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Dans quel état est une Tesla après 362 000 km ? Ce test révèle tout

Philippe Moureau

Une question revient souvent chez les acheteurs de voitures d’occasion : combien de kilomètres, c’est trop ? Pour les véhicules thermiques, la réponse semble évidente. Mais qu’en est-il des voitures électriques ? Un test récent mené par le concessionnaire britannique R Symons Electric Vehicles pourrait bien changer votre perception du kilométrage sur une Tesla Model 3.

Un test grandeur nature entre deux Tesla Model 3 aux parcours opposés

Le principe du test était simple mais révélateur : comparer deux Tesla Model 3 Long Range quasi-identiques sur un parcours de 320 kilomètres en conditions réelles. La première affichait seulement 29 000 kilomètres au compteur, tandis que la seconde totalisait 362 000 kilomètres. Même couleur, mêmes jantes, même âge – seul le kilométrage les différenciait, ainsi que les pneumatiques plus récents et plus adhérents sur le modèle fort kilométrage.

Sur le papier, on s’attendrait logiquement à ce que la Tesla la plus roulée montre des signes de faiblesse en matière d’efficience énergétique. Les moteurs électriques, malgré leur simplicité mécanique, devraient théoriquement perdre en rendement après tant de kilomètres parcourus. La réalité s’avère tout à fait différente.

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Des résultats de consommation électrique surprenants

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La Tesla Model 3 peu kilométrée a affiché une consommation de 7,3 km par kWh, tandis que son homologue à fort kilométrage atteignait 7,2 km par kWh. Cette différence de moins de 1 % entre dans la marge d’erreur habituelle de ce type de mesure.

Plus parlant encore : en pourcentage de batterie utilisée sur les 320 kilomètres, les deux véhicules ont consommé exactement 65 % de leur capacité. Le concessionnaire britannique n’a pas hésité à qualifier les résultats d'”exactement identiques”.

VéhiculeKilométrageConsommation (km/kWh)Batterie utilisée (%)
Tesla Model 3 LR #129 000 km7,365%
Tesla Model 3 LR #2362 000 km7,265%

Une batterie lithium-ion qui défie le temps

La Tesla à 362 000 kilomètres conserve encore 89 % de sa capacité de batterie d’origine. Un chiffre remarquable qui démontre la robustesse des accumulateurs lithium-ion de Tesla face aux cycles de charge et décharge répétés. Cette dégradation de seulement 11 % après tant de kilomètres parcourus dépasse les attentes de nombreux propriétaires.

Le système de recharge rapide fonctionne également sans problème, et le véhicule roule toujours avec son moteur électrique et sa batterie d’origine. Aucun remplacement majeur n’a été nécessaire sur la chaîne de traction électrique, contrairement à ce qu’on pourrait observer sur un véhicule thermique équivalent.

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L’avantage structurel du moteur électrique face au thermique

Cette longévité s’explique par la nature même de la motorisation électrique. Là où un moteur à combustion interne se compose de centaines de pièces mobiles – pistons, soupapes, injecteurs, turbos – un moteur électrique ne possède qu’une seule pièce en mouvement : le rotor. Cette simplicité mécanique se traduit par :

  • Moins d’usure des composants internes
  • Absence de vidanges d’huile moteur
  • Pas de remplacement de filtres à air ou à carburant
  • Aucun système de refroidissement complexe
  • Élimination des courroies de distribution

Un véhicule thermique de 362 000 kilomètres aurait probablement nécessité le remplacement de nombreux joints, durites, et autres composants d’usure. Sa consommation de carburant se serait également dégradée avec le temps, phénomène qu’on n’observe visiblement pas sur cette Tesla.

Implications pour le marché de l’occasion électrique

Ces résultats bouleversent les codes du marché automobile d’occasion. Si le kilométrage reste un critère de décote important pour les véhicules thermiques, il pourrait perdre de sa pertinence sur les voitures électriques. Un acheteur pourrait ainsi se tourner vers une Tesla Model 3 à 200 000 kilomètres sans craindre une baisse significative des performances.

Cette durabilité exceptionnelle profite aussi bien aux premiers propriétaires, qui conservent une valeur résiduelle plus élevée, qu’aux acheteurs d’occasion, qui accèdent à la mobilité électrique premium à prix réduit. Le marché de l’électrique d’occasion pourrait ainsi se développer plus rapidement que prévu, alimenté par des véhicules encore performants malgré leur âge.

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La seule variable restant à surveiller demeure la dégradation de la batterie, mais les données actuelles suggèrent qu’elle reste acceptable bien au-delà des besoins de la plupart des automobilistes. Que vous parcouriez 400 000 kilomètres ou que vous conserviez votre véhicule électrique dix ans en roulant peu, la batterie devrait conserver des performances satisfaisantes.

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