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La voiture électrique sera-t-elle épargnée par le malus automobile l’année prochaine ?

Philippe Moureau

L’Assemblée nationale continue d’examiner le projet de loi de finances 2026, avec plusieurs amendements qui modifient les contours du malus CO2 et du malus au poids. Si certains durcissements prévus pour l’année prochaine semblent acquis, d’autres mesures font l’objet de négociations et pourraient être reportées ou supprimées.

Le malus CO2 maintenu à un niveau strict pour 2026

Vous l’aurez sans doute remarqué, le gouvernement souhaitait initialement poursuivre l’aggravation progressive du malus écologique jusqu’en 2028. Le projet prévoyait un déclenchement dès 98 g/km de CO2 avec une taxe maximale portée à 100 000 euros. Cette trajectoire sur trois ans n’a finalement pas trouvé de consensus parlementaire, comme l’a confirmé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

Malgré ce recul, les paramètres déjà votés dans la loi de finances 2025 restent en vigueur. Concrètement, dès l’année prochaine, le malus s’appliquera à partir de 108 g/km au lieu des 113 g/km actuels. Le plafond grimpe également à 80 000 euros contre 70 000 euros aujourd’hui. Cette évolution touchera principalement les SUV thermiques et les berlines haut de gamme, secteurs où les constructeurs peinent encore à proposer des alternatives électriques abordables.

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Report du malus rétroactif sur l’occasion

Un assouplissement semble se dessiner concernant le malus rétroactif qui devait frapper certains véhicules d’occasion. Cette mesure particulièrement complexe visait uniquement les voitures immatriculées après 2015 ayant bénéficié d’exonérations lors de leur première vente, notamment celles vendues à des personnes handicapées.

Le principe était simple : en cas de revente à partir du 1er janvier 2026, ces véhicules auraient dû s’acquitter rétroactivement du malus CO2. Face aux difficultés d’application et aux protestations du secteur automobile, l’exécutif se montre ouvert à un report de cette disposition à 2027, voire 2028. Une sage décision quand on connaît la complexité administrative que représenterait le suivi de ces cas particuliers pour les préfectures.

Malus au poids : nouvelles exonérations pour les familles

Le malus basé sur la masse des véhicules continue sa trajectoire descendante. Après être passé de 1800 kg à 1600 kg en 2024, le seuil de déclenchement s’établira à 1500 kg l’année prochaine. Cette évolution reflète la volonté de décourager l’achat de véhicules lourds, souvent plus polluants et dangereux en cas d’accident.

Les députés ont adopté un amendement du Rassemblement national pour exonérer totalement les familles nombreuses de cette taxe. L’argument avancé est légitime : ces ménages n’ont souvent pas le choix et doivent se tourner vers des véhicules plus volumineux. Le gouvernement s’était pourtant opposé à cette mesure, rappelant l’existence d’abattements de 200 kg par enfant déjà en vigueur.

  • Seuil actuel : 1600 kg
  • Seuil 2026 : 1500 kg
  • Abattement hybride simple : 100 kg
  • Abattement hybride rechargeable : 200 kg
  • Abattement par enfant : 200 kg
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Voitures électriques : un régime d’exception préservé

L’un des enjeux majeurs concernait l’évolution du traitement fiscal des véhicules électriques. Initialement, la loi de finances 2025 prévoyait de limiter l’exonération du malus masse aux seuls modèles “à faible empreinte carbone” à partir du 1er juillet 2026. Cette restriction visait à favoriser les voitures électriques fabriquées en Europe, conformes aux critères de l’éco-score.

Le député Renaissance Jean-Marie Fiévet a obtenu l’adoption d’un amendement supprimant cette limitation. Son argumentation portait sur l’immaturité du marché électrique et les risques d’une “fiscalité punitive” envers cette technologie. Les véhicules électriques conservent donc leur exonération complète, indépendamment de leur lieu de production. Cette décision contrarie l’exécutif qui souhaitait privilégier l’industrie automobile européenne face à la concurrence chinoise.

Type de véhiculeAbattement malus masseStatut 2026
ÉlectriqueExonération totaleMaintenue
Hybride rechargeable200 kgInchangé
Hybride simple100 kgInchangé

Un budget encore incertain

Ces évolutions restent conditionnées à l’adoption définitive du projet de loi de finances 2026. Dans le contexte politique actuel, rien n’est acquis et plusieurs scénarios demeurent possibles, y compris le recours à l’article 49.3 ou une motion de censure. Les automobilistes devront donc patienter avant de connaître les règles fiscales exactes qui s’appliqueront à leurs achats l’année prochaine.

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En attendant, les constructeurs adaptent déjà leurs stratégies commerciales à ces nouvelles contraintes. L’électrification s’accélère, particulièrement sur les segments premium où les malus deviennent prohibitifs. Pour vous qui envisagez un achat en 2026, l’équation financière penche clairement en faveur des motorisations alternatives, qu’il s’agisse d’hybride ou d’électrique pur.

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