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Ce constructeur adopte les batteries solides mais pas pour ce que l’on imagine

Alexandra Dujonc

Le constructeur japonais Subaru vient de rejoindre la course aux batteries à l’état solide, cette technologie considérée comme le Saint Graal de la mobilité électrique. Mais contrairement à ce que vous pourriez imaginer, la marque aux Pléiades ne les teste pas directement dans ses véhicules. L’approche choisie par Subaru révèle une stratégie industrielle pragmatique qui mérite votre attention, surtout si vous vous intéressez à l’évolution des technologies de stockage d’énergie dans l’automobile.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les constructeurs automobiles recherchent activement des solutions pour dépasser les limites actuelles des batteries lithium-ion traditionnelles. Les batteries solides promettent des autonomies accrues, des temps de charge réduits et une densité énergétique supérieure, mais leur industrialisation reste complexe.

Des robots alimentés par la technologie du futur

Dans son usine d’Oizumi au Japon, Subaru a fait le choix d’équiper ses robots industriels avec des batteries à l’état solide. Cette décision peut sembler anecdotique, mais elle révèle une approche méthodique du développement technologique. Les robots utilisés pour automatiser les chaînes de production représentent un terrain d’expérimentation idéal : leur fonctionnement est prévisible, les conditions d’utilisation sont contrôlées et les exigences de fiabilité sont élevées.

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L’avantage est considérable par rapport aux solutions actuelles. Là où les batteries conventionnelles équipant ces équipements industriels nécessitent un remplacement tous les un à deux ans, les batteries solides testées par Subaru affichent une durée de vie de plus de 10 ans sans remplacement. Cette longévité exceptionnelle s’explique par l’absence d’électrolyte liquide, qui élimine les risques de dégradation chimique et de fuites.

La technologie Maxwell au cœur du dispositif

Les batteries utilisées par Subaru proviennent de Maxwell Ltd., une entreprise japonaise spécialisée dans l’électronique. Ces modules à packaging céramique sont spécifiquement conçus pour les équipements industriels et présentent des caractéristiques techniques adaptées à cet usage spécifique :

  • Format compact optimisé pour l’intégration industrielle
  • Résistance aux conditions d’exploitation intensives
  • Stabilité thermique supérieure aux batteries lithium-ion
  • Maintenance réduite grâce à l’absence de composants liquides

Maxwell envisage d’étendre ses applications vers d’autres secteurs d’ici la fin de la décennie, notamment les “dispositifs automobiles”. Cette formulation volontairement vague suggère que l’entreprise explore plusieurs pistes, sans s’engager sur un calendrier précis pour l’équipement de véhicules complets.

Subaru face aux défis de l’électrification

Comme beaucoup de constructeurs japonais, Subaru accuse un retard dans le déploiement de sa gamme électrique. La marque prévoit de tester les batteries solides dans des véhicules d’ici la fin du mois, mais reconnaît que les modules actuellement utilisés pour ses robots sont trop petits pour alimenter une voiture électrique complète.

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Un porte-parole de Subaru a confirmé à Automotive News que l’entreprise explore encore différentes chimies de batteries et n’a pas encore arrêté sa décision concernant l’adoption des batteries solides pour ses futurs modèles électriques. Cette prudence s’explique par les défis techniques et économiques que représente l’industrialisation de cette technologie à grande échelle.

ModèleTypeDisponibilitéMarché cible
Solterra (mis à jour)SUV électrique2026Global
TrailseekerSUV électrique2026États-Unis
UnchartedVéhicule électrique2026À confirmer

Un contexte concurrentiel en pleine effervescence

L’initiative de Subaru s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des batteries solides. Cette même semaine, Nissan a annoncé un partenariat avec l’américain LiCAP Technologies pour développer un procédé d’électrodes sèches destiné à la production de masse de batteries solides.

Les leaders mondiaux des batteries, CATL et BYD, prévoient de lancer leurs premiers véhicules équipés de batteries solides vers 2027. Mercedes-Benz affirme avoir mis sur route le premier véhicule équipé d’une batterie solide lithium-métal en février, utilisant un prototype EQS modifié. BMW a revendiqué un accomplissement similaire en mai.

Plus concrètement, SAIC MG s’apprête à commercialiser la première voiture électrique équipée d’une batterie semi-solide, la nouvelle MG4, dont les prix seront révélés en septembre pour des livraisons avant la fin de 2025. Cette approche progressive, avec des batteries semi-solides comme étape intermédiaire, pourrait bien représenter la voie la plus réaliste vers une commercialisation à court terme.

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L’approche de Subaru, bien que moins spectaculaire que les annonces de ses concurrents, témoigne d’une démarche industrielle réfléchie. En testant d’abord cette technologie dans un environnement contrôlé, le constructeur accumule une expérience précieuse qui pourrait s’avérer déterminante lorsque viendra le moment de l’intégrer dans ses futurs véhicules électriques.

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