Le constructeur américain Ford vient d’annoncer la suppression de 1000 emplois supplémentaires dans son usine de Cologne en Allemagne, pointant du doigt une demande décevante pour les voitures électriques en Europe. Cette décision s’ajoute aux 4000 suppressions de postes déjà prévues d’ici 2027, soulevant des questions sur la stratégie électrique de la marque sur le Vieux Continent.
Une restructuration massive face à des ventes décevantes
Ford justifie cette nouvelle vague de licenciements par une demande européenne pour les véhicules électriques qui reste “bien en deçà des prévisions de l’industrie”. L’usine de Cologne, qui produit actuellement les modèles Explorer et Capri électriques, va passer d’un fonctionnement en deux équipes à une seule équipe dès janvier 2026. Cette réorganisation s’inscrit dans un plan de restructuration plus large qui touche principalement l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Le site de production allemand a déjà connu des turbulences cette année avec une grève historique qui avait perturbé la production. Ces nouvelles suppressions d’emplois risquent d’aggraver les tensions sociales et d’impacter à nouveau la chaîne de production des véhicules électriques Ford en Europe.
Des investissements massifs qui peinent à porter leurs fruits
L’ironie de la situation réside dans les investissements colossaux consentis par Ford pour cette transition électrique. Le constructeur a injecté près de 2 milliards d’euros pour moderniser l’usine de Cologne et la convertir à la production de véhicules électriques. Malgré cette somme considérable, les résultats commerciaux restent en deçà des attentes.
La gamme électrique européenne de Ford comprend désormais quatre modèles principaux :
L’Explorer, un SUV électrique produit à Cologne
Le Capri, également assemblé en Allemagne
Le Puma Gen-E, version électrique du modèle le plus vendu de Ford en Europe
Le Puma Gen-E a même été le premier véhicule électrique à bénéficier pleinement du programme de subventions britannique Electric Car Grant, avec une réduction de 5000 dollars. Malgré ces atouts, Ford n’arrive pas à convaincre massivement les consommateurs européens.
Des chiffres qui contredisent le discours officiel
La version officielle de Ford sur la faiblesse du marché électrique européen mérite d’être nuancée. Selon les dernières données de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), 1 011 903 véhicules électriques ont été immatriculés dans l’Union européenne lors des sept premiers mois de 2025. Cette progression s’accompagne de hausses spectaculaires dans plusieurs pays clés :
Les statistiques allemandes révèlent la faiblesse spécifique de Ford sur ce segment. Selon l’Office fédéral allemand des transports automobiles (KBA), Ford n’a immatriculé que 10 924 véhicules électriques en Allemagne jusqu’en août, soit moins de 15% des près de 74 000 véhicules vendus par la marque dans le pays.
La concurrence chinoise change la donne
Ford fait face à une concurrence accrue des constructeurs chinois, notamment BYD, qui proposent des véhicules électriques à des prix particulièrement compétitifs. Ces nouveaux acteurs bouleversent l’équilibre du marché européen et mettent sous pression les constructeurs traditionnels, particulièrement les marques américaines qui peinent à séduire les consommateurs européens.
La situation de Ford illustre les difficultés d’adaptation de l’industrie automobile traditionnelle face aux mutations du marché. Alors que le segment électrique progresse globalement en Europe, certains constructeurs peinent à trouver leur place dans ce nouvel écosystème. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité de Ford à redresser sa stratégie électrique européenne et justifier les investissements considérables déjà engagés dans cette transition.
Rédigé par Albert Lecoq
Spécialiste des guides d'achat de voitures électriques, je suis passionné par les nouvelles technologies et je suis un fervent partisan de l'adoption de la technologie électrique et de la mobilité durable.
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