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La coentreprise Horse, née de l’alliance entre Renault et Geely, vient de dévoiler un nouveau système hybride rechargeable baptisé 3DHT200. Conçu pour les grands SUV tout-terrain, ce bloc associe performances extrêmes et consommation contenue. Une équation difficile à tenir sur le papier, mais que les ingénieurs franco-chinois semblent avoir résolue avec une architecture inédite.
Le principe du 3DHT200 repose sur ce que Horse appelle un système « 13-en-1 » : treize composants regroupés dans un seul et même ensemble mécanique, pour un encombrement réduit de 10 % par rapport aux architectures hybrides classiques. Ce gain de compacité n’est pas anodin dans un segment où l’intégration des groupes motopropulseurs est un vrai casse-tête, surtout sur des SUV à vocation tout-terrain où l’espace sous le capot est souvent contraint par d’autres équipements.
L’architecture se compose d’un moteur thermique, de deux moteurs électriques et d’une batterie, le tout couplé à une transmission hybride à trois rapports. Le premier moteur électrique, appelé P1, développe 148 chevaux et joue un rôle de générateur : il lance le moteur thermique et produit de l’électricité, à la manière d’un prolongateur d’autonomie. Le second, le P3, est directement lié aux roues et assure la propulsion principale avec 308 chevaux et une vitesse de rotation pouvant dépasser les 20 000 tr/min. Ce moteur P3 est équipé d’un réducteur à rapport unique, ce qui simplifie la chaîne cinématique tout en maintenant une efficacité élevée.
Côté performances intrinsèques du système, la densité de couple a progressé de 15 % et la densité de puissance de 20 %, grâce notamment à une nouvelle disposition des aimants dans les moteurs électriques. Ces gains ne sont pas cosmétiques : ils ont un impact direct sur la réactivité du système et sur la consommation globale, maintenue à environ 5 litres aux 100 km en cycle mixte.
Ce système 3DHT200 trouve sa première application concrète dans le Geely Galaxy Cruiser 700, un grand SUV présenté officiellement en Chine fin juillet 2026, puis à Milan dès la même période. Le constructeur ne se contente donc pas d’une annonce purement théorique : le véhicule est réel, présenté devant le public et destiné à la commercialisation.
Dans sa configuration maximale, le Cruiser 700 reçoit un troisième moteur électrique positionné à l’essieu arrière, ce qui lui confère une transmission intégrale et porte la puissance totale à 1 113 chevaux. Le couple maximal mesuré aux roues atteint 4 920 Nm, un chiffre rendu possible par les rapports de démultiplication de la transmission. Concrètement, cela se traduit par une capacité à gravir des pentes allant jusqu’à 45 degrés et un 0 à 100 km/h annoncé en environ 3 secondes. Toutes les versions du Cruiser 700 s’appuient sur une batterie LFP de 47,14 kWh signée CATL, offrant une autonomie 100 % électrique comprise entre 165 et 185 km.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance totale | 1 113 ch |
| Couple maximal aux roues | 4 920 Nm |
| 0 à 100 km/h | ~3 secondes |
| Batterie | LFP 47,14 kWh (CATL) |
| Autonomie électrique | 165 à 185 km |
| Consommation thermique | ~5 l/100 km |
| Pente franchissable | 45 degrés |
La question de la disponibilité en Europe mérite qu’on s’y attarde sérieusement. Le contexte réglementaire n’est pas favorable aux véhicules hybrides rechargeables : Bruxelles resserre progressivement les conditions d’homologation des PHEV, avec une trajectoire qui vise à les faire disparaître des gammes avant 2035. Un SUV affichant un moteur thermique couplé à une batterie de moins de 50 kWh ne correspondrait pas forcément aux attentes normatives d’un marché européen de plus en plus exigeant sur les émissions réelles en usage.
Pour autant, Geely ne cache pas ses ambitions à l’international. Le Cruiser 700 a été présenté à Milan fin juillet 2026 et le constructeur annonce des exportations hors de Chine dès 2027, avec le Royaume-Uni comme premier marché cible. Le fait que ce marché soit hors Union européenne — depuis le Brexit — lui offre une marge de manœuvre réglementaire que les pays membres n’ont plus. Une arrivée sur le continent européen reste donc incertaine à court terme, mais pas totalement à exclure si Geely parvenait à positionner ce modèle dans un cadre d’usage spécifique, comme le marché des véhicules utilitaires ou des SUV premium à vocation off-road.
Du côté de Renault, la participation dans Horse soulève aussi des questions sur la stratégie à long terme du groupe au losange, qui mise par ailleurs sur le 100 % électrique avec sa marque Ampere. Développer simultanément des blocs hybrides très complexes via une coentreprise et une offre électrique pure via une entité distincte, c’est un pari industriel cohérent sur le papier, mais qui demande une exécution sans faille pour ne pas brouiller le message auprès des consommateurs.
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