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Ruée vers les voitures électriques en Italie : un engouement sans précédent

François Zhang-Ming

Imaginez un Black Friday dédié aux subventions sur les voitures électriques. C’est en quelque sorte ce qui s’est passé récemment en Italie. Le nouveau programme de bonus destiné à favoriser l’achat de véhicules électriques n’a duré que 9 heures avant que le budget alloué ne soit intégralement dépensé. Entrons dans le détail de cet événement marquant qui souligne à la fois l’engouement et les défis associés à la transition énergétique automobile.

Des aides englouties en quelques heures seulement

En début de février, l’Italie lançait un ambitieux programme de subventions pour encourager l’achat de véhicules propres. Une enveloppe substantielle de 950 millions d’euros était prévue, mais seulement 240 millions d’euros étaient spécifiquement réservés aux voitures électriques. Ces fonds ont été engloutis en moins d’une journée, révélant un engouement saisissant qui n’avait peut-être pas été suffisamment anticipé par les autorités.

Ce scénario a contraint le gouvernement à une fermeture précipitée de son portail de demande de bonus, un arrêt soudain qui frustre sans aucun doute de nombreux italiens prêts à sauter le pas vers l’électrique. La ruée a été si intense que le site dédié a cessé de fonctionner après seulement 9 heures de service, traduisant une demande largement supérieure à l’offre disponible.

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Les critères de qualification au bonus

Le gouvernement italien avait fixé des critères bien précis pour bénéficier de ces aides substancielles. L’aide maximale, allant jusqu’à 13 750 euros, était conditionnée par plusieurs facteurs :

  • Un revenu annuel inférieur à 30 000 euros.
  • La mise à la casse d’un véhicule ancien, de classification Euro 2.
  • L’achat d’une voiture électrique ne dépassant pas 35 000 euros.

Une aide de 6 000 euros était également disponible sans condition de revenus, rendant l’offre attrayante pour un large éventail de consommateurs.

Comparaison avec d’autres pays européens

Si la France affiche une proportion de nouvelles immatriculations de voitures électriques avoisinant les 17,7 %, l’Italie peine à décoller avec moins de 5 % de parts de marché dans ce secteur. Cela souligne le besoin criant d’accroître les efforts en Italie pour favoriser l’électrification des transports. En comparaison, l’Allemagne a investi 10 milliards d’euros depuis 2016 pour soutenir l’achat de véhicules propres, reflétant une stratégie beaucoup plus agressive et peut-être plus clairvoyante.

Depuis la fin des subventions en Allemagne en 2023, on observe ralentissement notable du marché, démontrant clairement l’impact significatif de tels incitatifs sur le comportement des consommateurs. L’Italie, pour sa part, doit probablement envisager une augmentation de son investissement financier pour rattraper son retard et réaliser ses ambitions environnementales.

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Le futur de l’électromobilité en Italie

Face à l’épuisement rapide des fonds destinés aux bonus pour les voitures électriques, le gouvernement italien se trouve à un carrefour. Il doit décider soit de réalimenter le budget, soit de repenser totalement sa stratégie pour stimuler efficacement le marché des véhicules électriques. Ce scénario illustre parfaitement la tension entre la nécessité de soutenir l’adoption de technologies propres et les limites budgétaires d’un tel engagement.

Alors que les autres segments bénéficiant de subventions, comme les hybrides rechargeables ou les véhicules thermiques peu polluants, sont toujours disponibles, ce sont les véhicules entièrement électriques qui connaissent la demande la plus intense, soulignant ainsi une véritable prise de conscience écologique par une partie de la population italienne.

Le cas italien est un indicateur de la manière dont les politiques publiques peuvent à la fois catalyser et limiter la transition vers des mobilités plus durables. Il sert d’exemple et de leçon pour d’autres nations envisageant des mesures similaires. Pour l’Italie, il s’agit maintenant de capitaliser sur cet engouement pour structurer un soutien plus robuste et continu en faveur de l’électromobilité, essentielle dans la lutte contre le changement climatique et la réduction des émissions polluantes.

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