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L’idée brillante de Stellantis : relancer le diesel face à l’invasion chinoise électrique

Albert Lecoq

Les dirigeants de Stellantis ne manquent pas d’audace. Après avoir accusé les véhicules électriques d’être responsables de leurs pertes record de 22 milliards d’euros en 2025, le groupe franco-italien opère un retournement stratégique spectaculaire. Exit les ambitions d’électrification totale, place au retour du diesel. Une décision qui surprend d’autant plus qu’elle intervient au moment où les constructeurs chinois gagnent du terrain sur le marché européen avec leurs modèles électrifiés.

Cette volte-face soulève de nombreuses questions sur la cohérence de la stratégie industrielle du quatrième constructeur mondial. Comment justifier un tel revirement quand l’Europe durcit ses normes environnementales et que les consommateurs se détournent massivement du diesel depuis une décennie ?

Un retournement stratégique aux conséquences lourdes

Stellantis abandonne officiellement ses objectifs d’électrification fixés pour 2030 : 100 % de ventes électriques en Europe et 50 % en Amérique du Nord. Les dirigeants du groupe justifient cette décision par les contre-performances du marché électrique, qu’ils rendent responsable de leurs difficultés financières majeures. Une explication qui fait débat parmi les analystes du secteur automobile.

Le retour du diesel concerne d’abord les versions familiales de la gamme utilitaire. Les Citroën Berlingo et Peugeot Rifter retrouvent leurs motorisations mazout, tout comme les SpaceTourer et Traveller. Cette décision s’accompagne de conséquences fiscales importantes pour les clients français : un Berlingo diesel devra s’acquitter d’un malus de 1 901 euros, tandis que le SpaceTourer écope d’une pénalité dissuasive de 48 901 euros.

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Le diesel s’étend aux berlines et SUV du groupe

L’offensive diesel ne se limite pas aux utilitaires. Stellantis réintroduit ces motorisations sur des modèles qu’il en avait privés pour respecter les objectifs CO2 européens. Les Peugeot 308 et Opel Astra retrouvent ainsi leurs versions diesel, rejoignant la DS7, l’Alfa Romeo Tonale, le Stelvio et la Giulia qui avaient conservé cette option.

Cette stratégie interroge sur les intentions futures du groupe. Stellantis compte-t-il aller jusqu’à développer de nouveaux modèles exclusivement diesel ? Les investissements nécessaires sembleraient peu cohérents avec l’évolution du marché automobile européen, où la demande pour ce type de motorisation s’effrite continuellement.

ModèleStatut dieselMalus France 2025
Citroën BerlingoRéintroduit1 901 €
Peugeot 308RéintroduitVariable
SpaceTourerMaintenu48 901 €

Une arme anti-chinoise à double tranchant

Face aux constructeurs chinois qui approchent désormais 10 % de parts de marché en Europe, Stellantis développe une argumentation surprenante. Le groupe présente le diesel comme un avantage concurrentiel puisque BYD, MG ou Nio ne proposent aucune motorisation de ce type. Cette logique commerciale révèle une méconnaissance préoccupante des attentes du marché européen.

La réalité des chiffres contredit cette stratégie : la part du diesel sur les ventes européennes a chuté de 50 % à moins de 10 % en seulement dix ans. Paradoxalement, cette part de marché résiduelle est désormais inférieure à celle des constructeurs chinois que Stellantis prétend combattre. Les marques asiatiques prospèrent précisément en proposant des véhicules électriques technologiquement avancés à des prix compétitifs.

  • Les constructeurs chinois misent sur l’innovation électrique et l’autonomie
  • Leurs prix restent attractifs malgré les droits de douane européens
  • Leur réseau de distribution s’étend rapidement en Europe
  • Les consommateurs plébiscitent leurs technologies embarquées
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Les risques d’une stratégie à contre-courant

Cette renaissance du diesel chez Stellantis intervient dans un contexte réglementaire de plus en plus contraignant. Les normes CAFE européennes se durcissent progressivement, rendant coûteux le maintien de motorisations émettrices de CO2. Le groupe semble parier sur un hypothétique assouplissement de ces règles, un pari risqué compte tenu de l’engagement écologique affiché par l’Union européenne.

Les zones à faibles émissions se multiplient dans les grandes métropoles européennes, limitant de facto la circulation des véhicules diesel. Paris, Milan, Berlin ou Amsterdam renforcent leurs restrictions, réduisant l’attrait de ces motorisations pour les utilisateurs urbains. Cette tendance réglementaire ne semble pas près de s’inverser, quels que soient les arguments industriels avancés par Stellantis.

Le retour au diesel apparaît comme un pis-aller face aux difficultés rencontrées sur le marché électrique. Plutôt que d’investir massivement dans la recherche et développement pour rattraper les constructeurs chinois sur leur terrain de prédilection, Stellantis choisit de se replier sur une technologie en déclin. Cette stratégie défensive pourrait s’avérer payante à court terme pour certains segments de clientèle attachés au diesel, mais elle questionne sur la capacité du groupe à anticiper les mutations profondes de l’industrie automobile.

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