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La Porsche Taycan occupe une place à part dans le monde des voitures électriques performantes. Elle a su convaincre les puristes, enregistré des records sur circuit et s’est vendue en nombre suffisant pour prouver qu’une berline électrique pouvait procurer de vraies sensations de conduite. Mais en 2026, elle doit faire face à un rival direct et sérieux : la Mercedes-AMG GT 4-Door électrique, une fastback quatre portes qui la surpasse sur plusieurs points techniques clés, et qui promet en prime quelque chose que peu de voitures électriques osent revendiquer : du caractère.
La configuration mécanique de l’AMG GT 4-Door est ce qui la distingue en premier lieu. Contrairement à la majorité des voitures électriques hautes performances qui fonctionnent avec deux moteurs — un par essieu —, la Mercedes-AMG adopte une architecture tri-moteur : un moteur à l’avant, et deux moteurs à flux axial à l’arrière, chacun pilotant une roue de manière indépendante. Ce type de motorisation, plus compact et plus dense en énergie que les moteurs à flux radial classiques, permet une gestion extrêmement précise du couple sur chaque roue arrière.
Concrètement, cela se traduit par un vectoring de couple d’une finesse inédite sur ce segment. Le logiciel peut faire tourner la voiture, maintenir un angle en dérapage contrôlé, puis relancer avec une précision chirurgicale. Avec plus de 1 100 chevaux à gérer, cette architecture n’est pas un gadget : c’est une nécessité pour que la puissance soit exploitable sans partir en tête-à-queue au premier coup d’accélérateur appuyé.

Voici comment les deux rivales se comparent dans leur version la plus poussée :
| Modèle | Puissance max | Couple max | 0 à 100 km/h | Vitesse max | Charge max |
|---|---|---|---|---|---|
| Mercedes-AMG GT63 4-Door EV | 1 153 ch | 1 800 Nm | 2,1 s | 300 km/h (option) | 600 kW |
| Porsche Taycan Turbo GT (Weissach) | 1 092 ch | 1 340 Nm | 2,2 s | 305 km/h (Weissach) | 320 kW |
L’écart de puissance est finalement assez modeste : 1 153 chevaux contre 1 092 ch pour la Taycan Turbo GT en mode overboost avec le pack Weissach. Mais l’écart en couple est, lui, considérable. 1 800 Nm contre 1 340 Nm, c’est une différence de 460 Nm — autant dire que sous accélération franche, vous allez ressentir une poussée encore plus brutale que dans la Porsche, là où votre nuque commence déjà à vous rappeler ses limites. Sur le temps au 0 à 100 km/h, l’AMG prend un dixième d’avance avec 2,1 secondes, sans même avoir à supprimer les sièges arrière comme le demande le pack Weissach chez Porsche.
Tout comme la Taycan, l’AMG GT 4-Door repose sur une architecture 800 volts développée spécifiquement pour ce type de véhicule. Mais Mercedes va plus loin en termes de recharge : la voiture accepte jusqu’à 600 kW de puissance de charge, ce qui lui permet de passer de 10 à 80 % en seulement 11 minutes. C’est la borne qui risque de manquer avant que la batterie ne soit à court d’idées, les infrastructures capables de délivrer une telle puissance restant très rares en 2026.
La batterie elle-même joue un rôle structurel dans le châssis : intégrée comme un élément porteur, elle abaisse le centre de gravité tout en renforçant la rigidité torsionnelle de l’ensemble. Ce n’est pas sans rappeler l’approche de Porsche sur la Taycan, mais Mercedes pousse la logique un cran plus loin avec sa nouvelle plateforme AMG.EA, qui serait théoriquement capable de supporter plus de 1 600 chevaux. Ce chiffre n’est pas anodin : il laisse entendre que des versions encore plus radicales pourraient être envisagées, notamment si AMG souhaite s’attaquer au record du Nürburgring en catégorie électrique, récemment repris par Porsche avec une Taycan Turbo GT légèrement modifiée par Manthey.
Au-delà du duel franco-allemand, d’autres prétendants méritent d’être mentionnés. La Xiaomi SU7 Ultra, venue de Chine, revendique 1 548 chevaux et un 0 à 100 km/h annoncé en 1,98 seconde. Sur le papier, elle devance les deux européennes. Mais les chronos sur circuit racontent une autre histoire : malgré sa puissance supérieure, la SU7 Ultra s’est montrée moins efficace que la Taycan sur le Nürburgring, là où la dynamique de châssis et la gestion électronique pèsent autant que les watts.
Ce que cette confrontation illustre, c’est que le segment des berlines électriques ultra-performantes s’est structuré autour de quelques acteurs sérieux, avec des philosophies différentes. Porsche mise sur un équilibre entre plaisir de conduite, polyvalence et légitimité sur circuit. Mercedes-AMG joue la carte de la surenchère technique mesurée, avec un résultat qui semble au moins aussi convaincant sur le papier. La vraie réponse viendra des chronos en conditions réelles — et des sensations que ces deux machines procureront à ceux qui ont les moyens de les mettre à l’épreuve.
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