Neige, pluie, gravier : cette IA adapte votre voiture sans que vous fassiez rien
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Changement radical de cap chez Porsche. Il y a tout juste un an, le constructeur de Stuttgart critiquait ouvertement les systèmes de changement de vitesses artificiels sur les véhicules électriques, estimant qu’ils rendaient ces derniers “pires”. Aujourd’hui, la marque allemande développe secrètement cette même technologie et envisage sérieusement de l’intégrer à ses prochains modèles électriques. Cette volte-face surprenante révèle l’évolution rapide des mentalités dans l’industrie automobile électrique.
L’information provient de Sascha Niesen, responsable de la validation des prototypes chez Porsche, qui a récemment fait des révélations lors d’un essai du Cayenne électrique en développement. Selon ses déclarations, les ingénieurs de la marque ont mis au point un système si abouti que même eux ne parviennent plus à distinguer la simulation de la réalité.
Le travail de Porsche ne se limite pas à une simple imitation grossière. Les équipes d’ingénieurs ont entrepris un travail minutieux de reproduction des sonorités du V8 du Cayenne thermique pour l’adapter à la version électrique. Cette démarche implique un enregistrement complet des bruits moteur, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du véhicule, incluant les sons d’échappement.
La complexité de cette approche réside dans l’adaptation de ces sons aux spécificités des moteurs électriques. Comme l’explique Niesen, vous ne pouvez pas simplement plaquer les sons d’un V8 sur une voiture électrique. Il faut moduler ces bruits car la plage de régime d’un véhicule électrique est considérablement plus étendue que celle d’un moteur thermique. C’est précisément ici que les vitesses virtuelles prennent tout leur sens, permettant d’utiliser l’ensemble de cette palette sonore selon le nombre de rapports fictifs programmés.
L’aveu le plus saisissant de Niesen concerne son expérience personnelle avec un prototype équipé de palettes au volant en mars dernier. Initialement hostile à cette technologie qu’il jugeait artificielle, il s’attendait à détester cette innovation développée par ce qu’il imaginait être des “geeks informatiques” sans compréhension mécanique réelle.
Sa surprise fut totale : le système reproduisait fidèlement les sensations d’une boîte automatique à convertisseur de couple traditionnelle. Cette expérience l’a définitivement convaincu de la pertinence technique de cette approche, malgré ses réticences initiales. Le niveau de sophistication atteint par les développeurs a dépassé ses attentes les plus optimistes.
Porsche adopte une approche pragmatique concernant l’intégration potentielle de cette technologie. Le constructeur privilégie la liberté de choix plutôt que l’imposition d’une expérience de conduite unique. Si cette fonctionnalité voit le jour sur les futurs véhicules électriques de la marque, elle restera optionnelle et personnalisable selon les préférences de chaque conducteur.
Cette philosophie s’inscrit dans la tradition de Porsche, marque pour laquelle les sensations de conduite constituent un élément fondamental de l’identité. Les aspects visuels, sonores et tactiles forment un ensemble indissociable de l’expérience de conduite que propose le constructeur. Niesen insiste sur ce point : dans une voiture électrique, l’engagement du conducteur ne peut pas être obligatoire, mais l’option doit exister pour ceux qui recherchent une expérience émotionnelle plus intense.
Cette démarche n’est pas sans rappeler l’introduction des transmissions CVT (Continuously Variable Transmission) par les constructeurs automobiles. À l’époque, ces boîtes de vitesses à variation continue avaient été programmées pour simuler des rapports de vitesses traditionnels, uniquement pour rassurer les conducteurs habitués aux sensations des boîtes mécaniques classiques.
Niesen reconnaît volontiers que d’un point de vue purement technique, ajouter des points de changement de vitesses artificiels à un véhicule électrique n’a aucun sens. Cette position rejoint celle exprimée l’année dernière par Lars Kern, pilote d’essais chez Porsche, qui qualifiait ces systèmes de simulation d’éléments “du passé”. Mais l’expérience utilisateur et l’émotion de conduite transcendent parfois la logique purement technique.
Le projet reste en phase d’étude chez Porsche, sans décision définitive concernant son déploiement commercial. Cette approche mesurée témoigne de la volonté du constructeur de ne pas précipiter une décision qui pourrait influencer durablement l’image de ses futurs véhicules électriques. L’objectif demeure de proposer une expérience de conduite authentique tout en préservant les avantages intrinsèques de la motorisation électrique.
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