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Robots chez Hyundai : quel avenir pour l’emploi et le prix de nos voitures ?

Philippe Moureau

Lors du CES 2026, Hyundai a dévoilé ses ambitions robotiques les plus concrètes depuis l’acquisition de Boston Dynamics en 2021. L’objectif affiché ? Déployer des robots humanoïdes dans ses chaînes de production automobile d’ici 2028, avec en ligne de mire une transformation profonde de l’industrie. Vous vous demandez probablement quelles seront les répercussions sur l’emploi et les prix des véhicules. Les dirigeants coréens se montrent transparents sur ces enjeux, sans pour autant promettre des voitures électriques moins chères.

Atlas, le robot qui s’apprête à construire vos voitures

Le plan de Hyundai s’articule autour d’une date clé : 2028. Cette année-là, l’entreprise prévoit de mettre en service les premiers robots Atlas de Boston Dynamics dans son usine de Géorgie, celle-là même qui produit actuellement les Ioniq 5 et Ioniq 9. Parallèlement, le constructeur vise une production de 30 000 robots par an, une capacité qui témoigne de l’ampleur de ses ambitions industrielles.

Les premières missions confiées à ces machines resteront modestes : des tâches d’assemblage de composants que les humains trouvent répétitives, fatigantes ou dangereuses. D’ici 2030, ces robots humanoïdes devraient prendre en charge des opérations plus complexes. Lors de la démonstration au CES, si le robot Atlas a impressionné par sa capacité à danser et à effectuer des mouvements impossibles pour un être humain, les responsables de Hyundai ont reconnu que cette version était téléopérée. Le vrai défi réside dans le modèle bleu statique présenté à côté, celui qui sera effectivement déployé dans les usines.

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Impact sur l’emploi : collaboration plutôt que remplacement

Avec 250 000 employés dans le monde, Hyundai ne peut ignorer les inquiétudes légitimes concernant l’avenir professionnel de ses équipes. Jaehoon Chang, vice-président du groupe Hyundai Motor, adopte un discours nuancé : “Nous comprenons les préoccupations concernant la sécurité de l’emploi lors du déploiement de solutions robotiques. Mais nous devons faire ce qu’il faut pour les gens en termes de collaboration. Et cela signifie que nous avons probablement besoin de plus d’emplois.”

Cette vision optimiste mise sur la création de nouveaux métiers liés à la supervision, la maintenance et la programmation de ces robots. Les salariés actuels pourraient ainsi évoluer vers des fonctions plus techniques et mieux rémunérées. Heung-Soo Kim, vice-président exécutif chargé de la stratégie mondiale, précise que cette automatisation concerne les usines de nouvelle génération et non les plans de main-d’œuvre actuels.

Des prix qui ne baisseront pas malgré l’automatisation

Si vous espérez que cette robotisation massive se traduise par des tarifs plus attractifs sur vos futures voitures électriques Hyundai, préparez-vous à une déception. Juncheul Jung, responsable de la fabrication chez Hyundai, tempère les attentes : “Il y aura bien un impact sur nos clients en raison de l’automatisation, mais l’ampleur de cet impact ne sera pas si importante.”

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La raison ? Les coûts de main-d’œuvre ne représentent que 5 à 10 % des coûts de fabrication d’un véhicule chez Hyundai. Les gains financiers de l’automatisation se concentreront davantage sur l’amélioration de la qualité et la réduction des erreurs humaines que sur une baisse significative des prix de vente.

CritèreImpact attenduBénéfice client
QualitéAméliorationMoins de défauts de fabrication
ConsistanceOptimisationStandardisation des processus
PrixImpact limitéPas de baisse notable
SécuritéRenforcementFiabilité accrue

La concurrence s’intensifie dans la robotique automobile

Hyundai n’est pas seul sur ce terrain. Tesla développe son robot Optimus depuis plusieurs années, avec des ambitions similaires d’intégration dans ses usines. Elon Musk va même jusqu’à affirmer que ce robot pourrait représenter la majeure partie de la valeur de Tesla à l’avenir. Les constructeurs chinois comme Xpeng intensifient également leurs efforts dans ce domaine.

Robert Playter, PDG de Boston Dynamics, revendique un avantage concurrentiel grâce à la “maturité commerciale” de son entreprise. Il observe une prolifération rapide des entreprises robotiques ces dernières années, mais estime que la plupart se contentent encore de démonstrations. L’objectif de Boston Dynamics dépasse le secteur automobile : l’entreprise envisage une approche “robotique en tant que service” par abonnement.

Les opportunités s’étendent aux soins aux personnes âgées, un secteur où les dépenses ont considérablement augmenté ces dernières années. Avec l’échelle de production et les capitaux de Hyundai, Boston Dynamics vise la vente de quelques centaines de ses chiens robotiques Spot et compte générer environ 100 millions de dollars de revenus cette année. Une stratégie qui pourrait bien redéfinir l’industrie automobile dans les années à venir, même si les répercussions sur vos achats de véhicules resteront probablement limitées.

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