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La première batterie semi-solide est installée dans une voiture électrique de série

Michael Ptaszek

Le constructeur chinois FAW Group vient de franchir une étape importante dans le développement des batteries semi-solides pour véhicules électriques. Le 10 février 2026, le groupe automobile a annoncé l’installation de ce qu’il présente comme la première batterie semi-solide au lithium-manganèse de l’industrie dans un véhicule de production. Cette technologie prometteuse offrirait une autonomie de plus de 1 000 kilomètres, positionnant FAW parmi les précurseurs de cette révolution technologique.

Vous assistez à une course effrénée entre constructeurs automobiles et fabricants de batteries pour démocratiser cette technologie. Les enjeux sont considérables : améliorer significativement la densité énergétique, réduire les temps de charge et étendre l’autonomie des véhicules électriques bien au-delà des standards actuels.

Une densité énergétique record de 500 Wh/kg

La batterie développée par FAW affiche des performances remarquables avec une densité énergétique de 500 Wh/kg au niveau cellule. Cette prouesse technique résulte d’une collaboration entre l’unité batteries de FAW, China Automotive New Energy Battery Technology Co Ltd, et l’équipe de recherche dirigée par l’académicien Chen Jun de l’université de Nankai. Le pack batterie complet atteint une capacité de 142 kWh, permettant d’obtenir cette autonomie exceptionnelle de plus de 1 000 kilomètres selon le cycle d’homologation CLTC.

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Pour vous donner une perspective, cette densité énergétique représente pratiquement le double de celle des batteries lithium-ion traditionnelles actuellement commercialisées. Cette amélioration substantielle découle de la technologie semi-solide qui remplace partiellement l’électrolyte liquide par un matériau solide, réduisant ainsi les risques de fuite et d’emballement thermique tout en augmentant la capacité de stockage.

La bataille technologique fait rage entre les constructeurs chinois

FAW n’est pas seul sur ce terrain. SAIC Motors revendiquait déjà en décembre dernier avoir livré le “premier véhicule électrique semi-solide produit en série” avec la nouvelle MG4. Cette concurrence acharnée entre les constructeurs chinois accélère considérablement le développement de ces technologies avancées.

Dongfeng Motors, autre membre du “Big Four” automobile chinois, teste actuellement des prototypes équipés de batteries à état solide dans des conditions de froid extrême. Le constructeur affirme également pouvoir atteindre une autonomie supérieure à 1 000 kilomètres. Cette diversité d’approches enrichit le paysage technologique :

  • FAW privilégie une solution au manganèse pour ses batteries semi-solides
  • De nombreuses marques chinoises développent des batteries NCM et NCA riches en nickel
  • Toyota, BYD, CATL et Mercedes-Benz misent sur des batteries à base de sulfure

Un calendrier de déploiement progressif jusqu’en 2030

Malgré ces annonces prometteuses, vous devez garder à l’esprit que la production de masse reste encore un défi. Selon les informations relayées par Cailian Press, BYD prévoit de commencer la production de batteries à état solide en 2027, avec une montée en cadence progressive. Cette approche prudente reflète les difficultés industrielles liées à cette technologie complexe.

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Le calendrier semble cohérent across l’ensemble de l’industrie : production limitée à partir de 2027-2028 pour des modèles haut de gamme, puis démocratisation vers 2030. Mercedes-Benz a déjà validé le concept en parcourant 1 205 kilomètres avec un EQS modifié équipé de batteries fournies par l’américain Factorial Energy.

L’hégémonie chinoise sur le marché des batteries se renforce

Ces développements consolident la position dominante de la Chine sur le marché mondial des batteries pour véhicules électriques. Les données de SNE Research révèlent que CATL et BYD totalisent à eux seuls plus de 55% de l’utilisation mondiale de batteries pour véhicules électriques en 2025.

Constructeur/FabricantTechnologieAutonomie annoncéeStatut
FAW GroupSemi-solide lithium-manganèse1000+ kmInstallée
SAIC (MG4)Semi-solideNon communiquéCommercialisée
DongfengÉtat solide1000+ kmTests
Mercedes (EQS)État solide Factorial1205 km validésPrototype

Cette avance technologique chinoise s’explique par des investissements massifs dans la recherche et développement, ainsi que par une approche pragmatique privilégiant le déploiement rapide plutôt que la perfection absolue. Les constructeurs européens et américains devront redoubler d’efforts pour combler leur retard dans cette course aux batteries de nouvelle génération, enjeu stratégique de la transition vers la mobilité électrique.

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