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La Dodge Charger électrique roule avec une batterie semi-solide inédite

Michael Ptaszek

Stellantis vient de franchir une étape concrète dans la course aux batteries de nouvelle génération. Le groupe américano-européen, maison mère de Dodge, Jeep ou encore Ram, a annoncé le démarrage de tests en conditions réelles d’une batterie semi-solide embarquée dans une Dodge Charger Daytona électrique. Pas un test en laboratoire, pas une simulation : la voiture roule vraiment sur route ouverte. Voici ce que cela signifie concrètement pour vous, en tant que futur conducteur de véhicule électrique.

Une Dodge Charger Daytona électrique comme cobaye pour la batterie semi-solide

Le partenaire technologique de Stellantis dans cette aventure est Factorial Energy, une startup basée dans le Massachusetts spécialisée dans les technologies de batteries avancées. C’est leur cellule dite FEST — à chimie semi-solide — qui a été intégrée dans le pack de la Charger Daytona EV. L’électrolyte utilisé n’est pas entièrement solide, contrairement à ce que laisse entendre le terme “solid-state” : il s’agit d’un électrolyte gélifié, une approche intermédiaire qui permet de contourner certaines des difficultés de fabrication des batteries tout-solide, tout en conservant des avantages significatifs par rapport aux batteries lithium-ion classiques.

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Stellantis précise que l’intégration de ce pack a nécessité le développement d’une architecture mécanique brevetée, conçue pour tirer le meilleur parti des cellules de Factorial. Le véhicule de développement sert à valider la sécurité, les performances et la fiabilité de l’ensemble dans des conditions de conduite et de charge réelles. Ned Curic, directeur général de l’ingénierie et de la technologie chez Stellantis, résume l’objectif : « Ce jalon montre que nous rapprochons les batteries solides de nos clients, avec le potentiel d’une plus grande autonomie, d’une recharge plus rapide et de coûts réduits. »

Des chiffres techniques qui méritent l’attention

Concrètement, qu’est-ce que cette technologie apporte par rapport à une batterie lithium-ion conventionnelle ? La cellule FEST affiche une densité énergétique de 375 Wh/kg. À titre de comparaison, les batteries lithium-ion actuelles se situent généralement entre 200 et 300 Wh/kg. C’est donc un bond notable, qui ouvre la voie à des packs plus légers pour une autonomie équivalente, ou à une autonomie accrue sans alourdir le véhicule.

  • Densité énergétique : 375 Wh/kg (contre 200 à 300 Wh/kg pour le lithium-ion standard)
  • Recharge de 15 à 90 % en seulement 18 minutes
  • Plage de température de fonctionnement : de -30 °C à +45 °C
  • La Charger Daytona EV actuelle charge de 10 à 80 % en environ 30 minutes avec sa batterie lithium-ion
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Le gain sur la vitesse de recharge est particulièrement parlant : passer de 30 minutes pour une charge partielle à 18 minutes, c’est une réduction de 40 % du temps passé en borne. Pour un usage quotidien ou un long trajet, cette différence est loin d’être anecdotique. La résistance aux températures négatives est également un point sensible pour les automobilistes français, qui savent que les batteries lithium-ion souffrent sensiblement l’hiver.

Ce test s’inscrit dans une course mondiale aux batteries solides

Stellantis n’est pas seul sur ce terrain. BMW teste depuis l’année dernière des cellules tout-solide développées par la startup américaine Solid Power dans un prototype de Série 7 (i7), avec le soutien de Samsung SDI pour la validation industrielle. Toyota poursuit son propre programme, annoncé depuis plusieurs années. Du côté chinois, des constructeurs comme BYD, Nio et MG Motor travaillent activement sur des batteries à électrolyte solide, avec des calendriers de commercialisation annoncés pour la seconde moitié de la décennie.

Factorial, de son côté, a déjà une référence terrain : ses cellules semi-solides ont été installées l’an dernier dans un prototype de Mercedes-Benz EQS, qui a parcouru un trajet transcontinental en Europe. Le résultat : 1 205 km avalés sur une seule charge, avec encore 137 km d’autonomie restante à l’arrivée. Ces chiffres restent ceux d’un prototype optimisé en conditions contrôlées, mais ils donnent une idée du potentiel de la technologie.

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Batterie semi-solide aujourd’hui, tout-solide demain ?

Ce qui rend cette phase de tests particulièrement stratégique pour Factorial, c’est qu’elle alimente directement le développement de leur future batterie tout-solide baptisée Solstice. Les données recueillies sur les cellules semi-solides en conditions réelles — comportement thermique, cycles de charge, vieillissement — constituent une base d’apprentissage précieuse que les seuls bancs d’essai en laboratoire ne peuvent pas reproduire.

Pour Stellantis, l’enjeu est clair : rester compétitif face à des constructeurs qui investissent massivement dans la prochaine génération de stockage d’énergie. Les batteries solides sont depuis longtemps promises comme la solution aux limites actuelles des véhicules électriques — autonomie insuffisante, recharge lente, dégradation par le froid — mais leur industrialisation s’est révélée beaucoup plus complexe que prévu. Les tests sur route d’une Charger Daytona ne changeront pas cela du jour au lendemain, mais ils marquent un passage concret du stade expérimental vers quelque chose de plus tangible. Et pour vous, conducteur ou futur acheteur, c’est exactement ce type de validation terrain qui précède les premières intégrations en série.

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