE. Ces chiffres portent sur les ventes de véhicules neufs, pas sur la circulation : en 2025, l’électrique ne représentait que 3 % du parc automobile européen. Le renouvellement des voitures en circulation prendra donc des années, même si les ventes accélèrent.

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IndicateurValeur
Ventes UE, janvier-août 20261,64 million (+45 %)
Part de marché cumulée UE22 % (+6 points)
Part de marché UE en août28 %
France en août / en septembre38 % / 42 %
Allemagne en août32 %
Part du parc automobile UE en 20253 %

La France et l’Allemagne tirent le marché : à elles deux, elles ont représenté environ la moitié des ventes électriques de l’UE au premier semestre. Autre repère notable, au deuxième trimestre 2026, les électriques ont dépassé pour la première fois les modèles essence (hybrides exclus) sur un trimestre complet.

Carburants en hausse : le coût à l’usage fait la différence

Le contexte énergétique pèse dans la balance. Selon T&E, au 14 septembre 2026, recharger sa voiture à domicile revenait à 50 % moins cher à l’usage que de rouler en essence ou en diesel. Le gazole a grimpé de 38 % depuis le début de la guerre en Iran, ce qui creuse l’écart à chaque plein.

Ce chiffre de 50 % suppose toutefois une recharge à la maison, là où le kilowattheure reste le moins cher. Si vous dépendez des bornes rapides publiques, l’économie sera nettement plus faible. Avant de vous décider, faites donc le calcul avec votre kilométrage annuel et votre accès réel à une prise ou une wallbox.

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Une offre élargie, dominée par les marques européennes

Le choix s’est étoffé : plus de 150 modèles électriques sont vendus dans l’UE. On pourrait croire que les constructeurs chinois ont pris la main, mais les chiffres disent autre chose :

  • près de 40 modèles lancés au premier semestre, une soixantaine attendue sur 2026 ;
  • près de 60 % des modèles disponibles viennent de marques européennes, contre 21 % pour les marques chinoises ;
  • 11 nouveautés chinoises au premier semestre, contre 16 pour les européennes ;
  • sept des dix électriques les plus vendues dans l’UE sont européennes.

Les constructeurs chinois accélèrent, mais le rapport de force actuel reste favorable aux marques du continent. Vous avez donc davantage de références locales à comparer, ce qui tire aussi les prix vers le bas.

Des électriques à moins de 25 000 euros qui se multiplient

C’est le point faible du marché, et il commence à bouger. D’ici la fin 2026, 16 modèles à moins de 25 000 euros seront disponibles, deux fois plus qu’en 2025, dont quatre sous la barre des 20 000 euros. D’ici 2028, une dizaine de modèles devraient s’afficher à 20 000 euros ou moins, parmi lesquels la Renault Twingo, la Volkswagen ID.Up et des Dacia. Stellantis prépare de son côté ses E-Car autour de 15 000 euros, avec une renaissance de la Citroën 2CV.

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Le retard sur le thermique reste net : T&E recense 24 électriques à moins de 30 000 euros au premier semestre, contre près de trois fois plus de thermiques, et 4,4 fois plus entre 20 000 et 25 000 euros. L’ONG juge que l’écart sera en grande partie comblé sur cette dernière tranche d’ici 2028, à condition que l’offre thermique n’évolue pas. Environ 60 % de ces modèles abordables seront produits dans l’UE, et Renault dégagerait une marge plus élevée sur les R5 et R4 que sur les Mégane et Scénic E-Tech. Les petites électriques ne sont donc pas condamnées à être vendues à perte.

Voir la voiture électrique dépasser 40 % de parts de marché en France fait plaisir, surtout si les modèles à 20 000 euros arrivent vraiment. Reste à nuancer : 3 % du parc européen, c’est encore peu, et l’économie de plus de 50 % ne vaut qu’avec une recharge à domicile. Pour les ménages français sans garage ni prise, l’accès à des bornes publiques abordables sera aussi décisif que le prix d’achat.

L’avis de Rouleur électrique

Normes CO₂ : un vote européen qui fixera la trajectoire jusqu’en 2030

T&E demande à l’Europe de ne pas assouplir ses objectifs de CO₂ pour les voitures neuves, actuellement renégociés. Selon ses projections, la part de marché stagnerait à 22 % en 2030 avec la proposition de l’eurodéputé Massimiliano Salini (PPE), qui étalerait l’objectif 2030 sur cinq ans et exempterait les véhicules aux biocarburants. Avec le texte de la Commission, elle atteindrait 47 %. Le Parlement et les États membres doivent voter cet automne.

Les constructeurs ont déjà comblé 75 % de l’écart avec leur objectif à mi-parcours de la période 2025-2027, et la moitié du marché est en règle. Si vous hésitez à acheter, surveillez l’issue de ce vote : elle conditionnera le rythme d’arrivée des petits modèles. En attendant, comparez le coût total sur quatre ou cinq ans, aides et recharge à domicile comprises, plutôt que le seul prix affiché en concession.

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