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Tesla forcé de réduire la puissance de ses modèles à cause des taxes

Albert Lecoq

Si vous pensiez que Tesla ne connaissait que la vitesse et la puissance, vous pourriez être surpris d’apprendre que la réalité varie d’un pays à l’autre. Concentrons-nous sur des cas particuliers à Singapour et en Turquie, où des régulations locales influencent directement les performances des véhicules électriques populaires de la marque.

La Tesla Model 3 à Singapour : une puissance (très) limitée

À Singapour, l’achat d’un véhicule ne se fait pas sans l’obtention préalable d’un certificat d’admissibilité, au prix exorbitant d’environ 70 000 dollars. Deux catégories de ce certificat existent : la Catégorie A, limitant les voitures à une puissance de 110 kilowatts (148 chevaux), et la Catégorie B, pour les véhicules dépassant cette limite. C’est ainsi que la Tesla Model 3, dans sa version locale, se trouve plafonnée à 110 kW. Paradoxalement, cela en fait la Tesla la moins réactive, avec un temps d’accélération de 0 à 100 km/h de 8,6 secondes.

Les Tesla Model 3 et Model Y bridées

Il est fascinant de noter que la version de la Model 3 avec puissance standard, soit environ 283 chevaux, ne coûte que 500 dollars de plus que le modèle limité. La principale économie réalisée réside donc dans l’acquisition d’un certificat moins coûteux.

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Les Tesla Model 3 et Model Y bridées

La Tesla Model Y en Turquie : ajustements similaires et impacts fiscaux

En Turquie, Tesla a appliqué un bridage similaire pour la Model Y, la puissance de la version de base étant abaissée à 159 kW (213 chevaux), juste en dessous du seuil où un palier fiscal supérieur serait applicable, à savoir 160 kW. Cette mesure fiscale a pour effet de réduire significativement le coût d’achat du modèle de base, qui revient à environ 60% du prix du modèle supérieur, le Long Range AWD.

Ce bridage de puissance n’altère pas radicalement les performances du véhicule. La Model Y base accélère de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes, seulement 0,6 secondes de plus comparé au modèle non bridé, et sa vitesse maximale reste inchangée à 217 km/h. Ces ajustements montrent que Tesla souhaite offrir des options compétitives tout en respectant les directives fiscales locales sans pour autant sacrificier les performances de manière drastique.

Conséquences des limites de puissance logicielles

Tesla utilise des logiciels pour appliquer ces limites de puissance, ce qui suggère qu’il serait techniquement possible de les retirer. Cependant, de tels changements iraient à l’encontre des lois locales et auraient donc des implications légales non négligeables. Il est donc peu probable que Tesla propose des modifications de ce type, surtout dans des marchés où la marque est contrainte de s’adapter pour éviter d’affecter ses ventes.

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Il est intéressant de spécifier que ces plafonnements ne sont pas susceptibles d’être observés sur des marchés comme les États-Unis ou même l’Europe, où bien que certaines nations imposent des taxes basées sur la puissance des véhicules, ces dernières n’impactent pas directement le prix d’achat de la même façon que cela peut être le cas en Turquie.

Impact sur les consommateurs et le marché

Ces stratégies de Tesla soulèvent des questions pertinentes sur l’équilibre entre conformité réglementaire et offre de performances. Pour les consommateurs vivant en Turquie et à Singapour, ces modèles adaptés localement peuvent représenter des options plus accessibles grâce aux économies significatives sur les taxes ou les certificats d’admissibilité. Cependant, ils doivent également composer avec des performances légèrement réduites.

Cette situation met en lumière une facette souvent ignorée de l’industrie automobile électrique : l’adaptation nécessaire aux cadres réglementaires locaux peut parfois entraîner des compromis sur les performances. Pour Tesla, le défi réside dans le fait de conserver l’attrait de ses véhicules tout en se conformant aux différentes lois fiscales mondiales, un équilibre délicat à maintenir.

Naviguer entre les exigences législatives et les attentes des consommateurs représente donc un défi continu pour Tesla, comme pour beaucoup d’autres fabricants de véhicules électriques. Ces ajustements, bien que nécessaires, sont de précieuses leçons sur la complexité et l’interopérabilité des réglementations automobiles globales et des stratégies de marché des constructeurs automobiles électriques.

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