3 minutes de recharge pour 80% de batterie : la nouvelle batterie de CATL est indécente
Le fabricant chinois CATL vient de dévoiler sa nouvelle génération de batterie lithium-fer-phosphate (LFP) capable de se recharger intégralement en […]
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Le constructeur japonais Nissan vient d’officialiser l’abandon de son projet d’usine de batteries LFP (lithium-fer-phosphate) qui devait être implantée sur l’île de Kyushu, au sud du Japon. Ce revirement stratégique s’inscrit dans un contexte économique particulièrement difficile pour la marque, autrefois pionnière de la mobilité électrique avec sa Leaf.
Le projet initial représentait un investissement de 1,2 milliard d’euros et promettait la création de 500 emplois. L’usine, dont la mise en service était prévue pour 2028, devait atteindre une capacité de production annuelle de 5 gigawattheures. L’objectif affiché était clair : réduire les coûts de production des batteries de 20 à 30%, un avantage compétitif crucial sur un marché où le prix d’achat reste le principal frein à l’adoption massive des véhicules électriques.
Cette décision intervient alors que le nouveau PDG Ivan Espinosa, qui a remplacé Makoto Uchida en mars dernier, doit faire face à des prévisions financières alarmantes. Nissan anticipe une perte nette comprise entre 700 et 750 milliards de yens (environ 4,6 milliards d’euros) pour l’exercice 2024/2025. Dans ce contexte, l’abandon d’un investissement aussi massif apparaît comme une mesure d’urgence pour limiter l’hémorragie financière.

L’annulation du projet d’usine de batteries s’inscrit dans un plan de restructuration plus large. Nissan a déjà annoncé une réduction de 20% de ses capacités de production mondiales et la suppression d’environ 9 000 postes. Le constructeur envisage également de proposer des départs anticipés à la retraite, principalement dans ses divisions administratives.
Le marché américain, qui représente 30% des activités de Nissan, constitue une source d’inquiétude supplémentaire. L’augmentation des taxes douanières à 25% sur les voitures importées aux États-Unis impacte directement le constructeur japonais, dont 45% des 924 000 véhicules vendus sur le sol américain en 2024 provenaient du Japon ou du Mexique.
Ironie du sort, Nissan fut l’un des premiers constructeurs généralistes à croire au potentiel des voitures électriques avec le lancement de la Leaf en 2010. Mais la concurrence s’est intensifiée, notamment avec l’arrivée en force des constructeurs chinois comme BYD qui dominent désormais le marché avec des modèles performants à prix compétitifs.
Le constructeur japonais se retrouve aujourd’hui dans une position délicate : il doit électrifier sa gamme pour respecter les normes environnementales de plus en plus strictes, mais ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour développer seul sa propre technologie de batteries. Cette situation paradoxale illustre parfaitement les défis auxquels font face les constructeurs historiques dans la transition vers la mobilité électrique.
Face à ces difficultés, Nissan mise sur son partenariat historique avec Renault pour poursuivre son électrification. La stratégie consiste à utiliser les plateformes développées par le constructeur français pour lancer de nouveaux modèles électriques.
La future Nissan Micra s’appuiera ainsi sur la base technique de la Renault 5 électrique. Les prochaines générations de Juke et de Leaf devraient également exploiter les plateformes AmpR du groupe Renault, comme le fait déjà le SUV Ariya avec l’architecture CMF-EV. Cette mutualisation des ressources permettrait à Nissan de proposer des véhicules électriques compétitifs sans supporter l’intégralité des coûts de développement.
| Modèle Nissan | Plateforme Renault | Lancement prévu |
|---|---|---|
| Micra | Renault 5 (AmpR Small) | 2025-2026 |
| Juke | AmpR Medium | 2026 |
| Leaf | AmpR Medium | 2026-2027 |
| Ariya | CMF-EV | Déjà commercialisé |
Malgré cette stratégie d’alliance, l’avenir de Nissan sur le marché des véhicules électriques reste incertain. Sans usine de production de batteries, le constructeur devra s’approvisionner auprès de fournisseurs externes, ce qui limitera sa capacité à réduire les coûts et à maintenir des marges satisfaisantes.
Le groupe japonais a indiqué qu’il “continuerait à travailler sur une stratégie pour fabriquer des batteries adaptée aux besoins du marché”, mais sans préciser les contours de cette approche. Cette formulation vague laisse penser que Nissan pourrait envisager des partenariats avec des producteurs de batteries établis plutôt que de développer ses propres capacités de production.
À l’heure où d’autres constructeurs comme Volkswagen, Stellantis ou General Motors investissent massivement dans leurs propres gigafactories, l’abandon de ce projet par Nissan pourrait être interprété comme un signe de fragilité dans la course à l’électrification. Le constructeur japonais se trouve à un carrefour stratégique : réussir sa transformation électrique avec des moyens limités ou risquer de se faire distancer définitivement par la concurrence.
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