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Un arrêt de 45 minutes devant une borne publique en courant alternatif (AC) ne se règle pas comme une nuit au garage. Renault distingue, sur la gamme Mégane E-Tech electric présentée dans son communiqué tarifaire du 7 juillet 2026, un chargeur AC de 11 kW et une option 22 kW. Ce n’est donc pas une nouveauté de novembre. Le document décrit une offre annoncée et ne prouve pas qu’un véhicule équipé soit disponible tout de suite. Reste la question pratique : cette option change-t-elle ce que vous récupérez pendant vos stationnements habituels ? Le calcul ci-dessous répond par des scénarios, pas par des mesures.
Ce que la puissance annoncée ne garantit pas
Le chiffre du constructeur est un plafond côté véhicule. La FAQ française de Schneider Electric, publiée le 28 août 2026 et actualisée le 14 septembre, rappelle que la puissance réellement reçue dépend aussi de la borne, du câble, des réglages de la voiture et d’un éventuel délestage. Elle précise l’équivalence : 11 kW correspond à du triphasé 16 A par phase, 22 kW à du triphasé 32 A.
Le câble compte autant que le chargeur embarqué. Un câble Type 2 triphasé 32 A permet 22 kW, alors qu’un câble monophasé 32 A plafonne à 7,4 kW, toujours sous réserve des limites du véhicule. La puissance peut aussi baisser en fin de recharge. Autrement dit, la voiture la plus capable ne charge pas plus vite sur un point limité à 11 kW.
Côté infrastructure française, le baromètre Avere-France publié le 12 octobre 2026 recense 202 804 points de recharge publics au 30 septembre 2026. Parmi eux, 102 201 (50 %) relèvent de la catégorie AC triphasé de 7,4 à 22 kW. Cela ne veut pas dire que la moitié des points délivre 22 kW : la catégorie regroupe plusieurs puissances. Avant de payer une option, vérifiez donc la puissance de vos bornes habituelles.
Pour comparer, imaginons deux véhicules identiques, sauf leur plafond AC (11 ou 22 kW), branchés sur une borne qui fournit vraiment 22 kW avec un câble compatible, sans partage de puissance ni interruption. Les durées sont des temps effectivement en charge, hors branchement et activation. L’énergie reçue vaut puissance × durée. Pour l’énergie stockée dans la batterie, nous retenons un rendement global de 90 %, une hypothèse pédagogique qui ne vient d’aucune mesure ni d’aucune version Renault.
Durée en charge
Énergie AC reçue à 11 kW
Énergie AC reçue à 22 kW
Énergie stockée à 11 kW
Énergie stockée à 22 kW
45 minutes
8,25 kWh
16,5 kWh
7,4 kWh
14,9 kWh
2 heures
22 kWh
44 kWh
19,8 kWh
39,6 kWh
En 45 minutes, le gain potentiel du 22 kW est d’environ 7,4 kWh stockés. En deux heures, l’écart grimpe à près de 20 kWh, à condition que la batterie accepte encore ces quantités. Ces totaux supposent une puissance constante, ce qui est rarement exact en fin de charge. Sur une borne monophasée à 7,4 kW, le même calcul donne environ 13,3 kWh stockés en deux heures : le câble et la borne peuvent annuler une bonne partie de l’avantage d’une option 22 kW.
Si votre borne est réellement limitée à 11 kW, les deux véhicules retrouvent les chiffres de la colonne 11 kW. Dans ce cas, l’option 22 kW n’apporte rien.
Une nuit : le plafond ne sert que tant qu’il reste de la place
Sur huit heures, les produits théoriques sont de 88 kWh reçus à 11 kW et 176 kWh à 22 kW. Ils ne représentent pas l’énergie récupérée dès que la cible est atteinte avant le matin. Si vous n’avez que 30 kWh à remettre, les deux configurations récupèrent exactement ces 30 kWh. Seule la durée change : environ 3 h 02 à 11 kW contre 1 h 31 à 22 kW, hors ralentissements. Pour une recharge de nuit, la voiture est pleine au réveil dans les deux cas. C’est le raisonnement sur la durée de charge nocturne qui compte alors, plus que la puissance maximale.
Comment décider avant de cocher l’option 22 kW
Le bon critère est le franchissement d’un besoin, pas le doublement de la puissance nominale. Prenons un exemple arbitraire : vous voulez remettre 25 kWh en deux heures. Le modèle donne 19,8 kWh à 11 kW, ce qui ne suffit pas. À 22 kW, vous disposez de 39,6 kWh, si toute la chaîne suit. Pour remettre 15 kWh en deux heures, les deux configurations suffisent largement, et l’option n’a plus d’intérêt pratique.
la durée habituelle pendant laquelle votre voiture reste branchée, et non simplement garée ;
la puissance réellement attribuée au point de charge que vous utilisez ;
le câble : Type 2 triphasé 32 A pour viser 22 kW ;
le plafond AC de la version exacte que vous commandez ;
l’énergie qui manque avant votre prochain trajet.
Ces scénarios ne se convertissent pas en autonomie WLTP et ne disent rien de la rentabilité de l’option, dont le prix ne figure pas dans notre dossier. Ils ne constituent pas non plus une comparaison mesurée entre versions commerciales. Si vous vous arrêtez surtout pour faire vos courses, notre analyse sur les minutes ajoutées pendant un arrêt complète utilement ce calcul. Avant de commander, demandez surtout la fiche technique de la version exacte et repérez la puissance de vos bornes habituelles.
Rédigé par Alexandra Dujonc
Après des études en ingénierie électrique, j'ai travaillé sur des projets de recherche et de développement visant à améliorer la capacité de recharge des voitures électriques dont j'en ai fait ma spécialité ! Je mets à votre disposition mes connaissances approfondies sur le sujet de la recharge électrique.
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