Finalement, le prochain SUV électrique de Mercedes aura un moteur essence
Mercedes-Benz avait annoncé en 2023 l’arrivée d’un Classe G miniature prévu pour 2027, initialement conçu comme un véhicule 100% électrique. […]
Sommaire
Le Mercedes G580 électrique fait face à une réalité commerciale difficile. Malgré des critiques élogieuses de la presse spécialisée et des performances techniques impressionnantes, ce modèle peine à convaincre sa clientèle traditionnelle. Les chiffres de vente révèlent un écart surprenant avec les versions thermiques, soulevant des questions sur l’adaptation des clients premium à l’électrification.
Cette situation illustre parfaitement les défis auxquels font face les constructeurs lors de la transition électrique, même sur des segments de niche où le prix ne constitue pas nécessairement un frein. Le cas du G580 mérite qu’on s’y attarde pour comprendre les enjeux qui se cachent derrière ces résultats décevants.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’en avril dernier, Mercedes n’a écoulé que 1 450 exemplaires de son G580 électrique, contre 9 700 unités pour les versions à combustion. Cette différence de ratio interpelle d’autant plus que le G-Class électrique bénéficie pourtant d’atouts techniques indéniables. Selon des sources internes citées par Handelsblatt, certains chez Mercedes considèrent ce modèle comme “un échec complet”, les véhicules s’accumulant chez les concessionnaires.
La marque à l’étoile préfère relativiser ces données en mettant en avant les performances globales de la gamme G-Class. Les ventes combinées ont effectivement progressé de 18% en 2025 par rapport à l’année précédente, avec un record historique établi au quatrième trimestre 2024. Cette stratégie de communication révèle la sensibilité du sujet pour un constructeur qui mise gros sur l’électrification de ses modèles iconiques.

Avec un prix de départ fixé à 147 000 euros en Europe et 162 250 dollars aux États-Unis, le G580 se positionne dans une fourchette cohérente avec l’image premium de la marque. Cette tarification ne devrait pas constituer un obstacle majeur pour une clientèle habituée à débourser des sommes importantes pour ce type de véhicule. Le problème semble donc résider ailleurs que dans la politique tarifaire de Mercedes.
La question de l’autonomie pourrait jouer un rôle dans cette désaffection. Avec 385 kilomètres d’autonomie EPA, le G580 propose des performances correctes mais non exceptionnelles. Cette limitation peut rebuter une clientèle qui privilégie parfois les longs trajets, même si l’usage typique d’un Classe G reste majoritairement urbain et périurbain.
Le G580 propose pourtant des arguments techniques solides avec sa motorisation à quatre moteurs électriques qui en fait la version la plus capable en tout-terrain de la gamme. Ses performances pures dépassent même celles des versions thermiques dans certaines situations. Mercedes a même développé le système “G-Roar” pour reproduire artificiellement les sensations sonores du V8, tentant ainsi de préserver l’ADN émotionnel du modèle.
Cette approche révèle la complexité de l’électrification sur ce segment. Les acheteurs de Classe G recherchent une expérience spécifique, largement liée aux sensations procurées par le moteur V8. Les caractéristiques techniques suivantes illustrent les efforts de Mercedes pour combler cet écart :
Les difficultés commerciales du G580 pourraient influencer les décisions stratégiques de Mercedes concernant le futur “baby G-Class”. Initialement conçu comme un modèle 100% électrique, ce véhicule pourrait finalement recevoir des motorisations thermiques ou hybrides. Des ingénieurs Mercedes, cités anonymement, évoquent un coût de développement “gérable” pour adapter la plateforme électrique à d’autres types de motorisation.
Cette flexibilité technique n’est pas inédite dans l’industrie automobile. Fiat a récemment réintroduit des moteurs thermiques dans sa 500e après des ventes décevantes de la version purement électrique. Mercedes semble donc prêt à adopter une approche similaire si nécessaire, privilégiant l’adaptation aux attentes du marché plutôt que le respect strict de sa feuille de route électrique.
L’échec relatif du G580 révèle les spécificités de sa clientèle. Contrairement aux acheteurs de berlines premium qui peuvent plus facilement accepter l’électrification, les propriétaires de Classe G entretiennent un rapport particulier avec leur véhicule. Le Classe G reste avant tout un symbole statutaire où l’émotion prime souvent sur la rationalité technique.
Le lancement prévu du baby G-Class dans environ deux ans constituera un test intéressant pour valider ou infirmer ces hypothèses. Mercedes dispose encore de temps pour ajuster sa stratégie et potentiellement proposer plusieurs options de motorisation dès le lancement. Cette approche pragmatique pourrait s’avérer plus efficace qu’un positionnement exclusivement électrique sur ce segment particulier.
L’avenir du G580 dépendra largement de l’évolution des mentalités de sa clientèle cible. Mercedes mise sur une transition progressive, en maintenant parallèlement l’offre thermique pour répondre aux attentes actuelles tout en préparant l’adaptation future aux nouvelles réglementations environnementales. Une stratégie qui reflète les réalités complexes de l’électrification dans le segment du luxe automobile.
Réagissez à l'article