Les nouveaux SUV électriques Subaru font d’ores et déjà bien mieux que l’ancien
Subaru traverse une période charnière dans sa transition vers l’électrique. La marque japonaise, longtemps associée à ses légendaires motorisations thermiques […]
Sommaire
Le marché des voitures électriques connaît une évolution pour le moins contrastée en Europe. Alors que certains pays peinent à atteindre leurs objectifs, la Belgique s’illustre par une progression spectaculaire qui défie toutes les attentes. En 2024, les immatriculations de véhicules électriques y ont littéralement explosé, atteignant 28,5% de parts de marché contre 19,6% l’année précédente. Cette performance remarquable, dans un contexte où le marché automobile européen marque le pas, suscite un vif intérêt. Comment nos voisins belges ont-ils réussi à créer un tel engouement pour la mobilité électrique? Leur approche pourrait-elle inspirer d’autres pays, notamment la France qui plafonne à 16,9% de parts de marché?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en 2024, la Belgique a enregistré 127 922 nouvelles immatriculations de véhicules électriques, soit une hausse impressionnante de 37,3% par rapport à 2023. Le marché de l’occasion n’est pas en reste avec 23 515 véhicules électriques d’occasion vendus, représentant une progression fulgurante de 104,7%. Au total, ce sont 151 437 voitures électriques qui ont trouvé preneur en 2024, soit 45,2% de plus qu’en 2023.
Cette réussite s’explique principalement par une stratégie fiscale ciblant le segment des véhicules de société, qui représente près des deux tiers des immatriculations annuelles en Belgique. Le pays a ainsi réussi à devenir le troisième plus grand marché de véhicules électriques de l’Union européenne en un temps record.
La clé de ce succès réside dans un système fiscal intelligent plutôt que dans des subventions directes à l’achat. Depuis 2023, les entreprises belges peuvent déduire intégralement la valeur de leurs véhicules électriques de leur revenu imposable. Cette approche réduit considérablement la charge fiscale des entreprises tout en offrant un avantage substantiel à leurs salariés.
Contrairement aux systèmes de bonus-malus comme celui appliqué en France, qui impliquent des transferts directs d’argent public, le modèle belge repose sur des incitations fiscales. Cette approche présente l’avantage de ne pas créer de dépenses supplémentaires pour l’État, même si elle génère un manque à gagner fiscal.
“C’est l’une des politiques climatiques les plus réussies que la Belgique ait jamais mises en place”, affirme Stef Cornelis, directeur des flottes électriques chez Transport & Environment. Cette réussite s’appuie sur une particularité du marché belge: il est fiscalement plus avantageux pour une entreprise de fournir une voiture à ses employés que d’augmenter leur salaire, dont environ la moitié peut être absorbée par les impôts.
Le système belge exploite cette caractéristique en créant un puissant levier d’action. Avec un renouvellement des flottes d’entreprise tous les trois à quatre ans, l’impact sur la composition du parc automobile est rapide et significatif. Jusqu’à mi-2023, les véhicules thermiques bénéficiaient aussi d’avantages fiscaux, mais aujourd’hui, seuls les véhicules électriques peuvent profiter d’une déduction totale.
| Type de véhicule | Déduction fiscale avant 2023 | Déduction fiscale depuis 2023 |
|---|---|---|
| Électrique | Variable selon les émissions | 100% |
| Hybride | Variable selon les émissions | Dégressif |
| Thermique | Variable selon les émissions | Fortement réduit |
Si les ventes aux entreprises dominent largement le marché électrique belge, les ventes aux particuliers progressent également, mais avec de fortes disparités régionales. La Flandre affiche une croissance extraordinaire de 151,4% des ventes aux particuliers, passant de 5 634 à 14 166 unités, grâce notamment à une prime régionale en vigueur jusqu’en novembre 2023.
À l’opposé, la Wallonie reste à la traîne avec seulement 2 602 immatriculations par des particuliers. Cette différence souligne l’importance des incitations financières dans l’adoption des véhicules électriques par les particuliers.
Parmi les modèles les plus prisés des Belges, on retrouve le BMW X1 en tête des ventes générales avec près d’un quart de ses 20 000 unités en version électrique. L’Audi Q4 e-tron figure également parmi les véhicules électriques les plus vendus, tandis que sur le marché de l’occasion, la Porsche Taycan s’est distinguée avec plus de 1 000 transactions en 2024.
Face au succès de la stratégie belge, la France semble vouloir s’en inspirer, mais en adoptant une approche différente. Plutôt que d’augmenter les subventions pour les flottes électriques, le gouvernement français a choisi de durcir le calcul des avantages en nature pour les voitures de fonction.
Depuis le 1er février 2025, de nouvelles bases de calcul s’appliquent aux véhicules acquis ou loués après cette date:
En parallèle, le gouvernement maintient un abattement fiscal de 70% pour les véhicules 100% électriques respectant l'”éco-score” en vigueur. Cette mesure vise à favoriser les modèles produits en Europe, créant potentiellement un avantage pour les constructeurs européens face à la concurrence asiatique.
Concernant la recharge, la France adopte également une approche différenciée: l’électricité utilisée sur le lieu de travail est totalement exonérée du calcul de l’avantage en nature, tandis que l’électricité consommée à domicile est prise en compte à hauteur de 50%.
Malgré l’efficacité du modèle belge, plusieurs obstacles continuent de freiner l’adoption massive des véhicules électriques en Europe. La dépréciation rapide des véhicules électriques inquiète notamment les établissements financiers qui proposent des solutions de location avec option d’achat (LOA) et de location longue durée (LLD). Cette dépréciation accélérée impacte directement les valeurs résiduelles et, par conséquent, les mensualités proposées aux clients.
La concurrence des constructeurs asiatiques représente un autre défi majeur. Pour y faire face, l’Europe a augmenté les frais de douane pour les voitures électriques importées de Chine, mais cette mesure a paradoxalement ralenti la croissance du marché électrique plutôt que de stimuler l’achat de véhicules produits en Europe.
L’avenir du marché électrique européen dépendra également de l’arrivée de modèles abordables. Si 2023 a vu l’émergence de véhicules comme la Citroën ë-C3, la Renault 5 E-Tech ou la nouvelle génération de la Dacia Spring, les regards se tournent désormais vers les modèles à moins de 20 000 euros, comme la future Renault Twingo électrique ou la Volkswagen ID.1 EVERY1.
La réussite belge montre qu’une politique fiscale bien ciblée peut transformer rapidement le marché automobile. Si ce modèle ne constitue pas une solution miracle, il démontre qu’en adaptant les incitations aux spécificités de chaque marché, il est possible d’accélérer significativement la transition vers la mobilité électrique sans grever excessivement les finances publiques.
Réagissez à l'article