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Alors que le marché des poids lourds électriques peine à décoller en Europe, les constructeurs défendent leur vision d’un transport routier plus propre. Chez MAN, l’optimisme règne malgré des chiffres encore modestes. Alexander Vlaskamp, patron du constructeur allemand, affirme que les camions électriques représentent déjà un investissement plus rentable que leurs homologues diesel sur le moyen terme.
Les données du groupe Traton, maison mère de MAN, Scania et Volkswagen Truck & Bus, révèlent que seulement 466 camions électriques ont été vendus au premier trimestre 2025, avec 259 livraisons effectives. Cette performance représente à peine 1 % des 59 000 poids lourds écoulés sur la période. Pourtant, selon Vlaskamp, cette situation ne reflète pas un manque d’intérêt mais plutôt des obstacles structurels.
Le patron de MAN ne mâche pas ses mots : “le prix d’achat le plus élevé est rentabilisé au bout de trois à quatre ans”. Cette affirmation repose sur plusieurs facteurs économiques concrets que vous devez connaître avant d’investir dans cette technologie.
Prenons l’exemple du MAN eTGX, qui vient d’entrer en production. Ce poids lourd électrique coûte environ trois fois plus cher qu’un camion diesel équivalent. Sa batterie, d’une capacité comprise entre 240 et 480 kWh, lui confère une autonomie maximale de 600 kilomètres. Si l’investissement initial paraît conséquent, les coûts d’exploitation révèlent une tout autre réalité économique.
L’avantage financier des camions électriques se manifeste principalement dans trois domaines. Les freins s’usent moins grâce à la récupération d’énergie, le moteur électrique possède nettement moins de pièces mobiles nécessitant surveillance et remplacement, et le coût énergétique reste inférieur au carburant fossile.
Pour illustrer cette différence, analysons les tarifs de recharge. Sur une station Milence installée en 2024, la puissance maximale atteint 400 kW pour un tarif de 0,44 euro du kWh. Le coût d’une recharge complète oscille donc entre 105,6 et 211,2 euros selon la capacité de la batterie. En comparaison, un camion diesel avec un réservoir de 800 litres nécessite environ 1 294 euros pour un plein complet au prix actuel du gazole.
Selon Alexander Vlaskamp, le véritable frein au développement des poids lourds électriques réside dans l’insuffisance des infrastructures de recharge. “En matière d’investissement dans les bornes de recharge, l’Europe est très en retard”, déplore-t-il. Cette situation persiste malgré la volonté de l’Union Européenne d’installer au moins une borne de charge tous les 120 kilomètres sur les principales autoroutes du continent.
La réalité du terrain confirme cette analyse. Les transporteurs hésitent à franchir le pas tant que le réseau de recharge haute puissance n’offre pas la même fiabilité que les stations-service traditionnelles. Cette problématique impacte directement la planification des trajets et la rentabilité des flottes.
Le coût total de possession dépend largement des politiques nationales d’accompagnement. Les écarts sont saisissants selon les pays :
Ces variations influencent considérablement le délai de retour sur investissement. Dans les pays les plus généreux, la rentabilité peut être atteinte en moins de trois ans, accélérant ainsi l’adoption de ces véhicules par les entreprises de transport.
Le développement des camions électriques s’inscrit dans une logique économique de long terme que les transporteurs commencent à intégrer dans leurs stratégies. Les coûts d’entretien réduits, la stabilité des prix de l’électricité face à la volatilité des carburants fossiles, et l’évolution réglementaire créent un environnement favorable à cette transition.
Les constructeurs comme MAN misent sur cette évolution en multipliant les références et en améliorant les performances. La production du MAN eTGX marque une étape importante dans cette démarche, offrant aux transporteurs une alternative crédible aux motorisations traditionnelles. Reste à voir si les infrastructures suivront le rythme pour permettre un déploiement à grande échelle de ces technologies dans les mois à venir.
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