Batteries solides : alors qu’on n’y croyait plus, tout s’accélère
Depuis près de vingt ans, les batteries solides cristallisent tous les espoirs de l’industrie automobile électrique. Cette technologie pourrait permettre […]
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Vous ressentez peut-être une certaine méfiance face à l’arrivée de la première voiture électrique de Ferrari. Vous pourriez même être tenté de l’ignorer complètement. Pourtant, cette approche serait une erreur. L’Elettrica, nom donné à ce modèle électrique, arrive dans un contexte où la demande pour les véhicules électriques premium ne s’est pas matérialisée comme prévu. Ferrari l’a bien compris puisque le constructeur de Maranello a réduit de moitié ses ambitions électriques, passant d’un objectif de 40% de sa gamme électrifiée à 20% d’ici 2030.
Nous évoluons également dans un environnement où les passionnés d’automobile manifestent une résistance croissante face aux véhicules électriques. La question légitime se pose alors : quelle est la pertinence d’une Ferrari électrique inaccessible pour la plupart des consommateurs ? La réponse mérite d’être nuancée car Ferrari fait partie de ces rares constructeurs qui dictent les tendances en matière de dynamique de conduite.
L’Elettrica embarque des technologies qui méritent votre attention. Le constructeur italien a développé une architecture électrique de 800 volts associée à une batterie de 122 kWh. Chaque roue dispose de son propre moteur électrique, permettant un contrôle vectoriel du couple d’une précision inégalée. Le système de suspension active fonctionne sur du 48 volts tandis qu’un dispositif de direction des roues arrière indépendantes complète l’arsenal technologique.
Ferrari décrit son Elettrica comme “la première Ferrari équipée d’actionneurs offrant un contrôle des forces verticales, longitudinales et latérales dans toutes les conditions dynamiques”. Cette approche ne relève pas du simple marketing. Depuis la F430 en 2004, Ferrari a adopté une philosophie où le hardware sophistiqué travaille de concert avec des logiciels avancés. Le différentiel autobloquant électronique était alors l’élément déclencheur, travaillant avec les systèmes de contrôle de traction et de stabilité pour optimiser l’adhérence sur l’essieu arrière.

Au cours des deux dernières décennies, Ferrari a enrichi progressivement sa boîte à outils électronique. La direction assistée électrique, les amortisseurs adaptatifs, la direction des roues arrière et la transmission intégrale sur certains modèles sont venus s’ajouter aux systèmes de contrôle du groupe motopropulseur toujours plus sophistiqués. L’ensemble de ces technologies travaille de manière coordonnée pour définir le comportement routier du véhicule.
Les résultats obtenus sont remarquables. Ces systèmes aident les conducteurs novices à gérer des puissances considérables tout en permettant aux pilotes expérimentés d’aller encore plus vite. La direction des roues arrière indépendantes et la suspension active ne sont pas exclusives à l’Elettrica puisqu’on les retrouve déjà sur la Purosangue et la F80. Le contrôle vectoriel du couple par moteurs électriques n’est pas non plus une nouveauté, la F80 et la 812 Testarossa (ainsi que sa devancière SF90) disposant d’essieux avant bi-moteurs.
La combinaison du contrôle vectoriel du couple ultra-rapide et ultra-puissant sur les quatre roues, de la suspension active et de la direction des roues arrière indépendantes place l’Elettrica à la pointe de la technologie. Ferrari tente quelque chose de véritablement intéressant en utilisant un accéléromètre pour amplifier le bruit authentique du moteur électrique. Le constructeur propose également aux conducteurs cinq courbes puissance-couple prédéfinies dont l’intensité augmente lorsque vous actionnez la palette de “passage de vitesse supérieur”.
Cette approche exploite pleinement le potentiel de l’électrification tout en cherchant à créer une connexion émotionnelle avec l’enthusiaste. Ferrari fabrique peut-être cette voiture électrique par obligation, mais l’effort consenti pour préserver l’ADN de la marque est indéniable. Les ingénieurs de Maranello tentent de résoudre l’équation complexe qui consiste à rendre captivant un véhicule naturellement moins impliquant sur le plan sensoriel.
Bien que les supercars puissent sembler déconnectées du monde automobile grand public, tous les ingénieurs de l’industrie surveillent attentivement les innovations de Ferrari. La voie tracée par le constructeur italien avec la F430 est désormais suivie par de nombreux autres constructeurs. La tendance générale en matière de dynamique des véhicules consiste à exploiter des systèmes toujours plus nombreux et sophistiqués pour définir le comportement routier.
Ferrari joue simultanément le rôle de pionnier et de référence dans ce domaine. Les questions que tente de résoudre le constructeur italien sont exactement celles auxquelles tous les fabricants de voitures de performance devront répondre. La transition électrique progresse certes plus lentement que prévu par l’industrie, mais les véhicules électriques continueront indéniablement de représenter une part importante du marché automobile mondial.
Lamborghini reporte peut-être la création de sa première voiture électrique, mais quand elle arrivera finalement, l’influence de l’Elettrica sera probablement perceptible. Ne sous-estimez pas l’importance de cette Ferrari électrique : elle pourrait bien redéfinir les standards de performance électrique pour les années à venir et influencer l’ensemble des constructeurs premium dans leur approche de l’électrification sportive.
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