Actu voiture électrique

La menace des véhicules électriques chinois s’étend bien au delà de la voiture

Albert Lecoq

Alors que les voitures électriques chinoises suscitent une attention croissante, un autre segment du transport électrique mérite une attention particulière : les bus électriques. Ces derniers temps, l’influence grandissante des fabricants chinois sur le marché européen des bus électriques a éveillé des inquiétudes parmi les constructeurs locaux et a appelé à une intervention plus marquée de l’Union européenne.

Préoccupations croissantes en Europe

Les leaders européens ont récemment rencontré Xi Jinping, le leader suprême chinois, lors d’une visite qui a inclus des arrêts en France, Serbie et Hongrie. Un des principaux points de tension a été l’enquête de l’UE concernant les subventions potentiellement injustes dont bénéficieraient les véhicules électriques chinois. Cette inquiétude se porte également sur le secteur des bus, un domaine où la Chine pourrait exploiter l’ampleur de son marché domestique et ses coûts de production inférieurs pour dominer ses rivaux européens.

La part des bus électriques vendus en Europe et fabriqués en Chine était d’un cinquième l’année dernière, un chiffre qui pourrait augmenter. La Chine domine déjà presque totalement son marché domestique avec des bus électriques, ce qui lui donne un avantage en termes de coûts et de développement de technologies.

A lire également :  Tesla va enfin corriger une lacune majeure de ses voitures électriques

La réponse de l’UE et l’évolution du marché

Malgré les appels de l’industrie, Bruxelles n’a pas encore décidé de lancer une enquête formelle sur les pratiques des fabricants de bus chinois. Cependant, les fabricants européens de bus, comme MAN en Allemagne et Solaris en Pologne, augmentent leur production pour contrecarrer la concurrence chinoise. En 2022, les entreprises chinoises contrôlaient 41 % du marché, mais cette part a diminué face à l’augmentation de la production européenne.

La réglementation de l’UE, qui vise à interdire la vente de bus émettant du CO2 d’ici 2035 avec un objectif intermédiaire de réduction des émissions de 90 % en 2030, stimule considérablement le marché des bus non fossiles, en particulier les bus électriques. Ce cadre réglementaire soutient l’innovation et la transition vers l’électrification dans toute l’Europe.

L’impact des fabricants chinois sur le marché européen

Les fabricants chinois comme Yutong, BYD et Zhongtong, ainsi que la joint-venture de BYD avec le britannique Alexander Dennis, sont des acteurs majeurs sur le marché européen des bus électriques. L’année dernière, ces entreprises ont représenté près d’un tiers des 5 107 e-bus vendus par les douze principaux fabricants du continent.

Bien que cette part de marché soit en baisse par rapport à l’année précédente, l’influence chinoise reste significative, notamment avec des contrats importants tels que celui remporté par BYD pour fournir 92 bus à la société de transport flamande De Lijn, un accord qui pourrait s’étendre à 500 bus et rapporter 234 millions d’euros.

A lire également :  Voici l'état de la batterie d'une Tesla Model 3 après 165 000 km

Les défis pour l’industrie européenne

Le marché des bus est extrêmement compétitif et sensible aux prix, comme le souligne Daimler Truck. Cette compétitivité est exacerbée par les allégations selon lesquelles BYD bénéficierait de subventions gouvernementales chinoises, ce qui fausserait le jeu concurrentiel. Des entreprises comme VDL Bus & Coach appellent l’UE à agir pour rétablir l’équité sur le marché.

Malgré ces défis, les porte-parole de l’industrie, comme ceux de Volvo et de l’ACEA, restent optimistes quant à la capacité des autorités européennes à maintenir un marché équitable. Ils mettent en avant le cadre réglementaire strict de l’UE qui, selon eux, garantira que la concurrence reste juste et non faussée à l’avenir.

Réagissez à l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires