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Xiaomi vient de lancer officiellement sa sous-marque SkyNomad avec deux SUV à prolongateur d’autonomie, le N70 et le N90. Ces véhicules se positionnent comme une alternative familiale aux modèles sportifs SU7 et YU7, et misent sur un argument inattendu : un intervalle de vidange pouvant atteindre 3 ans ou 30 000 kilomètres sur moteur thermique. De quoi remettre en question certaines idées reçues sur l’entretien des véhicules électriques à prolongateur d’autonomie, appelés EREV (Extended Range Electric Vehicle).
Les SkyNomad N70 et N90 ne sont pas des voitures électriques pures. Ils embarquent un moteur thermique 1,5 litre turbocompressé quatre cylindres qui ne propulse pas directement les roues, mais sert uniquement à recharger la batterie en roulant. La traction reste entièrement électrique, ce qui distingue ce concept d’un hybride classique ou même d’un hybride rechargeable traditionnel. Le conducteur peut effectuer des trajets entiers en mode 100 % électrique, et le moteur thermique ne s’enclenche que lorsque la batterie atteint un seuil bas ou que vous êtes loin d’une prise.
Cette architecture séduit de plus en plus, aussi bien en Chine qu’à l’international. Elle promet de limiter l’anxiété liée à l’autonomie — toujours un frein psychologique à l’achat d’une voiture électrique — tout en conservant les avantages d’une conduite électrique au quotidien. Là où le bât blesse, c’est la question de la maintenance : ajouter un moteur à combustion interne, c’est ajouter des fluides, des pièces en mouvement et potentiellement des pannes. Mais Xiaomi semble avoir travaillé cette question sérieusement.
Selon les informations publiées par Xiaomi sur son compte Weibo, le SkyNomad N70 et N90 ne nécessiteront pas de vidange avant un an ou 10 000 km parcourus sur le moteur thermique. Ensuite, l’intervalle recommandé passe à tous les 3 ans ou 30 000 km de fonctionnement moteur. Pour mettre cela en perspective, un véhicule thermique classique ou même un hybride non rechargeable exige généralement une vidange entre 5 000 et 15 000 km, soit une fréquence bien plus élevée. Li Auto, autre constructeur chinois spécialisé dans les EREV, a adopté une approche similaire pour ses L8 et L9, avec le même intervalle de 3 ans ou 30 000 km.
La raison principale derrière cet allongement est assez logique : si vous branchez régulièrement votre véhicule, le moteur thermique tourne très peu. Moins il tourne, moins l’huile se dégrade, moins elle s’oxyde ou absorbe d’humidité. Xiaomi aurait également opté pour une huile moteur basse viscosité développée en partenariat avec Shell, spécialement formulée pour les moteurs à usage intermittent. Li Auto a fait de même, en allant jusqu’à modifier la conception interne de son moteur prolongateur pour ralentir l’oxydation de l’huile. Ces efforts conjugués permettent d’atteindre des intervalles d’entretien qui auraient semblé irréalistes sur un thermique conventionnel il y a dix ans.
Ce phénomène n’est pas apparu avec les constructeurs chinois. La Chevrolet Volt de 2015, pionnière du concept EREV, avait déjà mis en place un moniteur de durée de vie de l’huile sophistiqué, capable de tolérer jusqu’à deux ans sans vidange pour les conducteurs qui se branchaient régulièrement. Le système allait même jusqu’à activer automatiquement le moteur thermique en mode maintenance pour brûler le carburant périmé, faire circuler l’huile et éliminer l’humidité accumulée dans le moteur — un mécanisme préventif ingénieux qui illustre bien les particularités de ce type d’architecture.
Pour un conducteur urbain qui parcourt ses 50 à 80 km quotidiens en électrique et ne dépasse que rarement l’autonomie de la batterie, il est tout à fait envisageable d’atteindre la limite de temps (3 ans) bien avant la limite kilométrique (30 000 km moteur). Dans ce cas, le coût et la fréquence d’entretien d’un EREV se rapprochent véritablement de ceux d’une voiture électrique pure, ce qui change considérablement l’équation économique.
L’intérêt pour ce modèle dépasse largement les frontières chinoises. Aux États-Unis, Scout Motors prépare le lancement de ses modèles Traveler et Terra sous forme d’EREV. Interrogé sur ses intervalles de maintenance prévus, Scout n’a pas encore fourni de chiffres précis, mais un représentant a confirmé que les cycles d’entretien allongés sont précisément l’un des arguments forts que la marque compte mettre en avant pour ses futurs modèles.
En Europe, où la question du coût total de possession pèse de plus en plus dans les décisions d’achat, ce type de donnée pourrait faire la différence. Voici ce que l’on peut retenir des avantages pratiques d’un EREV bien conçu par rapport aux autres motorisations :
Le concept d’EREV répond à un besoin réel, notamment pour les conducteurs qui n’ont pas accès à la recharge à domicile ou qui effectuent régulièrement de longs trajets. Mais au-delà de l’architecture, c’est la qualité de l’huile moteur utilisée, la conception du moteur thermique et la sophistication du système de gestion qui détermineront la fiabilité sur le long terme. Les données de Li Auto sur ses L8 et L9 — des modèles qui accumulent aujourd’hui suffisamment de kilométrage pour valider ces intervalles allongés — sont prometteuses.
Ce qui est certain, c’est que la frontière entre voiture électrique et véhicule thermique continue de se brouiller, et que les EREV modernes ne sont plus simplement des hybrides améliorés. Avec des coûts d’entretien qui tendent vers ceux d’une voiture électrique pure et une autonomie totale sans contrainte de recharge, ils représentent une option à considérer sérieusement, surtout si vous n’êtes pas encore prêt à franchir le cap du 100 % électrique.
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