Ioniq 5 N : un youtubeur améliore l’autonomie de 12 % avec un simple petit changement
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Alpine ne fait pas les choses à moitié. Alors que la majorité des constructeurs se contentent de transposer leurs modèles thermiques en versions électriques sans trop s’interroger sur les compromis, la marque de Dieppe prend une direction différente avec sa future A110 électrique. Un prototype baptisé “A110 Future” sera présenté au Festival of Speed de Goodwood en 2026, et les détails techniques qu’Alpine livre au compte-gouttes valent vraiment qu’on s’y attarde. Ce n’est pas une promesse vague : c’est un cahier des charges précis, avec des choix techniques qui tranchent nettement par rapport à la concurrence.
Si vous connaissez l’A110 thermique, vous savez que sa légèreté est au cœur de son identité. 1 140 kg sur la balance pour la version actuelle, c’est une performance rare dans le monde des sportives modernes. Pour la version électrique — qui constitue la troisième génération du modèle après les éditions de 1963 et 2017 — atteindre ce niveau de masse reste hors de portée. La physique des batteries impose ses contraintes, et Alpine ne prétend pas les avoir résolues par magie. Ce que la marque affirme, en revanche, c’est que la réduction du poids est l’une des priorités absolues du programme, et les choix d’ingénierie le confirment.
Les éléments de suspension seront entièrement réalisés en aluminium, une décision qui alourdit les coûts de fabrication mais allège efficacement les masses non suspendues, ce qui a un impact direct sur le ressenti dynamique. Alpine annonce également de nouveaux systèmes intégrés de freinage et de direction, une formulation technique qui laisse entendre une refonte complète de ces composants pour les adapter à l’architecture électrique sans sacrifier la précision de conduite. Audi, avec son propre projet de sportive électrique, affiche des ambitions similaires sur ce point, ce qui montre que le sujet est pris au sérieux dans l’industrie.

C’est probablement l’aspect le plus intéressant du projet. Alpine a développé une nouvelle plateforme maison appelée Alpine Performance Platform, fonctionnant en 800 volts. Mais ce qui distingue vraiment cette architecture, c’est la manière dont la batterie est positionnée. Plutôt que d’opter pour un plancher plat de type skateboard — comme le font la quasi-totalité des constructeurs — Alpine a choisi de scinder le pack en deux parties : une à l’avant, une à l’arrière du véhicule.
Ce choix n’est pas anodin. Un plancher-batterie classique contraint à rehausser le centre de gravité et le siège du conducteur, ce qui nuit à la sensation de proximité avec la route. En divisant le pack, Alpine peut maintenir une répartition des masses de 40 % à l’avant et 60 % à l’arrière, caractéristique des sportives à moteur central comme l’A110 actuelle. C’est précisément cette configuration qui donne à la voiture son comportement joueur en virage, avec une tendance naturelle au survirage que les amateurs de conduite apprécient. Conserver cet équilibre dans une voiture électrique est un défi réel, et Alpine l’a clairement identifié comme non négociable.
La batterie de l’A110 électrique adopte une conception cell-to-pack, c’est-à-dire que les cellules sont intégrées directement dans le pack sans passer par des modules intermédiaires. Le gain en densité énergétique et en compacité est réel, ce qui contribue à limiter la masse totale de l’ensemble. Le revers de cette approche est une réparabilité plus complexe en cas de dommage : impossible de remplacer un module de quelques dizaines de cellules comme sur d’autres architectures. C’est un compromis que certains constructeurs refusent, mais qu’Alpine accepte au nom de la performance et de la légèreté.
Côté motorisation, Alpine table sur un essieu arrière électrique inédit équipé de deux moteurs associés à un onduleur en carbure de silicium — une technologie qui améliore le rendement énergétique à haute vitesse. Les chiffres de puissance ne sont pas encore communiqués, mais la présence de deux moteurs indépendants à l’arrière ouvre la voie à une vectorisation active du couple : chaque roue peut recevoir une quantité de couple différente, ce qui permet de moduler le comportement en virage avec une précision chirurgicale. C’est très probablement le mécanisme qu’Alpine compte utiliser pour reproduire, voire amplifier, le caractère ludique de la version thermique.
Sur le plan esthétique, le prototype A110 Future qui sera présenté à Goodwood s’appuie sur une carrosserie dérivée de l’A110 actuelle, mais avec des ailes élargies. Ce détail suggère que la version de série adoptera une voie plus large, un choix cohérent avec l’augmentation inévitable de la masse et les exigences de stabilité à haute vitesse. L’identité visuelle restera donc dans la continuité directe du modèle actuel, ce qui devrait rassurer les puristes.
Alpine ne s’arrête pas là. La marque prévoit également une version roadster de l’A110 électrique, ainsi qu’un modèle plus grand baptisé A310, un coupé 2+2 basé sur la même plateforme et attendu aux alentours de 2028. Ce dernier s’adressera à un public légèrement différent, cherchant un peu plus d’espace sans renoncer au plaisir de conduire. La gamme Alpine électrique prend donc forme progressivement, avec une cohérence technique et une logique de montée en gamme qui semble bien construite. La commercialisation de l’A110 électrique est attendue pour 2027, et d’ici là, les données techniques devraient se préciser, notamment sur la puissance totale et l’autonomie réelle.
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