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Il y a encore quelques années, citer BYD ou Xpeng dans une concession française aurait provoqué des regards perplexes. Aujourd’hui, ces constructeurs s’affichent dans les statistiques officielles du marché automobile français avec des chiffres qui méritent qu’on s’y attarde sérieusement. Le premier semestre 2026 offre une photographie intéressante de leur progression réelle, sans fioritures.
Le marché automobile français dans son ensemble a progressé de 1,8 % sur les six premiers mois de l’année, avec 857 188 immatriculations de voitures neuves particulières toutes motorisations confondues. C’est dans ce contexte de légère embellie que les marques d’origine chinoise ont continué leur progression, avec des dynamiques très différentes selon les constructeurs et les types de motorisation.
Renault (150 738 unités), Peugeot (113 480) et Dacia (68 953) continuent de dominer le podium sans être inquiétées. Les marques chinoises ne sont pas encore dans cette catégorie, mais leur poids collectif a franchement changé de dimension. En additionnant les volumes de quatorze marques distribuées en France — MG, BYD, Jaecoo, Leapmotor, Xpeng, Geely, Omoda, Lynk&Co, Skyworth, Zeekr, Aion, Hongqi, Aiways et Dongfeng — on obtient 41 048 immatriculations entre janvier et juin 2026, soit 4,8 % du marché.
Ce chiffre peut sembler modeste, mais il prend tout son sens quand on le compare à la situation un an plus tôt : à périmètre comparable, ces mêmes marques représentaient environ 2,6 % du marché. La part de marché a donc pratiquement doublé en un an. Ce n’est pas anodin, et les constructeurs européens l’ont bien compris.
MG reste la référence incontournable parmi les marques chinoises présentes en France. Avec 16 417 immatriculations et une hausse de +25,1 %, la marque — d’origine britannique mais désormais propriété du groupe chinois SAIC — confirme son ancrage sur le marché hexagonal. Mais c’est BYD qui impressionne le plus par sa dynamique : 13 546 unités livrées, en progression de +140,2 %. Le constructeur de Shenzhen s’est rapproché de MG à grande vitesse, et l’écart entre les deux pourrait se réduire encore dans les prochains mois.
À elles seules, MG et BYD concentrent près des trois quarts de tous les volumes chinois en France. Derrière elles, voici le classement complet :
| Rang | Marque | Volume (S1 2026) | Évolution |
|---|---|---|---|
| 1 | MG | 16 417 | +25,1 % |
| 2 | BYD | 13 546 | +140,2 % |
| 3 | Jaecoo | 3 872 | Nouveau |
| 4 | Leapmotor | 3 364 | +139,8 % |
| 5 | Xpeng | 3 288 | +126,8 % |
| 6 | Geely | 191 | Nouveau |
| 7 | Omoda | 128 | Nouveau |
| 8 | Lynk&Co | 115 | -81 % |
| 9 | Skyworth | 74 | Nouveau |
| 10 | Zeekr | 42 | Nouveau |
La très belle surprise vient de Jaecoo, qui n’existait tout simplement pas sur le marché français l’an dernier et qui s’installe directement en troisième position avec 3 872 immatriculations. Leapmotor et Xpeng affichent eux aussi des progressions supérieures à 120 %. Seul Lynk&Co recule sévèrement, avec seulement 115 exemplaires livrés.
Si l’on s’attendait à voir les marques chinoises dominer sur le tout-électrique, c’est finalement sur le marché de l’hybride rechargeable (PHEV) que leur influence est la plus frappante. BYD y place trois modèles parmi les meilleures ventes : l’Atto 2 (3 663 unités), la Seal U (2 010) et la Sealion 5 (1 666), qui sont les trois PHEV les plus vendus de juin 2026, toutes origines confondues.
Ce positionnement est révélateur d’une stratégie commerciale plus fine que ce qu’on leur prêtait initialement. Les constructeurs chinois ne misent plus uniquement sur le zéro émission pour séduire les automobilistes français : ils ciblent aussi ceux qui hésitent encore à franchir le pas du 100 % électrique, en leur proposant des véhicules hybrides rechargeables capables de fonctionner au quotidien en mode électrique tout en offrant une autonomie thermique rassurante pour les longs trajets. C’est une approche pragmatique qui semble porter ses fruits.
Sur le segment du 100 % électrique, les marques chinoises restent loin des leaders. La Tesla Model Y (22 635 unités), la Renault 5 (20 664) ou la Renault Scénic électrique (13 127) écrasent la concurrence. Le meilleur résultat côté chinois revient au Xpeng G6 avec 2 714 unités, suivi de la Leapmotor T03 (2 087), du BYD Sealion 7 (1 464), du BYD Dolphin Surf (1 220) et du BYD Atto 2 en version électrique (882).
Les progressions en pourcentage sont impressionnantes — le BYD Dolphin Surf affiche +194,7 %, le Xpeng G6 +148 % — mais les volumes restent encore modestes face aux références européennes. La mise en place de l’éco-score a joué un rôle déterminant dans cette situation. Ce dispositif, qui conditionne l’accès au bonus écologique à des critères environnementaux liés à la fabrication du véhicule, pénalise lourdement les modèles produits en Chine. MG, par exemple, ne représente plus que 1,1 % des ventes de véhicules électriques en France au premier semestre 2026. Un impact concret et chiffré sur la compétitivité commerciale de ces modèles.
Sur le marché de l’hybride non rechargeable (HEV), MG impose son rythme avec le MG ZS (5 567 unités, +2,7 %) et la MG3 (4 847 unités, +7,4 %). Ces chiffres restent néanmoins très en deçà des volumes générés par des modèles comme la Renault Clio hybride, qui dépasse les 25 000 unités sur la même période, ce qui donne une perspective réaliste sur l’écart à combler.
Jaecoo s’invite sur ce terrain avec une stratégie offensive et des débuts convaincants : 1 754 unités pour le Jaecoo 5 et 1 432 pour le Jaecoo 7. Pour MG, l’arrivée de ce concurrent direct et sa montée en puissance rapide sur l’hybride simple constituent un signal à ne pas ignorer. À ce rythme, la domination de MG sur le segment HEV chinois pourrait être challengée dès le second semestre 2026, et le marché automobile français, lui, continue d’absorber ces nouvelles offres sans que personne ne puisse encore prédire avec certitude où s’arrêtera cette progression.
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