La fraude au compteur kilométrique touche aussi les voitures électriques
Le marché de l’occasion français connaît une transformation progressive avec l’arrivée massive des motorisations alternatives. Si vous envisagez l’achat d’un […]
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Vous l’avez peut-être entendu mille fois : les batteries de voitures électriques se dégradent rapidement et perdent leur capacité en quelques années seulement. Cette crainte reste ancrée dans l’esprit de nombreux automobilistes, freinant parfois l’achat d’un véhicule électrique. Une vaste étude européenne vient pourtant remettre les pendules à l’heure avec des données précises sur la réelle longévité de ces accumulateurs. Les résultats sont sans appel : vous pouvez rouler sereinement pendant de nombreuses années sans voir fondre significativement l’autonomie de votre véhicule.
Arval, filiale de BNP Paribas spécialisée dans la location longue durée, a compilé les données de 24 000 certificats d’état de santé (State of Health, ou SoH) de batteries provenant de 11 pays européens. Cette analyse représente un échantillon trois fois plus important que celui réalisé l’année précédente, offrant ainsi une vision particulièrement fiable du vieillissement réel des batteries sur le terrain. Le SoH mesure la capacité résiduelle d’une batterie par rapport à son état neuf, un indicateur crucial au moment de la revente.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et viennent balayer les inquiétudes. À 70 000 km au compteur, la capacité moyenne restante atteint 93 %. Même après avoir avalé 160 000 km ou après six années d’utilisation quotidienne, le SoH reste au-dessus de la barre des 90 %. Concrètement, la perte de capacité se stabilise autour de 1 % tous les 25 000 km, après une légère baisse initiale observée durant les premiers mois d’utilisation.
Cette usure progressive signifie qu’un véhicule électrique affichant une autonomie de 400 km à l’achat conservera environ 372 km d’autonomie après 70 000 km parcourus. Une différence somme toute modeste qui ne compromet nullement l’usage quotidien. Vous pouvez donc envisager de garder votre voiture électrique aussi longtemps qu’un véhicule thermique traditionnel, sans craindre une chute brutale des performances. Les trajets domicile-travail, les départs en vacances ou les courses du week-end restent parfaitement réalisables même après plusieurs années d’utilisation intensive.
L’étude révèle un autre élément encourageant : les modèles récents font mieux que leurs prédécesseurs. Les véhicules électriques de dernière génération présentent un état de santé supérieur de deux à trois points comparé aux premières générations. Cette amélioration s’explique par les avancées technologiques réalisées ces dernières années sur plusieurs fronts :
Ces progrès technologiques ne sont pas anodins. Ils signifient que si vous achetez une voiture électrique en 2025, elle bénéficiera d’une durabilité supérieure aux modèles commercialisés il y a trois ou quatre ans. Les constructeurs ont tiré les leçons des premières générations et affinent constamment leurs technologies. Cette évolution rapide profite directement aux utilisateurs qui peuvent compter sur des batteries plus robustes face aux cycles de charge répétés et aux conditions d’utilisation variées.
L’étude d’Arval ne fait pas figure d’exception. La société londonienne Generational a récemment analysé 8 000 tests portant sur des modèles de 36 marques différentes, avec des kilométrages s’échelonnant jusqu’à 250 000 km. Le SoH moyen relevé atteint 95,15 %, confirmant la résistance remarquable de ces accumulateurs dans la durée. Certains témoignages vont même plus loin, comme ce conducteur de Kia EV6 ayant dépassé les 530 000 km avec sa batterie d’origine, un record qui semble inimaginable pour les sceptiques.
Ces données convergentes dessinent un tableau bien plus optimiste que les craintes initiales. Le marché de l’occasion devrait mécaniquement en bénéficier. La peur d’un remplacement coûteux de la batterie, souvent évaluée entre 8 000 et 15 000 euros selon les modèles, freine encore de nombreux acheteurs potentiels. Les chiffres prouvent pourtant que cette éventualité reste très improbable avant d’atteindre des kilométrages considérables, bien supérieurs à la moyenne des véhicules thermiques mis au rebut.
L’Union européenne a prévu d’encadrer cette question pour sécuriser davantage le marché. Les constructeurs devront prochainement fournir un passeport pour les batteries sur lequel figurera le SoH de manière standardisée. Cette obligation garantira aux acheteurs une information fiable et comparable d’un modèle à l’autre. À partir de 2027, les nouveaux véhicules électriques intégreront directement ces informations sur le tableau de bord, facilitant grandement l’évaluation lors d’une revente ou d’un contrôle technique.
Cette normalisation européenne devrait contribuer à fluidifier le marché de l’occasion et à rassurer les acheteurs hésitants. Vous pourrez vérifier en un coup d’œil l’état réel de la batterie avant tout achat, éliminant ainsi une part importante d’incertitude. Les véhicules électriques gagneront en crédibilité et leur valeur résiduelle devrait naturellement augmenter, reflétant enfin leur durabilité réelle plutôt que les perceptions erronées qui circulent encore.
Ces révélations changent la donne pour quiconque hésite entre un véhicule thermique et électrique. Si vous prévoyez de conserver votre voiture une dizaine d’années et de parcourir environ 15 000 km par an, vous atteindrez 150 000 km avec une batterie conservant plus de 90 % de sa capacité initiale. Le calcul devient alors favorable, surtout en tenant compte des économies de carburant, d’entretien et des aides à l’achat encore disponibles dans certaines régions.
Le marché de l’occasion électrique devrait également connaître une dynamique nouvelle. Les véhicules de trois à cinq ans, affichant entre 60 000 et 100 000 km, représentent désormais des opportunités intéressantes. Leur autonomie résiduelle reste largement suffisante pour un usage quotidien, tandis que leur prix d’achat devient plus accessible. Vous pouvez envisager ces modèles sans craindre de devoir remplacer la batterie à court terme, ce qui change radicalement l’équation économique par rapport à un véhicule thermique d’occasion nécessitant potentiellement des réparations mécaniques coûteuses.
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