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Budget 2026 : les automobilistes français face à une pression fiscale sans précédent

Philippe Moureau

Le projet de loi de finances 2026 redistribue les cartes pour les automobilistes français. Après l’arrêt complet du bonus écologique en juillet dernier, l’État resserre l’étau avec de nouvelles mesures fiscales qui toucheront directement votre porte-monnaie. Entre suppressions d’aides, durcissement des malus et remise en question des niches fiscales, vous devrez adapter votre stratégie d’achat automobile.

L’Assemblée nationale examine actuellement ce budget dans un contexte politique tendu, sans majorité absolue. Cette situation complexifie les débats, mais certaines mesures ont déjà été votées l’année dernière et s’appliqueront automatiquement dès janvier 2026, quoi qu’il arrive.

La fin programmée des aides publiques à l’automobile

Vous vous souvenez peut-être du bonus écologique qui pouvait atteindre plusieurs milliers d’euros pour l’achat d’une voiture électrique. Cette époque est révolue. Depuis juillet 2025, l’État s’est complètement retiré de ce dispositif, transférant sa gestion aux fournisseurs d’énergie via les Certificats d’Économies d’Énergie. Le “coup de pouce véhicules électriques” qui a remplacé le bonus traditionnel ne bénéficie plus d’aucun financement public.

Cette transformation fait suite à une division par deux des budgets consacrés aux aides automobiles entre 2024 et 2025, passant d’environ 1,5 milliard d’euros à moins de 800 millions. La prime à la casse avait déjà tiré sa révérence définitivement en 2025. Le leasing social suit le même chemin, désormais financé exclusivement par les acteurs privés de l’énergie.

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Parallèlement, l’avenir du crédit d’impôt de 500 euros pour l’installation de bornes de recharge domestiques reste incertain. Ce dispositif, prévu jusqu’au 31 décembre 2025 selon l’article 200 quater C du code général des impôts, nécessite une prolongation explicite pour survivre en 2026. Son montant avait pourtant été revalorisé de 300 à 500 euros en 2024, reconnaissant son utilité pour accompagner la transition électrique des particuliers.

L’E85 dans le viseur du fisc

Si vous roulez à l’E85, préparez-vous à un choc. Ce biocarburant, actuellement vendu aux alentours de 75 centimes le litre, doit sa compétitivité à une fiscalité particulièrement avantageuse. Le gouvernement souhaite y mettre fin progressivement, ce qui pourrait entraîner une hausse de 40 à 50 centimes par litre d’ici 2028, uniquement sur la partie taxes.

Cette mesure remettrait en question la rentabilité des kits de conversion E85, dont l’amortissement deviendrait beaucoup plus long. Même si l’E85 resterait théoriquement moins cher que le SP95, l’écart se réduirait considérablement. La commission des finances a déjà rejeté cette proposition, mais elle pourrait resurgir lors des débats à l’Assemblée.

Des malus automatiquement durcis dès janvier 2026

Contrairement aux autres mesures encore en discussion, le renforcement des malus est déjà acté. Les votes de la loi de finances 2025 ont programmé des hausses automatiques que vous subirez dès le 1er janvier 2026, indépendamment des débats actuels.

  • Le malus CO2 débutera à 108 g/km au lieu de 113 g/km actuellement
  • Le montant maximal passera de 70 000 à 80 000 euros pour les véhicules émettant plus de 191 g/km
  • En 2027, le seuil descendra encore à 103 g/km avec un plafond à 90 000 euros
  • Le projet 2026 prévoit même un malus dès 98 g/km en 2028, culminant à 100 000 euros
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À ce rythme, même un Renault Captur hybride, actuellement homologué à partir de 99 g/km, serait taxé en 2028. Cette progression illustre la volonté gouvernementale de pousser massivement vers l’électrification du parc automobile français.

Le malus au poids s’étend aux voitures électriques

Le malus au poids subit lui aussi un durcissement significatif. Actuellement appliqué à partir de 1600 kg, il débutera dès 1500 kg en 2026, avec une progressivité renforcée. La taxation s’échelonne de 10 euros par tranche pour les véhicules entre 1500 et 1799 kg, jusqu’à 30 euros pour ceux dépassant 2100 kg.

La vraie révolution intervient le 1er juillet 2026 : certaines voitures électriques seront pour la première fois soumises au malus au poids. Seules les électriques n’ayant pas obtenu un éco-score suffisant seront concernées, avec un abattement de 600 kg. Cette mesure vise particulièrement les SUV électriques haut de gamme, souvent très lourds.

Type de véhiculeAbattement 2026Statut malus poids
Électriques éco-scorésExemption totaleMaintenue jusqu’en 2028
Électriques non éco-scorés600 kgApplicable dès juillet 2026
Hybrides100 kgMaintenu jusqu’en 2028
Hybrides rechargeables200 kgMaintenu jusqu’en 2028

Ces évolutions témoignent d’une approche plus fine de la fiscalité écologique, ne se contentant plus de distinguer électrique et thermique, mais intégrant des critères de performance environnementale globale. Votre prochain achat automobile devra intégrer ces nouvelles contraintes fiscales, qui transforment progressivement le paysage de l’industrie automobile française vers une électrification massive mais sélective.

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