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HARIBO mise sur les camions électriques pour verdir sa logistique en Europe

Philippe Moureau

On ne pense pas forcément aux ours en gélatine quand on parle de transition énergétique dans le transport de marchandises, et pourtant. HARIBO, l’une des marques de confiserie les plus connues au monde, vient d’annoncer le déploiement de semi-remorques électriques pour assurer une partie de ses livraisons en Europe. Un choix logistique concret, chiffré, et qui mérite qu’on s’y attarde.

Des semi-remorques électriques Mercedes-Benz sur les routes allemandes et néerlandaises

C’est en partenariat avec la société de transport Recht Logistik que le géant allemand de la confiserie déploie désormais des camions électriques sur plusieurs de ses axes logistiques stratégiques. Les routes concernées relient les sites de Grafschaft, Neuss et Eindhoven — des trajets réguliers que HARIBO considère comme particulièrement adaptés à l’électrique, en raison de leur prévisibilité et de la maîtrise des distances parcourues.

Les véhicules utilisés sont des Mercedes-Benz eActros 600, reconnaissables sur les visuels diffusés par la marque même si HARIBO ne les nomme pas explicitement dans son communiqué. Ces semi-remorques affichent une autonomie pouvant atteindre 600 km par charge, ce qui les rend compatibles avec les cycles journaliers sans avoir recours à une recharge intermédiaire. En cas de besoin pour des rotations supplémentaires, la recharge rapide en courant continu à 400 kW permet de limiter les temps d’immobilisation au strict minimum — un argument décisif dans un contexte logistique où chaque heure compte.

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Ce que cela représente concrètement en termes d’émissions évitées

Au-delà de l’annonce, HARIBO avance des données précises qui permettent d’évaluer l’impact réel de cette démarche. Selon la marque, le passage au camion électrique permet de réduire les émissions de CO₂ de 37 kg pour 100 km par rapport à un équivalent diesel thermique. Ramené à une journée d’exploitation avec deux rotations, cela représente une économie d’environ 171 kg de CO₂ par jour. Sur une année de travail de 250 jours, le bilan grimpe à plus de 40 tonnes de CO₂ évitées par camion — une économie loin d’être anecdotique.

Ces chiffres illustrent bien pourquoi le transport lourd est devenu une cible prioritaire dans les stratégies de décarbonation des industriels. Les poids lourds représentent une part disproportionnée des émissions du secteur des transports par rapport à leur nombre, et chaque remplacement d’un diesel par un électrique produit des effets bien plus significatifs qu’une voiture particulière. Stefan Sorce, directeur général de HARIBO Logistics, l’exprime clairement : “Le développement de nos solutions de transport est un élément essentiel pour atteindre nos objectifs de durabilité.” La démarche s’inscrit dans un programme plus large de réduction mesurable des émissions liées à la logistique.

Le Mercedes-Benz eActros 600 : que vaut-il techniquement ?

Pour comprendre pourquoi ce camion a été retenu, voici les principales caractéristiques techniques du Mercedes-Benz eActros 600 :

  • Autonomie maximale : jusqu’à 600 km par charge en conditions réelles de transport longue distance
  • Puissance de recharge DC : jusqu’à 400 kW, compatible avec les bornes Megawatt Charging System (MCS) à venir
  • Capacité de la batterie : environ 621 kWh répartis sur plusieurs packs haute tension
  • Charge utile : conçu pour le transport en configuration 40 tonnes de PTAC, avec une perte de charge utile marginale par rapport au diesel
  • Transmission : deux moteurs électriques intégrés à l’essieu, sans boîte de vitesses traditionnelle
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Ces caractéristiques font de l’eActros 600 l’un des rares semi-remorques électriques capables de rivaliser avec un diesel sur les trajets interurbains réguliers, à condition que les itinéraires soient bien définis. Ce n’est pas un hasard si des groupes comme Simon Loos ou désormais HARIBO, via Recht Logistik, ont choisi ce modèle pour amorcer leur transition.

Un signal fort pour la filière du transport électrique en Europe

Ce que fait HARIBO n’est pas isolé. On observe depuis 2024 une accélération notable des commandes de camions électriques lourds en Europe, portée à la fois par les obligations réglementaires — notamment les normes CO₂ européennes pour les poids lourds — et par la réalité économique : le coût d’exploitation d’un camion électrique, malgré un prix d’achat encore élevé, devient progressivement compétitif face au diesel, surtout avec la volatilité persistante du prix du carburant.

Pour les entreprises qui exploitent des lignes régulières et prévisibles, l’équation devient rapidement favorable. Les routes entre Grafschaft, Neuss et Eindhoven cochent toutes les cases : distances maîtrisées, points de charge intégrables aux dépôts existants, et fréquence de rotation stable. C’est exactement le type de cas d’usage pour lequel le camion électrique est aujourd’hui mature. Ce déploiement par HARIBO envoie aussi un signal aux autres acteurs de l’agroalimentaire et de la grande consommation : la logistique zéro émission directe n’est plus un projet pilote réservé aux pionniers de la tech, c’est une option opérationnelle, disponible maintenant.

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