Les bornes de recharge les moins chères pour vos trajets cet été
Si vous possédez une voiture électrique et que vous effectuez régulièrement de longs trajets, vous avez forcément été confronté à […]
Sommaire
À l’approche des grands départs estivaux, Leclerc dégaine une offre sur la recharge électrique qui va forcément faire parler. Le distributeur annonce un tarif de 0,19 €/kWh sur son réseau Charge E-Lec, sans abonnement requis. Une initiative qui intervient dans un contexte où les prix des carburants, malgré une légère détente ces derniers jours, restent encore au-dessus de leurs niveaux d’avant la crise au Moyen-Orient. Les conducteurs de voitures électriques, eux, sont directement dans le viseur de cette opération.
C’est Michel-Edouard Leclerc en personne, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, qui a dévoilé l’opération jeudi matin sur le plateau de TF1. Interrogé sur un éventuel geste pour les conducteurs de véhicules électriques — de plus en plus nombreux sur les routes françaises — il a été direct : « Il n’y avait pas et donc on va lancer la bataille du prix de la recharge. Nous lançons à partir de la semaine prochaine la recharge la moins chère de France. » Le ton est donné. Leclerc, fidèle à son image de casseur de prix, transpose sa stratégie habituelle sur les carburants à l’électrique.
Pour rappel, les vendredi 3 et samedi 4 juillet, l’enseigne reconduira ses opérations de carburants à prix coûtant, à l’occasion du premier week-end de grands départs en vacances. L’annonce sur la recharge électrique s’inscrit donc dans cette même logique commerciale : attirer les clients, quelle que soit leur motorisation. Avec un parc de véhicules électriques qui continue de grossir en France, ignorer cette clientèle n’aurait guère de sens.
Le chiffre de 0,19 €/kWh interpelle, et pour cause. Les opérateurs de recharge pratiquent généralement des tarifs situés entre 25 et 27 centimes du kWh en moyenne, parfois bien davantage sur les bornes rapides en itinérance. À titre de comparaison, Electra proposait récemment du 0,19 €/kWh, mais uniquement en heures creuses et avec un abonnement payant à la clé. Ici, pas d’abonnement : vous rechargez, vous payez, point.
Nuance de taille, précisée dans le communiqué officiel de l’enseigne : ce tarif plancher s’applique exclusivement aux bornes jusqu’à 22 kW. Il s’agit donc de recharge en courant alternatif (AC), celle que l’on qualifie habituellement de « standard » ou « accélérée ». Michel-Edouard Leclerc avait d’ailleurs évoqué une « recharge standard » lors de son passage télévisé, ce qui laissait peu de place au doute. Ce n’est pas la recharge rapide en courant continu (DC) qui est concernée par ce tarif agressif.
Le réseau Charge E-Lec, lancé par Leclerc il y a quelques mois avec une application mobile dédiée, propose en réalité plusieurs catégories de bornes avec des puissances différentes. Voici ce que l’on sait à ce stade sur la structure tarifaire :
La question qui reste en suspens est précisément celle des bornes rapides. Leclerc a-t-il prévu d’aligner aussi les tarifs sur ces puissances supérieures ? Pour l’instant, aucun chiffre officiel n’a filtré pour les deux dernières catégories. Ce sont pourtant celles qui intéressent le plus les automobilistes en déplacement longue distance, ceux qui s’arrêtent 20 à 30 minutes sur une aire ou un parking de supermarché pour récupérer 150 à 200 km d’autonomie. On surveille donc de près la suite des annonces.
Soyons clairs : une borne de 22 kW n’est pas faite pour les conducteurs pressés. En pratique, la grande majorité des voitures électriques accepte entre 7,4 kW et 11 kW en AC, parfois 22 kW pour les modèles compatibles comme certaines Renault ou quelques Tesla. Cela signifie qu’une session de recharge de 30 à 45 minutes vous apportera, selon votre véhicule, entre 3,5 et 16 kWh supplémentaires, soit 20 à 90 km d’autonomie supplémentaire selon la consommation de votre modèle.
Ce type de borne s’adresse avant tout à deux profils :
Pour ces derniers, un kWh à 0,19 € sans abonnement représente une économie réelle et non négligeable sur le long terme. En comparaison, recharger à domicile coûte en moyenne entre 0,20 et 0,25 €/kWh selon votre contrat, ce qui place Leclerc dans une fourchette tarifaire franchement compétitive, même face au particulier équipé d’un compteur heures pleines/heures creuses classique. Pour les recharges du quotidien à faible puissance, l’offre tient donc la route.
Reste à savoir si l’enseigne confirmera des tarifs attractifs sur ses bornes rapides dans les prochains jours. C’est là que se jouera vraiment la « bataille du prix de la recharge » annoncée par Michel-Edouard Leclerc, car c’est sur ces infrastructures que la concurrence avec des acteurs comme TotalEnergies, Electra ou Izivia sera la plus directe et la plus visible pour l’automobiliste lambda en vacances.
Réagissez à l'article