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L’intelligence artificielle s’impose désormais comme le nouveau terrain de bataille de l’industrie automobile. Après avoir pris de l’avance sur les voitures électriques et la technologie des batteries, les constructeurs chinois semblent une fois de plus devancer leurs homologues occidentaux dans cette course technologique qui représente des milliards d’investissements.
Cette tendance s’est particulièrement illustrée lors du CES 2025, où les marques asiatiques ont démontré des capacités d’intégration de l’IA qui dépassent largement les simples assistants vocaux que nous connaissons. Vous vous demandez peut-être si cette révolution technologique changera vraiment votre quotidien au volant ? La réponse semble déjà s’écrire dans les laboratoires de développement chinois.
Le conglomérat automobile chinois Geely Auto illustre parfaitement cette approche avant-gardiste avec son système G-ASD (Geely Afari Smart Driving). Cette plateforme “Full Domain AI 2.0” ne se contente pas d’être un ensemble d’acronymes destinés à rassurer les investisseurs. Elle vise à transformer l’expérience de conduite dans sa globalité, en servant notamment de base au futur système d’assistance de niveau 3 qui permettra une conduite sans surveillance visuelle ni intervention manuelle.
L’algorithme d’IA de Geely, développé en interne, s’appuie sur des millions de points de données collectés auprès de millions de véhicules circulant sur les routes chinoises. Cette technologie sera déployée sur l’ensemble de la gamme et des marques du groupe, qu’il s’agisse de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à motorisation thermique traditionnelle.
Les bénéfices annoncés dépassent largement l’autonomie de conduite. Geely affirme que son système peut réduire la consommation d’énergie de 15% en apprenant des habitudes du conducteur et de l’environnement de conduite pour optimiser la gestion de l’énergie. Cette même logique s’applique aux situations d’urgence ou de conduite sportive, où le véhicule peut anticiper les situations délicates et réagir en conséquence.
Cette approche s’inscrit dans la tendance émergente de “l’IA physique”, qui dépasse les simples chatbots en ligne pour s’incarner dans des machines capables d’interaction avec le monde réel. Xpeng, autre constructeur chinois, a annoncé son intention de pousser l’enveloppe vers la conduite assistée de niveau 3 et au-delà, en utilisant le même algorithme d’IA pour ses futurs robots domestiques et industriels.
Cette vision n’est pas entièrement nouvelle – Tesla évoque depuis des années cette convergence entre la conduite autonome, l’IA et ses robots Optimus. La différence réside dans l’exécution : les constructeurs chinois semblent avoir franchi le cap de la théorie à la pratique avec une longueur d’avance significative.
L’IA constitue un pilier central de la poussée technologique mondiale de la Chine. Selon Goldman Sachs, les entreprises chinoises spécialisées dans l’IA prévoient des investissements de 70 milliards de dollars au cours de la prochaine année, couvrant les centres de données, les puces électroniques et bien plus encore.
Cette somme représente “15 à 20% de ce que les hyperscalers américains sont censés dépenser”, selon le rapport de la firme. Le secteur chinois se trouve dans une phase “construisez-le et ils viendront”, avec des initiatives allant des centres de données aux nouveaux types de puces en passant par les fonctions d’IA.
| Constructeur | Système IA | Fonctionnalités principales | Niveau d’autonomie visé |
|---|---|---|---|
| Geely | G-ASD Full Domain AI 2.0 | Économie d’énergie 15%, conduite prédictive | Niveau 3 |
| Xpeng | IA intégrée multi-domaines | Conduite autonome, robotique domestique | Niveau 3+ |
| Tesla | FSD + Optimus | Conduite autonome, robots humanoïdes | Niveau 4-5 |
Les constructeurs occidentaux commencent enfin à maîtriser la production de véhicules électriques attractifs, mais voilà qu’un nouveau défi se présente. Ford a dévoilé un assistant IA capable de vous dire si votre chargement du magasin de bricolage rentrera dans votre pick-up – une fonctionnalité certes utile, mais qui semble dérisoire face aux algorithmes vendables que développent les marques chinoises.
General Motors fait figure d’exception avec ses outils d’IA qui ont contribué au développement du Cadillac Optiq, mais la plupart des intégrations occidentales ressemblent davantage à des tours de passe-passe qu’à de véritables révolutions technologiques. Cette différence d’approche soulève une question fondamentale : les constructeurs occidentaux sont-ils encore dans la course ?
Li Chuanhai, vice-président et directeur technique de Geely Auto Group, adopte une position pragmatique : “Les constructeurs automobiles chinois travaillent très dur, et toute l’industrie s’aligne pour se concentrer sur l’intégration de l’IA comme l’avenir du secteur.” Cette philosophie se traduit par une intégration de l’IA dans les produits, la fabrication et les opérations, indépendamment de la demande externe.
L’efficacité réelle de ces systèmes d’IA reste à démontrer sur le terrain. Geely et Xpeng ont établi des calendriers précis pour le déploiement de leurs fonctionnalités d’IA et de conduite autonome sur les routes chinoises, mais l’épreuve du feu viendra avec l’utilisation publique et l’approbation gouvernementale.
Cette incertitude n’empêche pas certains rapprochements stratégiques. Ford et Geely seraient en négociation pour une collaboration incluant les technologies de conduite automatisée, signe que même les constructeurs américains reconnaissent l’avance technologique chinoise.
La bataille qui se dessine dépasse largement le cadre des véhicules électriques. Elle concerne l’ensemble de l’écosystème automobile de demain, où la capacité à traiter l’information en temps réel et à prendre des décisions autonomes deviendra aussi cruciale que l’autonomie de la batterie ou la puissance du moteur. Reste à savoir si l’Occident saura relever ce défi technologique avant que l’écart ne devienne insurmontable.
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