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MG construit une usine en Espagne pour échapper aux taxes européennes sur les voitures chinoises

Michael Ptaszek

Les constructeurs automobiles chinois ont clairement décidé de s’installer durablement en Europe, et pas seulement en y exportant leurs modèles. Avec environ 6 % des immatriculations dans l’Union européenne sur les quatre premiers mois de 2026 selon l’ACEA, leur présence est loin d’être anecdotique. Mais pour continuer à croître, ils doivent faire face à un obstacle de taille : les droits de douane imposés par Bruxelles sur les véhicules fabriqués en Chine. MG vient donc de franchir une étape décisive en confirmant l’ouverture de sa première usine européenne, implantée en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Des taxes à 45 % qui rendent la production locale incontournable

Depuis que l’Union européenne a décidé de frapper les importations de voitures électriques chinoises avec des droits de douane pouvant atteindre 45 %, les marques concernées ont dû repenser leur stratégie commerciale en profondeur. MG ne fait pas exception : ses modèles, fabriqués en Chine par le groupe SAIC Motor — propriétaire de la marque depuis fin 2007 —, sont directement exposés à ces surtaxes. Une pression tarifaire qui pèse inévitablement sur la compétitivité des prix affichés en concession.

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La règle est pourtant simple : les véhicules assemblés sur le sol européen échappent à ces droits de douane. C’est exactement ce qui a conduit MG à mûrir ce projet depuis 2024, et à en confirmer officiellement la concrétisation. La démarche n’est pas isolée : BYD, autre géant chinois, a également annoncé son intention de produire localement. Mais MG fait le choix d’aller plus loin en partant de zéro, sans récupérer une infrastructure existante comme Geely qui reprend l’ancienne usine Ford de Valence.

Une usine en Galice opérationnelle d’ici fin 2028

Le site espagnol de MG sera construit en Galice, une région qui dispose d’un réseau de fournisseurs bien établi, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’une logistique industrielle solide. Les travaux doivent démarrer en 2027, avec une usine opérationnelle annoncée avant la fin de l’année 2028, selon le calendrier communiqué par Alfonso Rueda, président de la Galice. L’investissement consenti par MG est estimé à environ 200 millions d’euros, avec une capacité de production cible de 120 000 véhicules par an.

Au-delà des chiffres, le constructeur présente ce site comme un « pôle stratégique pour sa prochaine phase de croissance » en Europe, et entend renforcer ses collaborations avec des partenaires technologiques, des instituts de recherche et des fournisseurs locaux. L’emplacement géographique n’est pas anodin non plus : la Galice rapproche MG du Royaume-Uni, qui reste son principal marché en dehors de la Chine. Rappelons que MG est une marque britannique historique, revenue sur ses terres natales en 2011 avec la production du MG6 à l’usine de Longbridge, avant que SAIC ne devienne l’unique pilote de la firme.

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Quels modèles seront assemblés en Espagne ?

MG n’a pas encore officialisé la liste précise des modèles qui sortiront de cette usine espagnole. Mais plusieurs éléments permettent d’y voir plus clair. La presse spécialisée évoque en priorité la future MG2, une citadine électrique attendue pour 2027, qui viendrait se positionner directement face à la Citroën ë-C3, la Renault 5 ou la prochaine Volkswagen ID. Polo. Le calendrier est cohérent : avec des études de design engagées dès 2026 et un démarrage de production en Espagne prévu pour 2028, ce scénario tient la route.

La MG4 et sa version compacte MG4 EV Urban pourraient également figurer parmi les modèles assemblés localement, même si rien n’a été confirmé à ce stade. Ces deux modèles sont aujourd’hui produits en Chine et directement exposés aux surtaxes européennes. Les faire sortir d’une usine galicienne changerait significativement leur équation commerciale.

  • Investissement annoncé : environ 200 millions d’euros
  • Capacité de production visée : 120 000 véhicules par an
  • Création d’emplois : 2 000 postes à travers l’Europe
  • Démarrage des travaux : 2027
  • Mise en production effective : fin 2028
  • Localisation : Galice, nord-ouest de l’Espagne

Une production locale qui ne signifie pas forcément des prix plus bas

C’est le point que MG assume désormais sans détour. William Wang, patron de MG UK et Europe, a déjà prévenu : produire en Europe coûte structurellement plus cher qu’en Chine. La main-d’œuvre, les normes sociales et environnementales, les coûts logistiques — tout cela pèse dans la balance. La marque devra donc s’appuyer davantage sur son image et sa valeur perçue pour justifier ses tarifs, plutôt que sur l’argument du prix imbattable qui avait fait le succès de la MG4 lors de son lancement.

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Pour vous, acheteur potentiel, cela mérite d’être anticipé : les futurs modèles MG assemblés en Galice ne proposeront probablement pas les tarifs agressifs auxquels la marque nous avait habitués avec ses importations chinoises. La suppression des droits de douane compensera une partie du surcoût de production, mais pas l’intégralité. MG compte aujourd’hui 1 300 concessionnaires répartis dans 34 pays européens, ce qui lui donne une base solide pour monter en gamme, à condition que le produit suive. Le réseau est là ; reste à voir si la proposition de valeur saura convaincre un marché européen de plus en plus exigeant, et de moins en moins prêt à payer pour une image seule.

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