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La voiture électrique la plus endurante n’est pas la plus fiable dans ce test choc en Norvège

Philippe Moureau

La Fédération automobile norvégienne (NAF) vient de publier les résultats de son test d’autonomie annuel, confrontant 27 véhicules électriques aux conditions réelles de conduite. Si la Lucid Air Grand Touring s’impose logiquement en tête du classement avec ses 829 kilomètres parcourus, elle décroche aussi la palme de l’écart le plus important par rapport à son homologation WLTP. Une performance paradoxale qui interroge sur la fiabilité des mesures officielles et révèle des surprises inattendues chez d’autres constructeurs.

Une victoire en demi-teinte pour la berline américaine

La Lucid Air Grand Touring confirme son statut de référence absolue en matière d’autonomie électrique. Équipée de sa batterie de 118 kWh et chaussée de jantes 19 pouces, elle a parcouru exactement 829 kilomètres sur une seule charge lors de ce test norvégien. Un résultat impressionnant qui la place confortablement devant ses 26 concurrentes, mais qui cache une réalité moins flatteuse.

Le revers de la médaille réside dans l’écart considérable avec son homologation WLTP de 960 kilomètres. Avec une différence de 131 kilomètres, soit 13,7% de moins que promis, la berline américaine affiche le plus grand écart entre performance réelle et chiffres officiels de tout le panel testé. Un constat surprenant pour un véhicule réputé pour son efficacité énergétique exceptionnelle et sa technologie de pointe.

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Tesla Model Y et Model 3 : les bons élèves du test

Contre toute attente, plusieurs véhicules ont dépassé leur autonomie WLTP officielle. Le Tesla Model Y se distingue particulièrement en parcourant 652 kilomètres, soit 66 kilomètres de plus que son homologation, représentant un gain de 11,3%. Une performance remarquable qui confirme l’optimisation constante des algorithmes de gestion énergétique de Tesla.

La Model 3 en configuration propulsion longue autonomie n’est pas en reste avec 721 kilomètres au compteur, dépassant de 19 kilomètres son chiffre WLTP. Cette deuxième place au classement général témoigne de la maturité technologique des véhicules du constructeur californien et de leur adaptation aux conditions de conduite européennes.

Les autres performants du test d’autonomie

Le SUV chinois Zeekr 7X mérite également les honneurs avec ses 593 kilomètres parcourus, dépassant de 52 kilomètres son homologation officielle. Cette performance place le constructeur chinois parmi les références émergentes du marché européen.

Plusieurs autres modèles ont surpris en dépassant leurs promesses WLTP :

  • BYD Tang et Sealion 7 : confirmation de l’expertise chinoise en matière de batteries
  • Volkswagen ID.7 GTX Tourer : efficacité allemande au rendez-vous
  • BMW iX et Mercedes-Benz G580 : les constructeurs premium tiennent leurs promesses
  • Polestar 4 et Lotus Emeya : les marques sportives électriques prouvent leur sérieux
  • Peugeot e-5008 et Opel Grandland : Stellantis démontre ses progrès technologiques
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Conditions de test et facteurs d’influence

Le protocole norvégien s’étale sur deux journées et reproduit fidèlement les conditions réelles d’utilisation. Le parcours emprunté mélange routes rapides et nationales, avec un dénivelé significant allant du niveau de la mer jusqu’à 1 000 mètres d’altitude. Cette topographie variée sollicite différemment les systèmes de récupération d’énergie et teste l’efficacité des motorisations dans diverses configurations.

Les températures extérieures oscillaient entre 7°C et 17°C durant le test, des conditions moins favorables que les 23°C standardisés du cycle WLTP. Cette différence thermique explique en partie les écarts observés, les systèmes de chauffage et de climatisation impactant significativement l’autonomie réelle des véhicules électriques.

La NAF insiste sur le caractère représentatif plutôt que scientifique de ce test. Contrairement aux mesures WLTP réalisées en laboratoire sans climatisation active, ce protocole reflète l’usage quotidien des conducteurs européens. Les résultats offrent ainsi une vision pragmatique des performances réelles, loin des conditions idéalisées des homologations officielles.

Ces résultats norvégiens questionnent la pertinence des chiffres WLTP pour orienter les choix d’achat. Si la Lucid Air reste incontestablement la référence absolue en matière d’autonomie, sa contre-performance relative face à son homologation contraste avec la régularité de Tesla ou les bonnes surprises chinoises. Une leçon d’humilité pour tous les acteurs du secteur électrique.

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Source : NAF

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