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Vous avez probablement entendu parler de Donut Lab et de sa batterie solid-state qui promet de bouleverser le marché des véhicules électriques. Depuis janvier, cette startup finlandaise multiplie les annonces et les rapports de tests indépendants. Cinq rapports ont été publiés par le centre de recherche technique VTT en Finlande, et pourtant, aucun ne valide les deux chiffres qui comptent vraiment : la densité énergétique de 400 Wh/kg et la durée de vie de 100 000 cycles. Alors que la date butoir fixée pour livrer ces batteries dans les motos Verge arrive à échéance fin mars 2026, soit dans huit jours, le dernier test publié le 13 mars apporte des données supplémentaires sans changer fondamentalement la donne.
Le rapport le plus récent (VTT-CR-00178-26), signé par le chef d’équipe de recherche Ari Hentunen et validé par le professeur de recherche Mikko Pihlatie, décrit un test de cyclage à 5C sur une cellule baptisée DL2. Le problème ? Cette cellule était déjà endommagée. Lors d’un test précédent de décharge à 100°C, la pochette de la cellule a perdu son vide, ce qui représente une compromission structurelle majeure pour une batterie solid-state qui nécessite un contact mécanique étroit entre les couches. L’objectif de ce test était précisément d’évaluer si la cellule abîmée pouvait encore fonctionner sous des courants de charge et décharge élevés.
La réponse courte : à peine. VTT a effectué cinquante cycles à 5C (130 ampères) entre 0% et 90% d’état de charge à température ambiante. La capacité de décharge initiale à 1C mesurait 24,689 Ah, proche de la valeur nominale de 26 Ah. Mais après seulement six cycles à 5C, la capacité a commencé à chuter brutalement. À l’issue des 50 cycles, elle était tombée à 11,194 Ah, soit une réduction de 54,66%. L’efficacité énergétique est passée de 89,6% à 83,0%, et la cellule a gonflé de 17% en épaisseur.
Compte tenu de l’état détérioré de la cellule, ce résultat n’est pas totalement surprenant. Il serait injuste de le considérer comme représentatif de ce qu’une cellule Donut Lab en bon état ferait dans les mêmes conditions. La perte du vide a presque certainement accéléré la dégradation. Le rapport met néanmoins en lumière un problème plus fondamental : c’est ce qui se rapproche le plus d’un test de durée de vie en cyclage qu’un laboratoire indépendant ait réalisé sur une cellule Donut Lab, et il a été effectué sur un échantillon compromis. Personne n’a testé la durabilité en cyclage d’une cellule saine.
À travers cinq rapports VTT, Donut Lab a construit un argumentaire minutieux autour de ses affirmations les moins controversées. Le premier rapport confirmait la charge rapide : la cellule atteignait 80% en 4,5 minutes à 11C, un résultat authentique. Le deuxième montrait que la cellule survivait à une décharge à 100°C, même si elle perdait son vide au passage. Le troisième démontrait une faible autodécharge, conservant 97,7% de charge après 10 jours. Le quatrième passait au niveau du pack, maintenant une charge de 100 kW dans une moto Verge TS Pro. Et ce cinquième rapport teste la résilience en cyclage d’une cellule endommagée.
Chacun de ces résultats représente une véritable donnée d’ingénierie. Mais aucun ne touche aux deux spécifications qui valideraient la technologie comme véritablement disruptive : les fameux 400 Wh/kg de densité énergétique et les 100 000 cycles de durée de vie. Pour mettre ces chiffres en perspective, 400 Wh/kg dépasserait significativement les meilleures cellules lithium-ion commerciales actuelles, et 100 000 cycles représenteraient environ 270 ans de charge quotidienne, soit plusieurs ordres de grandeur au-delà des 1 000 à 5 000 cycles que les meilleures cellules atteignent aujourd’hui.
Vérifier la densité énergétique nécessite simplement de peser la cellule et de mesurer sa production d’énergie, un test parfaitement simple. Pourtant, après cinq rapports, aucune partie indépendante ne l’a effectué. De même, effectuer quelques centaines de cycles sur une cellule saine prendrait des jours, pas des mois. Le fait que ni l’un ni l’autre n’apparaisse dans aucun rapport VTT soulève une question évidente : l’omission est-elle délibérée ?
Le PDG Marko Lehtimäki a engagé sa réputation personnelle en promettant d’avoir ces batteries dans les motos Verge de production d’ici la fin du premier trimestre 2026, soit le 31 mars. Tuomo Lehtimäki, PDG de Verge Motorcycles, a déclaré que les premières livraisons commenceraient “fin mars”, mais les certifications de sécurité de l’UE et des États-Unis sont toujours en attente, et l’entreprise a limité sa production 2026 à environ 350 motos.
Voici ce que les tests indépendants ont vérifié jusqu’à présent :
Et voici ce qui n’a jamais été testé indépendamment :
Les résultats validés par VTT ne sont pas négligeables. Une batterie qui charge vite, gère les températures extrêmes et conserve sa charge représente une technologie fonctionnelle, pas un simple exercice de marketing. Le problème réside dans ce qui manque. Les deux spécifications qui séparent une bonne batterie d’une technologie révolutionnaire restent complètement non vérifiées par un tiers indépendant.
Si les motos de production sont effectivement livrées avec des cellules Donut Lab, les affirmations concernant la densité énergétique et la durée de vie en cyclage deviendront testables par quiconque possède une balance et du temps. Mais “éventuellement” fait porter beaucoup de poids à une entreprise qui promettait de transformer l’ensemble de l’industrie des batteries ce trimestre. La fenêtre pour fournir cette preuve se referme rapidement, et la stratégie de communication adoptée par Donut Lab, aussi professionnelle soit-elle, laisse de nombreuses questions en suspens pour les investisseurs sérieux et les observateurs du secteur des véhicules électriques.
La situation actuelle ne prouve pas que Donut Lab mente sur ses spécifications. Elle ne prouve pas non plus que la technologie fonctionne comme annoncé. Dans huit jours, nous saurons si cette batterie solid-state tient ses promesses ou si elle rejoint la longue liste des technologies de batteries qui n’ont jamais quitté le stade des annonces enthousiastes. Pour l’instant, les données manquantes parlent aussi fort que celles qui ont été publiées.
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