L’échec de la voiture électrique en Italie : pourquoi elle ne séduit pas

ParPhilippe Moureau 22 janvier 2024 à 17h51

Face à un parc automobile vieillissant et polluant, l’Italie ne connait pourtant pas le succès électrique avec des chiffres de ventes de voitures 100% nourries aux électrons peu encourageants. Face à cet échec, le pays se lance dans une ambitieuse entreprise de renouvellement. Le gouvernement italien a récemment annoncé un plan de relance des voitures électriques doté d’un budget impressionnant de 1 milliard d’euros. Cette initiative vise à accélérer la transition écologique du pays en incitant les citoyens à abandonner leurs véhicules fonctionnant au diesel ou à l’essence au profit de modèles électriques plus propres et plus modernes.

Plan de subventions pour stimuler l’adoption des véhicules électriques

Le ministère de l’Industrie italien envisage des mesures financièrement attractives pour encourager l’achat de véhicules électriques. Un élément clé de ce plan est une subvention pouvant atteindre 13 750 €, destinée aux citoyens dont le revenu annuel est inférieur à 30 000 €, afin de remplacer les anciens véhicules respectant les normes Euro 2 par de nouvelles voitures électriques. Les véhicules produits en Italie bénéficieraient d’avantages supplémentaires, reflétant une stratégie similaire à celle mise en œuvre en France pour les voitures fabriquées localement.

Cette initiative arrive à un moment crucial, l’Italie possédant l’un des parcs automobiles les plus anciens d’Europe, avec plus de 11 millions de véhicules respectant au mieux les normes Euro 3. Ce plan a également pour objectif d’aider les familles à faible revenu à acquérir des voitures électriques fabriquées en Italie, renforçant ainsi l’industrie automobile nationale.

La situation actuelle du marché automobile en Italie

En dépit de cette initiative, la transition vers l’électrique en Italie est lente. Les immatriculations de nouvelles voitures ont augmenté de 19 % l’année dernière, atteignant 1,57 million. Cependant, les véhicules à essence dominent le marché avec plus de 29 % de part de marché. Les véhicules électriques, en comparaison, ne représentent que 3,9 % du marché, un peu en dessous des 4,2 % pour les véhicules hybrides rechargeables.

Cette hésitation à adopter massivement l’électrique se reflète également dans les stratégies des grands constructeurs. Des marques comme Audi et Mercedes-Benz ont revu à la baisse leurs initiatives de déploiement de véhicules électriques en raison de la lenteur de l’adoption de ces technologies.

La dynamique européenne des véhicules électriques

À l’échelle de l’Union européenne, les voitures électriques et hybrides rechargeables représentent plus de 24 % des nouvelles immatriculations de voitures particulières cette année, marquant une légère hausse par rapport à l’année précédente. D’ici 2035, l’UE prévoit que tous les nouveaux véhicules immatriculés seront à zéro émission, à condition que les constructeurs continuent de produire de nouveaux modèles.

L’initiative italienne reflète un engagement croissant en Europe pour la transition vers des véhicules plus écologiques. Cependant, la réussite de ces plans dépendra de la capacité des constructeurs à proposer des modèles attractifs et de la volonté des consommateurs à adopter ces nouvelles technologies. L’avenir de l’automobile en Europe semble électrique, mais le chemin vers une adoption complète reste semé d’obstacles et de défis.

Par Philippe Moureau

Quadragénaire passionné de voitures électriques. Je m'intéresse à la transition énergétique et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Je suis un véritable passionné de voitures électriques et un défenseur de l'environnement.

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