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Le Tesla Semi pourrait bientôt se recharger sans la moindre intervention humaine

François Zhang-Ming

Vous connaissez probablement le Tesla Semi, ce camion électrique de classe 8 qui fait parler de lui depuis sa présentation en 2017. Après des années de va-et-vient médiatique, le poids lourd revient sur le devant de la scène grâce à une vidéo détaillée publiée par Jay Leno sur YouTube. L’animateur américain y rencontre Dan Priestly, directeur du programme Semi, et Franz von Holzhausen, responsable du design chez Tesla. Les deux hommes ont laissé entrevoir une évolution majeure pour faciliter la recharge de ce mastodonte électrique : un système de charge automatisé qui pourrait bien changer la donne pour les flottes de transport.

Actuellement, le Tesla Semi peut accepter une puissance de recharge impressionnante de 1,2 mégawatt via un câble refroidi par liquide. Cette capacité lui permet de récupérer près de 500 kilomètres d’autonomie en 30 minutes, soit environ 60% de son autonomie totale d’environ 800 kilomètres. Des chiffres qui rassurent les professionnels du transport routier, mais Tesla ne compte pas s’arrêter là.

Une technologie de recharge automatisée en développement

Lors de son échange avec Jay Leno, Dan Priestly a confirmé que Tesla travaillait activement sur un système de charge automatisé pour le Semi. “Nous voyons une opportunité pour mettre en place une recharge automatisée à l’avenir”, a-t-il déclaré. Franz von Holzhausen a ajouté que cette technologie était déjà en cours de développement pour les voitures de la marque, mentionnant notamment le Cybercab, ce véhicule autonome à deux places prévu pour intégrer la recharge sans fil.

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Le designer en chef a évoqué un système où le camion pourrait simplement “rouler sur une plateforme” avant de préciser qu’il s’agirait d’une “recharge conductive”. Cette distinction est importante car elle soulève une ambiguïté : parlons-nous d’une recharge inductive (sans fil) ou d’un système automatisé qui branche physiquement un câble dans le port de charge ? À ce stade, Tesla reste flou sur les détails techniques précis de cette innovation.

Charge conductive ou inductive : quelle solution pour le Semi ?

La nuance entre ces deux technologies mérite qu’on s’y attarde. La charge conductive désigne la recharge traditionnelle avec câble, tandis que la charge inductive fonctionne sans contact physique, à la manière d’un smartphone posé sur sa base. Plusieurs solutions existent déjà sur le marché automobile. Le nouveau Porsche Cayenne électrique propose par exemple une plateforme de recharge sans fil optionnelle capable de délivrer jusqu’à 11 kW. Une puissance largement insuffisante pour un véhicule de l’envergure du Tesla Semi.

Il existe néanmoins des alternatives plus ambitieuses. Wave Charging, une entreprise basée dans l’Utah, affirme que son système de recharge sans fil peut transmettre jusqu’à 500 kW de puissance via une plateforme intégrée au sol. La société avait d’ailleurs annoncé en 2021 travailler sur une solution spécifiquement conçue pour le Tesla Semi, capable de délivrer jusqu’à 1 mégawatt sans connexion physique. De quoi rivaliser avec les performances actuelles du câble refroidi.

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Les précédents mitigés de Tesla avec la recharge sans fil

L’historique de Tesla avec les chargeurs sans fil n’est pas vraiment glorieux. En 2023, le constructeur avait teasé une solution pour les propriétaires disposant d’un garage, mais le projet n’a jamais vu le jour. Le Cybertruck devait lui aussi recevoir un système de recharge sans fil, mais Tesla a finalement renoncé à cette option en raison de la garde au sol trop élevée du véhicule, incompatible avec une transmission efficace de l’énergie.

Le Cybercab, ce robotaxi autonome à deux places, représente pour l’instant la seule promesse concrète de Tesla en matière de recharge sans fil. Le concept est simple : un véhicule autonome doit pouvoir recharger sa batterie sans intervention humaine. Cette philosophie pourrait parfaitement s’appliquer au Semi, surtout dans le cadre d’une exploitation en flottes où l’optimisation du temps de recharge devient un enjeu économique majeur.

Les avantages d’une recharge automatisée pour les flottes professionnelles

Pour comprendre l’intérêt d’un tel système, il faut se placer du point de vue des gestionnaires de flottes. Aujourd’hui, chaque arrêt pour recharger nécessite l’intervention d’un conducteur qui doit manipuler un câble imposant et attendre que la charge soit suffisante. Avec un système automatisé, qu’il soit inductif ou robotisé, le camion pourrait se garer sur une zone dédiée et lancer automatiquement le processus de recharge.

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Les bénéfices potentiels sont multiples :

  • Réduction du temps d’immobilisation grâce à une optimisation des cycles de charge
  • Diminution des contraintes physiques pour les conducteurs qui n’ont plus à manipuler des câbles lourds
  • Possibilité de recharger pendant les pauses réglementaires sans intervention
  • Intégration plus facile dans les dépôts avec des zones de stationnement équipées

Quand cette technologie sera-t-elle disponible ?

Tesla n’a communiqué aucun calendrier précis concernant le déploiement de ce système de recharge automatisée. Les déclarations de Priestly et von Holzhausen restent au stade de l’intention, avec des formulations prudentes du type “nous travaillons dessus”. Vous connaissez Tesla : entre l’annonce d’une technologie et sa commercialisation effective, il peut s’écouler plusieurs années.

Le Tesla Semi lui-même a mis près de six ans à passer du concept à la production, même si celle-ci reste encore confidentielle. Seules quelques entreprises comme PepsiCo ont reçu leurs premiers exemplaires. La priorité de Tesla semble être d’abord d’augmenter les volumes de production avant d’intégrer des fonctionnalités supplémentaires comme la recharge automatisée.

Pour les professionnels du transport qui envisagent d’électrifier leurs flottes, le Tesla Semi représente déjà une option intéressante avec ses 800 kilomètres d’autonomie et sa capacité de recharge rapide. L’ajout d’un système automatisé viendrait simplement renforcer son attractivité en réduisant les contraintes opérationnelles. Reste à voir quelle forme prendra finalement cette technologie et si elle tiendra les promesses de 1 mégawatt en sans fil, un défi technique considérable que même les spécialistes du secteur peinent encore à relever de manière fiable.

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