Finalement, le prochain SUV électrique de Mercedes aura un moteur essence
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L’année 2035 devait sonner le glas des ventes de voitures thermiques neuves en Europe. Mais la Commission européenne vient de changer la donne en décembre 2025. Sous prétexte de flexibilité industrielle, Bruxelles ouvre une brèche qui pourrait bien transformer l’ambition climatique européenne en déroute face à la concurrence chinoise. Les premiers calculs d’experts sont sans appel : cette marche arrière risque de coûter cher à l’industrie européenne.
Vous vous souvenez peut-être de l’objectif initial : 100% de réduction des émissions de CO2 pour les voitures neuves dès 2035. Un cap clair qui poussait l’industrie vers l’électrification massive. Depuis le 16 décembre 2025, tout a changé. La Commission propose désormais de ramener cet objectif à 90% de réduction, les 10% restants étant compensés par des mécanismes complexes impliquant carburants synthétiques et acier bas carbone.
Cette apparente différence de 10% dissimule une réalité bien plus préoccupante. L’ONG Transport & Environment (T&E) a décortiqué les implications de cette nouvelle réglementation, et les résultats donnent le vertige. Au lieu d’atteindre un marché 100% électrique en 2035, la part de marché des voitures à batterie chuterait mécaniquement à 85%.
Le pire scénario reste à venir : si les constructeurs décident de jouer avec les nouvelles règles en multipliant les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie thermique, la part de l’électrique pur pourrait s’effondrer jusqu’à 50% seulement. Concrètement, un constructeur pourrait continuer à vendre une voiture sur deux entièrement thermique en 2035, tout en respectant la réglementation grâce aux crédits carbone. Voilà qui remet sérieusement en question la transition annoncée.
Les conséquences environnementales de ce recul se chiffrent précisément. En autorisant ces véhicules thermiques supplémentaires, l’Europe accepterait l’émission de 720 millions de tonnes de CO2 supplémentaires entre 2025 et 2050. Pour mettre ce chiffre en perspective, cela représente huit années complètes d’émissions du parc automobile allemand actuel, pourtant le plus important d’Europe.
L’impact ne se limite pas aux émissions directes. L’étude de T&E révèle qu’en 2050, 23 millions de voitures thermiques supplémentaires circuleront sur les routes européennes par rapport au plan initial. Cette flotte prolonge mécaniquement la dépendance européenne au pétrole importé, fragilisant l’indépendance énergétique du continent.
La nouvelle proposition introduit un mécanisme de moyenne sur trois ans (2030-2032) pour les objectifs intermédiaires, remplaçant l’échéance ferme de 2030. Ce détail technique permet aux constructeurs de “rater” l’objectif 2030 sans pénalités, tant qu’ils compensent les années suivantes.
Les effets se font déjà sentir : selon les projections de T&E, la part de marché des électriques en 2030 ne dépassera pas 47%, contre les 57% initialement prévus. Ce coup de frein intervient au pire moment, alors que l’industrie chinoise maintient sa cadence d’innovation et continue d’inonder le marché européen avec des modèles technologiquement avancés et compétitifs.
Face à ce constat alarmant, les experts proposent plusieurs mesures correctives pour limiter les dégâts. La suppression des crédits “carburants” arrive en tête des priorités, ces mécanismes ouvrant la porte au greenwashing sans garantie réelle de réduction d’émissions. Les e-fuels restent rares et chers, leur utilisation étant plus pertinente pour l’aviation et le transport maritime qui n’ont pas d’alternative électrique viable.
| Mesure corrective | Impact attendu | Urgence |
|---|---|---|
| Suppression crédits carburants | Éviter le greenwashing | Critique |
| Maintien objectif 2030 ferme | Forcer les investissements | Immédiate |
| Réforme des super-crédits | Favoriser les vraies citadines | Importante |
L’annulation du lissage sur trois ans s’impose également pour maintenir la pression sur les constructeurs. Seul un objectif ferme en 2030 peut forcer les investissements nécessaires dès maintenant, plutôt que de reporter les efforts à plus tard.
Pendant que l’Europe hésite et recule, la Chine maintient son rythme d’électrification. Les constructeurs chinois continuent d’innover et de proposer des voitures électriques toujours plus performantes et abordables. Cette différence de tempo risque de creuser définitivement l’écart technologique entre les deux continents.
Le Parlement européen et le Conseil vont débattre de cette proposition dans les mois à venir. Leur décision déterminera si l’Europe sauve quelques moteurs thermiques à court terme ou si elle préserve sa compétitivité industrielle à long terme. Car contrairement aux crédits carbone, le temps perdu dans la course technologique mondiale ne se rattrape jamais.
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