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BMW déterre une vieille technologie pour ses nouveaux SUV électriques

Philippe Moureau

Le constructeur bavarois prépare une déclinaison entièrement électrique de son SUV phare, le X5, en y intégrant une technologie qu’il avait déjà expérimentée sur sa petite i3 : le prolongateur d’autonomie REx. Cette stratégie pourrait surprendre, surtout après les déclarations récentes du PDG Oliver Zipse qui questionnait la logique financière de cette approche. Pourtant, BMW semble déterminé à réintroduire cette solution pour répondre aux préoccupations d’autonomie de ses clients.

Le marché européen des véhicules électriques traverse une période contrastée. Si les ventes repartent à la hausse dans plusieurs pays européens, la France connaît un recul notable. L’autonomie reste l’un des freins principaux à l’adoption, malgré les progrès constants des réseaux de recharge rapide. C’est dans ce contexte que BMW relance cette technologie hybride particulière.

Le retour d’une technologie déjà éprouvée

Le prolongateur d’autonomie n’est pas une nouveauté chez BMW. La marque l’avait déjà déployé sur sa i3 REx en 2013, à une époque où l’infrastructure de recharge était encore balbutiante. Ce système consiste à embarquer un petit moteur thermique qui ne transmet pas sa puissance aux roues, mais sert uniquement de générateur pour alimenter la batterie en cours de route.

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Selon les informations du magazine britannique Autocar, le conseil d’administration de BMW examine actuellement les spécifications finales de ce nouveau prolongateur avec les équipes d’ingénieurs. Le contrat de production pourrait être signé rapidement, confirmant ainsi le retour de cette technologie sur un modèle premium. Cette décision marque un revirement stratégique notable pour la marque, qui semblait avoir abandonné cette voie après l’arrêt de la i3.

Spécifications techniques du nouveau système REx

Le système développé par BMW pour le futur X5 électrique s’appuiera sur une batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) fournie par le géant chinois CATL. Cette chimie équipera l’ensemble des futures générations électriques de la marque et présente l’avantage d’être 20 % plus dense que les batteries LFP actuelles.

Deux versions du prolongateur sont prévues :

  • Une version avec un moteur thermique de 148 chevaux
  • Une version plus puissante de 201 chevaux

Le X5 électrique bénéficiera également de l’architecture 800 volts de BMW, permettant une recharge plus rapide. Les nouvelles cellules cylindriques de sixième génération promettent des performances remarquables : autonomie augmentée de 30 %, recharge 30 % plus rapide, et une efficacité énergétique améliorée de 20 %. Ces avancées techniques s’accompagnent d’une réduction des coûts de production divisés par deux.

Les défis réglementaires et commerciaux

L’intégration d’un prolongateur d’autonomie soulève des questions réglementaires complexes. En France, un véhicule équipé de cette technologie n’est pas considéré comme purement électrique, ce qui le prive du bonus écologique. Cette classification pourrait freiner son adoption sur le marché français, où les incitations financières jouent un rôle déterminant dans les choix des consommateurs.

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La situation diffère au niveau européen, où ces véhicules conservent leur statut électrique. Reste la question de la production : si le X5 électrique était fabriqué en Chine, il serait soumis aux nouveaux droits de douane imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois. BMW n’a pas encore communiqué sur le lieu de production de ce modèle.

AspectFranceUnion européenne
Classification véhiculeNon-électriqueÉlectrique
Bonus écologiqueNon éligibleÉligible selon pays
Droits de douane (si production chinoise)ApplicablesApplicables

Une tendance qui se confirme dans l’industrie

BMW n’est pas isolé dans cette démarche. Volkswagen envisage également d’introduire des prolongateurs d’autonomie sur le marché européen, tandis que plusieurs constructeurs chinois comme Leapmotor avec son C10 REEV misent déjà sur cette technologie. Cette convergence suggère que le prolongateur d’autonomie pourrait devenir une solution transitoire viable pour rassurer les consommateurs encore réticents face aux contraintes de l’électrique pur.

La stratégie de BMW avec le X5 électrique s’inscrit dans une approche pragmatique. Le SUV sera proposé avec un éventail complet de motorisations : essence, diesel, hybride rechargeable, hydrogène et désormais électrique avec prolongateur. Cette diversification permet à la marque de répondre aux attentes variées de sa clientèle tout en préparant la transition vers l’électrification complète.

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Le succès de cette approche dépendra largement de l’évolution des réglementations nationales et de l’acceptation du marché. Si les constructeurs semblent convaincus de l’intérêt du prolongateur d’autonomie, les consommateurs devront arbitrer entre les avantages en termes d’autonomie et les inconvénients financiers potentiels selon leur pays de résidence.

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