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Donut Lab fait beaucoup parler d’elle depuis le CES de janvier dernier. Cette startup finlandaise promet une batterie à électrolyte solide aux performances si spectaculaires qu’elles ont suscité l’incrédulité de toute l’industrie. Le patron de Svolt Energy est même allé jusqu’à qualifier le projet d’arnaque pure et simple. Aujourd’hui, les premiers résultats de tests indépendants viennent d’être publiés par le centre de recherche technique VTT, organisme d’État finlandais reconnu. Que révèlent-ils vraiment ? La réponse est plus nuancée qu’on pourrait l’espérer.
Le rapport VTT (référence VTT-CR-00092-26) porte sur une cellule unique de 26 Ah testée dans une chambre climatique avec un équipement professionnel PEC ACT0550. Les ingénieurs ont soumis la batterie à deux régimes de charge extrêmes : 5C (130A) et 11C (286A), en utilisant un protocole standard jusqu’à une tension de 4,3V. Avant et après chaque charge, la cellule était déchargée à 1C pour vérifier que la capacité totale restait disponible.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À 11C avec deux dissipateurs thermiques, la cellule atteint 80% de charge en exactement 4,5 minutes. Pendant ce temps, la température de surface grimpe de 26,5°C à 63°C. À 5C avec un seul dissipateur, la charge complète s’accompagne d’une élévation de 27°C à 61,5°C. Avec deux dissipateurs à 5C, la température culmine seulement à 47°C depuis un départ à 23,4°C. Sur le papier, c’est effectivement remarquable.
Voici où les choses se compliquent. Lors du test à 11C avec un seul dissipateur, la configuration qui se rapproche le plus d’une gestion thermique minimale, la température de surface a atteint le seuil de sécurité de 90°C. VTT a dû interrompre l’essai, laisser refroidir la cellule pendant quatre minutes, puis resserrer le montage pour améliorer le contact thermique avant de reprendre.
Ce détail a son importance. Donut Lab a commercialisé cette batterie comme ne nécessitant aucun refroidissement actif. Les faits racontent une histoire différente. À des taux de charge de 11C, même une gestion thermique passive avec un dissipateur s’avère insuffisante. Dans un véhicule réel, maintenir ces vitesses de charge de manière répétée exigera un système de refroidissement actif. Ce n’est pas rédhibitoire, mais l’écart entre le discours marketing et la réalité mesurée mérite d’être souligné.
Le rapport VTT ne traite qu’un seul aspect : la vitesse de charge. Les spécifications qui ont attiré les critiques les plus virulentes de l’industrie n’ont fait l’objet d’aucun test indépendant. Voici ce qui manque cruellement à l’appel :
Le paysage des batteries à électrolyte solide offre un éclairage utile. BYD vise une production en petites séries d’ici 2027. CATL suit un calendrier similaire. Toyota cible la production de masse pour 2030. Geely prévoit son premier pack solide cette année. Aucun de ces acteurs établis ne prétend disposer aujourd’hui d’une cellule de production réunissant toutes les spécifications de Donut Lab simultanément.
Soit la startup finlandaise a véritablement devancé toute l’industrie, soit l’ensemble de ses revendications ne résistera pas à des tests approfondis. Ce premier rapport VTT ne tranche pas la question. Le PDG de Donut Lab, Marko Lehtimäki, a engagé sa réputation personnelle en promettant que la technologie équiperait les motos Verge d’ici quelques semaines. La société a créé un site dédié appelé “I Donut Believe” et une série vidéo lancée récemment pour diffuser ces résultats.
Les données de charge rapide sont authentiques. Une cellule solide de 26 Ah atteignant 80% en 4,5 minutes à 11C, vérifiée par un laboratoire d’État crédible, constitue un résultat significatif. Sur ce point précis, Donut Lab devance effectivement la plupart des développeurs de batteries solides. Mais la vitesse de charge n’a jamais été la revendication que l’industrie a jugée impossible.
Les données thermiques sont révélatrices. Atteindre un seuil de sécurité de 90°C à 11C avec un seul dissipateur montre que cette batterie nécessitera une gestion thermique appropriée aux taux de charge maximaux, contrairement au discours marketing. Pour la majorité des utilisations en pack batterie, les cellules ne seront probablement jamais poussées à 11C, ce qui rend la revendication de Donut Lab techniquement vraie pour des usages standards avec refroidissement limité.
Ce dont nous avons réellement besoin, c’est d’une vérification indépendante de la densité énergétique de 400 Wh/kg et de données concrètes sur la durée de vie en cyclage. Ce sont ces affirmations que Svolt a qualifiées de contradictoires et que les scientifiques spécialisés estiment incompatibles avec la chimie actuelle. Donut Lab annonce que d’autres rapports VTT suivront dans les semaines à venir. Lehtimäki a promis des motos Verge équipées de cette batterie au premier trimestre 2026, qui se termine dans cinq semaines. L’heure tourne, et le secteur attend de voir si ces promesses extraordinaires tiendront face à un examen complet et rigoureux.
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