Voitures électriques chinoises : seules ces marques survivront réellement en Europe
Le marché des voitures électriques chinoises en Europe ressemble davantage à un feu de paille qu’à un véritable tsunami. Malgré […]
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Vous l’aviez peut-être oubliée, mais la Mercedes EQS était censée incarner le futur du luxe automobile. Près de quatre ans après son lancement, le constat est sans appel : cette berline électrique premium peine à convaincre. En 2024, Mercedes a écoulé près de dix fois plus de Classe S thermiques que d’EQS électriques. Un ratio qui interroge, surtout quand on connaît les investissements colossaux consentis par l’étoile pour développer sa gamme EQ. Gordon Wagener, directeur du design chez Mercedes, vient de livrer une explication pour le moins inattendue à ce fiasco commercial.
Contrairement aux critiques habituelles qui pointent du doigt l’esthétique controversée de l’EQS, Gordon Wagener assume pleinement ses choix stylistiques. Sa déclaration à nos confrères d’Autocar surprend : “Je pense que l’EQS a été lancée 10 ans trop tôt“. Autrement dit, ce ne serait pas le design qui pose problème, mais bien la capacité du marché à l’accepter. Une position audacieuse qui mérite qu’on s’y attarde.
L’EQS arbore effectivement des lignes qui tranchent radicalement avec les codes traditionnels de Mercedes. Ses surfaces lisses, sa silhouette mono-volume et sa face avant fermée créent un objet automobile inédit dans la gamme. Wagener estime que cette rupture esthétique était nécessaire pour différencier l’électrique du thermique, mais reconnaît que les clients n’étaient pas prêts à franchir le pas. Le parallèle avec la CLS première génération est révélateur : cette dernière avait également divisé avant de s’imposer comme une référence.
Le responsable du design pointe également une erreur de positionnement stratégique. L’EQS n’aurait jamais dû être présentée comme “la Classe S électrique”, mais plutôt comme un véhicule de luxe d’un genre nouveau. Cette confusion marketing a créé des attentes inadéquates chez une clientèle habituée aux standards visuels de la berline thermique.
Les chiffres de vente parlent d’eux-mêmes. Malgré des caractéristiques techniques impressionnantes – jusqu’à 516 kilomètres d’autonomie WLTP pour certaines versions et une puissance de 523 chevaux sur l’AMG EQS 53 – l’accueil commercial reste décevant. Les clients fortunés semblent privilégier la Classe S traditionnelle, plus rassurante dans ses codes esthétiques et sa prestance habituelle.
Pourtant, sur le papier, l’EQS ne manque pas d’arguments. Voici les principales caractéristiques qui auraient dû séduire :
Ces performances placent l’EQS dans le peloton de tête des berlines électriques de luxe, aux côtés de la BMW iX et de l’Audi e-tron GT. Mais les chiffres techniques ne suffisent visiblement pas à compenser l’inadéquation entre l’offre et les attentes du marché haut de gamme.
Face à ce constat, Mercedes prépare déjà sa riposte. La prochaine génération de Classe S électrique abandonnera la différenciation esthétique pour adopter une approche plus consensuelle. Thermique et électrique partageront désormais la même carrosserie, développée sur une plateforme dédiée mais aux lignes familières.
Cette stratégie de convergence s’accompagne de la disparition progressive de la nomenclature EQ. Fini les EQS, EQE et autres appellations spécifiques : les futures voitures électriques Mercedes porteront directement le nom de leur équivalent thermique. Une façon de rassurer une clientèle visiblement attachée aux références traditionnelles de la marque à l’étoile.
Les amateurs de différenciation devront se tourner vers d’autres modèles, comme la future AMG GT 4 portes électrique, qui conservera une identité visuelle spécifique. Cette segmentation permettra à Mercedes de satisfaire à la fois les puristes du design distinctif et les clients préférant la continuité esthétique. L’avenir dira si cette nouvelle approche permettra enfin à l’électrique premium allemand de trouver son public.
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