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Stellantis a la solution pour booster l’autonomie de ses voitures électriques, mais elle fait grincer des dents

Philippe Moureau

Le groupe Stellantis explore une approche différente pour répondre aux inquiétudes d’autonomie des conducteurs français. Plutôt que de se contenter d’augmenter la taille des batteries, l’entreprise étudie l’adoption du prolongateur d’autonomie déjà utilisé par sa filiale Leapmotor. Cette technologie pourrait bientôt équiper les modèles Peugeot, Citroën, Opel, DS et Fiat, offrant une solution intermédiaire entre électrique pur et hybride traditionnel.

Tianshu Xin, PDG international de Leapmotor, confirme que Stellantis évalue activement le partage de cette technologie au sein de ses différentes marques. Les discussions portent sur l’intégration du système REEV (Range Extended Electric Vehicle) dans d’autres gammes de produits, une démarche qui s’inscrit dans la stratégie d’adaptation aux attentes du marché européen.

Le prolongateur d’autonomie expliqué simplement

Le principe du prolongateur d’autonomie diffère fondamentalement de l’hybridation classique. Dans ce système, un moteur thermique compact fonctionne exclusivement comme générateur pour alimenter la batterie électrique. Contrairement aux hybrides traditionnels, ce moteur n’est jamais connecté aux roues, conservant ainsi une expérience de conduite 100% électrique.

Leapmotor propose déjà cette solution sur ses modèles C10 REEV et B10, affichant une autonomie théorique proche des 1 000 kilomètres. Le système combine une batterie de capacité modérée avec un petit moteur essence de 1,5 litre, permettant de maintenir la charge pendant les longs trajets. Cette approche évite l’ajout de batteries surdimensionnées qui alourdissent considérablement le véhicule et augmentent les coûts de production.

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Une intégration facilitée par les plateformes communes

L’adoption du prolongateur d’autonomie serait techniquement simple pour Stellantis grâce à l’harmonisation de ses plateformes. Le groupe utilise principalement trois architectures : la CMP pour les véhicules compacts, la STLA Medium pour les segments supérieurs, et la plateforme Smart Car. Cette standardisation permettrait un déploiement rapide de la technologie REEV across plusieurs modèles.

Les marques concernées par cette éventuelle adoption incluent :

  • Opel pour ses SUV et berlines familiales
  • Citroën sur ses modèles C4 et C5 Aircross
  • Peugeot notamment pour les 3008 et 5008
  • DS sur sa gamme premium
  • Fiat pour ses véhicules urbains et familiaux

Cette mutualisation technique réduirait significativement les coûts de développement et de production, rendant la technologie plus accessible aux consommateurs européens. Stellantis pourrait ainsi proposer une alternative crédible aux véhicules électriques à batterie pure tout en conservant des prix compétitifs.

Des avantages techniques mais des obstacles réglementaires

Sur le plan technique, le prolongateur d’autonomie présente des atouts indéniables. Il élimine l’anxiété liée à l’autonomie tout en maintenant des émissions réduites par rapport aux motorisations thermiques classiques. Le conducteur bénéficie d’une conduite silencieuse et du couple instantané propre aux moteurs électriques, même lors de l’activation du générateur thermique.

La situation réglementaire européenne révèle néanmoins une complexité inattendue. Bien que l’Union européenne considère ces véhicules comme électriques, la France adopte une position différente. Les autorités françaises les classent comme hybrides, ce qui les exclut automatiquement de plusieurs dispositifs d’aide :

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Aide financièreVéhicule électrique purProlongateur d’autonomie
Prime CEEÉligibleNon éligible
Leasing socialÉligibleNon éligible
Malus écologiqueExemptéApplicable
Taxe sur le poidsRéduite2 390€ (exemple C10 REEV)

L’impact sur l’écosystème automobile français

Cette classification française pénalise fortement les véhicules à prolongateur d’autonomie, créant un paradoxe économique. Un Leapmotor C10 REEV subit ainsi une double taxation : malus écologique et taxe sur le poids, représentant plusieurs milliers d’euros supplémentaires pour l’acheteur. Cette situation explique en partie pourquoi Mazda a abandonné son MX-30 R-EV sur le marché européen.

L’arrivée potentielle de modèles Stellantis équipés de prolongateurs d’autonomie pourrait relancer le débat sur cette classification. Les constructeurs européens disposeraient d’un argument de poids pour négocier un traitement fiscal plus favorable, notamment si la production s’effectue localement plutôt qu’en Chine.

Pour Stellantis, cette technologie représente une solution transitoire pragmatique en attendant les futures batteries solides et l’amélioration du réseau de recharge européen. Elle permettrait de proposer des véhicules électrifiés sans les inconvénients actuels de l’électrique pur, tout en préparant progressivement la clientèle à la transition énergétique automobile.

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