Quelle voiture électrique conserve le mieux sa batterie ? La réponse d’une étude massive
Si vous envisagez d’acheter une voiture électrique d’occasion, ou si vous vous demandez ce que vaut encore la batterie de […]
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Le transport routier électrique progresse, mais l’autonomie reste le nerf de la guerre pour convaincre les professionnels. Tesla et Mercedes-Benz ont certes démontré qu’un poids lourd électrique peut dépasser les 650 km d’autonomie, mais pour de nombreux transporteurs, ce chiffre ne suffit pas encore à justifier la transition. C’est dans ce contexte que l’équipementier allemand Mahle propose une réponse pragmatique : un système de prolongation d’autonomie tout-en-un, conçu pour s’intégrer directement dans les camions électriques existants, sans modification structurelle majeure.
Le principe du prolongateur d’autonomie développé par Mahle est aussi simple qu’ingénieux sur le plan technique. Le dispositif est conditionné dans un boîtier unique, dimensionné pour occuper exactement le même espace que quelques modules de batterie sur un tracteur électrique standard. Concrètement, vous retirez environ un tiers de la capacité de batterie du véhicule, et vous installez à la place ce bloc autonome. Pas besoin de revoir l’architecture du châssis ni d’adapter l’électronique embarquée de fond en comble.
À l’intérieur de ce boîtier se trouvent tous les composants nécessaires à son fonctionnement : un moteur diesel compact, un générateur haute tension, un réservoir de carburant, un réservoir d’AdBlue, un système de traitement des gaz d’échappement, ainsi qu’un circuit de refroidissement dédié. C’est un écosystème complet en miniature, conçu pour fonctionner de manière totalement autonome au sein du véhicule. Le générateur n’est pas mécaniquement relié aux roues motrices : il envoie entre 110 et 130 kilowatts directement au système de traction électrique, agissant ainsi comme une centrale de production d’énergie embarquée.
En retirant un tiers de la capacité de batterie pour installer ce prolongateur, le bilan en termes de poids est positif. La charge sur l’essieu arrière diminue d’environ 400 kilogrammes, et le poids total du véhicule se réduit de près de 600 kilogrammes. Pour un transporteur, ce gain se traduit directement en capacité de chargement supplémentaire, ce qui représente un argument économique solide dans un secteur où chaque kilo compte.
Du côté de l’autonomie, Mahle annonce un rayon d’action total dépassant les 800 km, avec une répartition approximativement équilibrée : environ 400 km assurés par la batterie restante, et les 400 km suivants couverts par le prolongateur diesel. Ce niveau d’autonomie permet d’envisager des liaisons longue distance sans escale de recharge, ce qui répond directement à l’une des principales objections des professionnels du transport face à l’électrique.
Mahle met en avant la compatibilité de son moteur diesel avec les biocarburants, notamment le HVO100, un biodiesel de synthèse qui permet d’atteindre des émissions de CO₂ quasi nulles selon l’entreprise, en prenant en compte le cycle de vie complet du carburant. C’est un argument séduisant, mais qui reste conditionné à l’approvisionnement effectif en HVO100, encore loin d’être généralisé sur les réseaux de distribution européens.
Dans un scénario plus réaliste, avec du gazole conventionnel, Mahle avance tout de même une réduction des émissions de CO₂ d’environ 80 % par rapport à un camion diesel traditionnel. Ce chiffre prend en compte l’ensemble du trajet, y compris les phases où le camion roule uniquement sur batterie. Pour un parc qui ne peut pas encore se permettre de dépendre exclusivement d’une infrastructure de recharge jugée insuffisante, ce compromis peut s’avérer acceptable d’un point de vue réglementaire et environnemental.
Marco Warth, vice-président chargé de la recherche et de l’ingénierie avancée chez Mahle, résume bien la philosophie du produit : « Notre prolongateur d’autonomie est la clé pour dissocier le déploiement des camions électriques du rythme insuffisant du développement des infrastructures. Si une borne est occupée, ou si des itinéraires alternatifs s’imposent à cause des conditions météo ou des embouteillages, d’autres flottes peuvent se retrouver bloquées. Un camion électrique équipé d’un prolongateur d’autonomie, lui, continue sa route. »
C’est précisément ce point qui rend la solution de Mahle crédible aux yeux des opérateurs de transport. Le réseau de recharge pour poids lourds reste encore très hétérogène en Europe, avec des disparités importantes selon les axes et les pays. Un véhicule capable de pallier une borne indisponible ou un détour imprévu sans perdre en opérationnalité représente un filet de sécurité que beaucoup de gestionnaires de flotte ne sont pas prêts à sacrifier, quelle que soit leur bonne volonté écologique.
Ce système a été présenté au salon IAA Transportation de Hanovre, qui s’est tenu en septembre 2025. Depuis, les discussions avec les constructeurs de poids lourds se sont intensifiées. La question n’est plus de savoir si ce type de solution trouvera preneur, mais à quelle vitesse les acteurs du secteur seront prêts à l’intégrer dans leurs offres commerciales, à mesure que les exigences réglementaires sur les émissions se resserrent et que la pression sur les flottes professionnelles s’accentue.
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